/opinion/blogs
Navigation

Bon retour au travail Mr. Big !

Coup d'oeil sur cet article

On le croyait à la retraite à la suite d’une décision de la Cour suprême du Canada. Au mois de juillet dernier, dans l’affaire Nelson Lloyd Hart, cette même cour avait statué que les admissions de l’accusé avaient été obtenues dans un contexte où l’opération Mr. Big contrevenait au lois en vigueur. La Cour avait même statué que ce genre d’opération demandait « une nouvelle règle de preuve en common law suivant laquelle, lorsque l’État amène une personne à se joindre à une organisation criminelle fictive et qu’il tente d’obtenir d’elle un aveu, l’aveu alors recueilli est présumé inadmissible ».

On pensait alors, et les commentaires ont été nombreux, que Mr. Big ne faisait plus partie de l’arsenal des policiers. Cette opération où le suspect d’un crime majeur est identifié et devient le centre d’une suite de scénarios montés par les policiers. On le sait, une fausse organisation criminelle est créée de toute pièce par la police et le suspect est « invité » à s’y joindre. Au fil du temps et des événements inventés par les enquêteurs, le suspect en vient à avouer le crime dont il est soupçonné.

Dans Hart, la Cour suprême du Canada avait notamment parlé d’un « abus de procédure ». Il y est aussi question que les « aveux comportent un risque de préjudice ». Dans ce long jugement, il est aussi questions des « moyens extrêmes que les policiers ont employés pour coincer H et l’exploitation des faiblesses de ce dernier lors d’une opération longue et profondément manipulatrice ».

C’est vous dire combien la côte était ardue à remonter pour Mr. Big. Certains préparaient à son « party » de départ à la retraite. Des causes au tribunal allaient être débattues en se servant de cette jurisprudence. Bref, cette technique s’annonçait presque sans avenir, les policiers allaient devoir trouver d’autres façons de faire.

Puis vint Dax Richard Mack

Or, dans une autre décision de la Cour suprême du Canada, celle-là rendu le 26 septembre dernier, le plus haut tribunal du pays rendait pour ainsi dire ses lettres de noblesse à cet enquêteur acharné qu’est Monsieur Big et à toute ses organisations.

Mack a été accusé d’un meurtre survenu en Alberta en 2002. Il avait avoué avoir tué son colocataire et d’avoir fait disparaître le corps en le brûlant. Les premiers aveux avaient été fait à une personne qui n’a rien à voir avec la police mais qui en avait néanmoins fait part aux autorités.

À partir de cette information, ce sont pas moins de 30 différents scénarios qui ont été joués par les enquêteurs. Chacun de ceux-ci, joués sur une période de 4 mois, avaient pour pièce centrale Dax Richard Mack. Il est devenu ami avec un policier sans savoir que cette première rencontre allait le mener aux portes d’une présumée organisation criminelle qui exigeait de connaître son passé avant de l’intégrer à ses opérations.

C’est toujours un peu comme ça que ça se passe en fait. Les scénarios varient à l’infini. Au bout du compte, le sujet principal de l’enquête finit par avouer au chef de l’organisation, Mr. Big, toutes ses fautes. On connaît la suite, il est arrêté, accusé et dans ce cas-ci, condamné.

Il ne faut pas penser que les policiers vont à la pêche dans ce genre d’enquête. D’ailleurs, dans cette affaire, le suspect avait conduit les enquêteurs vers l’endroit où il avait dit s’être débarrassé du corps de la victime. On y a retrouvé des dents de cette victime ainsi que des douilles.

Dans la décision rendue vendredi dernier, la Cour suprême du Canada donne entre autres les raisons suivantes pour confirmer la condamnation de Mack :

-       D’abord, la valeur probante des aveux de l’appelant est grande.

-       De plus, de nombreux éléments de preuve étaient susceptibles de corroborer les aveux.

-       En revanche, même si les aveux se doublaient d’une preuve de mauvaise moralité, le préjudice était limité. L’appelant n’avait pris part à aucun scénario comportant des actes de violence, et l’opération n’avait révélé, sur son passé, aucun fait qui lui aurait été préjudiciable.

Avec cette récente décision, on comprend maintenant que Mr. Big n’est pas à la retraite. Il a pris des vacances. Il a raffiné ses méthodes visant à faire avouer aux auteurs de ceux-ci des crimes graves dont on ne connaîtrait pas toujours de résolution si ce type d’opération ne prenait pas place.

Je suis biaisé, je le sais, pas besoin de me le rappeler. Sachez seulement qu’au cours des années, Mr Big a permis d’identifier des coupables de meurtres non résolus jusqu’à ce qu’il entre en scène. Il a aussi permis d’innocenter des suspects mais ça, c’est sûrement moins connu, pas d’accusation, pas de publicité.

Je ne souhaiterai jamais que la police tombe dans l’illégalité pour prouver la culpabilité de l’auteur de quelque crime que ce soit, entendons-nous. Sauf qu’encore aujourd’hui, sans nommer de noms, il y a bien quelques dossiers où j’espère que le controversé monsieur entre en action, en respectant les règles du jeu, afin de permettre à bien des gens, des familles, de passer à autre chose.

Bon retour Mr Big !

2 commentaire(s)

Steve Harvey-Fortin dit :
7 octobre 2014 à 14 h 18 min

Ah ah ah, Mr Big, une barre de chocolat grosse comme un ....il va falloir qu'on me donne un GROS salaire pour que je parle à des gens qui veulent me donner une GROSSE job ah ah ah !

Ça se peut pas, maintenant, la police fait du théâtre et se sert de tout le monde et même des religions en se déguisant en Pope ah ah ah ah !

Ils pensent qu'on ne les reconnaient pas ah ah ah ah ! Tant qu'à y être, offrez-moi donc une femme en mariage à la place d'une GROSSE job et un GROS salaire ah ah ah !

Steve Harvey-Fortin dit :
9 octobre 2014 à 18 h 40 min

Ce qu'il faut savoir lorsqu'on a déjà commis des crimes dans le passé reconnus ou pas, c'est que vous pouvez être pardonné. Pas par le gouvernement fédéral, car ils gardent votre dossier physique sous scellé à ce qu'il paraît et vos larcins graves ou moins graves n'apparaissent plus sur les écrans d'ordinateurs de la police et du système judiciaire.

Celui qui pardonne vraiment en revanche, c'est Dieu, et lui il ne garde rien sous scellé mais jette au fond de la mer vos péchés dès que vous vous faites baptisé par immersion dans l'eau. Alors si vous vous faites baptiser en 2004 cela efface tous vos péchés devant Dieu avant 2004 et les hommes car le baptême signifie la renaissance en tant que chrétien. Et ce pardon est garanti même lorsque vous décidez de ne plus servir Dieu au cours de votre vie. Dieu ne revient pas sur sa parole et il se souvient que vous n'êtes que poussière.

Alors Mr Big ton job tu peux le mettre là ou je pense.