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Napster : 15 ans déjà

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L’anniversaire est passé inaperçu. Très peu en ont parlé cette année. Juin 1999, un jeune homme de 18 ans, Shawn Fanning, mettait à la disposition des internautes un logiciel destiné à révolutionner l’industrie du disque: Napster. Et plus rien n’allait être pareil.

L’anniversaire est passé inaperçu. Très peu en ont parlé cette année. Juin 1999, un jeune homme de 18 ans, Shawn Fanning, mettait à la disposition des internautes un logiciel destiné à révolutionner l’industrie du disque: Napster. Et plus rien n’allait être pareil.

Cette semaine marque le début officiel au Canada de l’application Spotify, un des chefs de file de la vente de musique en «streaming» avec Rdio, logiciel conçu par les créateurs du logiciel Skype. Deux sociétés technologiques, aucune racine avec l’industrie du disque ou de la musique.

Pourtant, il fut un temps où les «majors» de l’industrie de la musique auraient pu prendre le leadership dans ce numérique naissant. Retour sur un rendez-vous raté avec l’histoire.

La révolution Napster

Les plus vieux se souviendront de ce fameux mois de juin 1999, alors que des dizaines de milliers d’internautes, dont votre pas très humble serviteur, prenaient d’assaut le site Napster.com afin de télécharger ce nouvel outil permettant le partage et l’échange de fichiers musicaux. Sans doute étiez-vous parmi ceux qui découvraient cette nouvelle façon de partager la musique.

En moins de six mois, Napster était devenu de facto la première plateforme mondiale de partage de fichiers, bien avant les Rhapsody et les iTunes de ce monde. Cet outil de partage nouveau et révolutionnaire, faut-il le dire, allait aussi faire de Shawn Fanning l’ennemi public numéro un pour l’industrie du disque.

Il faut savoir qu’en cette fin de siècle, personne n’avait véritablement pris conscience de la puissance des outils «peer-to-peer». Bénéficiant à la fois d’une technologie novatrice et, surtout, d’un vide juridique face à la démocratisation des outils de création numérique, Fanning faisait basculer l’échange de musique du monde analogique à l’univers numérique.

Terminée la copie sur cassette.

Dorénavant, la numérisation était la voie à suivre.

Pourtant, l’industrie du disque avait été prévenue par les «geeks». Marc Andreessen, le père du fureteur Mosaic et de Netscape, avait rencontré les dirigeants des «majors», les prévenant des changements à venir avec la numérisation de la musique. En vain.

S’adapter au lieu de résister

On connaît la suite de l’histoire.

Naspter a littéralement changé la donne face à la vente de musique. Et permis aux grandes sociétés technologiques comme Apple de s’emparer du marché de la vente de musique en ligne, alors, et c’est important de le dire, que les «majors» auraient pu très bien pu composer avec Napster et en faire un allié.

On peut toujours se demander aujourd’hui: «Et si, au lieu de résister, l’industrie du disque avait tendu la main à Fanning, que se serait-il passé?»

Tout en rêvant sur des modèles de partage de musique légaux, audacieux, respectant les droits de l’artiste et permettant aux consommateurs d’avoir accès à un formidable catalogue.

Quand on sait que les artistes ne reçoivent que quelques sous lorsque leurs créations sont diffusées sur Spotify, oui, on peut continuer de rêver sur ce qu’aurait pu être l’industrie de la musique, si ces dirigeants avaient fait preuve d’audace.

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