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Lac-Mégantic | Rapports

L’enfer pour les victimes et les familles

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Le Bureau du Coroner a rendu public à 8h ce matin les rapports d’investigation du Dr Martin Clavet, qui a identifié les causes et circonstances des décès des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic.

À la lecture des rapports du coroner, détaillant les décès «violents» et «évitables» des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, des familles attristées concluent que leurs proches ont vécu l’enfer.

«Depuis qu’on est petit, on se demande : l’enfer, ça ressemble à quoi ? On s’imagine des flammes et des monstres. Et tu regardes la tragédie, et tu vois les gens courir dans le feu et surpris par la vibration du déraillement. En lisant le rapport et en se mettant à sa place, on se rend compte qu’il a vécu l’enfer», laisse tomber, les larmes aux yeux, Richard Custeau, frère de Réal Custeau qui est décédé lors de l’explosion du train le 6 juillet 2013.Il est convaincu que son frère a eu le temps de souffrir.L’endeuillé, qui porte en permanence les bagues de son frère lui ayant été remises par le coroner, a trouvé la lecture du rapport divulgué hier très difficile, mais nécessaire. «J’avais hâte», explique-t-il, expliquant son besoin de raffiner son analyse des événements.«Ça met en relief les personnes qui sont responsables de cette négligence criminelle là (…) J’espère qu’ils vont maintenant nous respecter.»

Connaître les détails

Un sentiment partagé par Louise Couture, la mère de Kathy Clusiault morte en tentant de s’enfuir de sa résidence lorsque les explosions ont eu lieu. Son corps a été retrouvé sur la voie publique, entre chez elle et le Musi-Cafe. Mme Couture voulait examiner tous lesdétails du rapport. Elle indique que les informations concernant le corps de sa fille sont bouleversantes. «Ça brasse des affaires. On a eu des réponses. Pas de belles réponses. Ça l’a brûlée longtemps. Donc, il ne restait pas beaucoup de choses d’elle. Là, c’est plus la réalité», souligne la maman, qui garde une photographie de son enfant près d’elle, en souvenir. «Tourner la page, j’ai beaucoup de misère, mais ça me permet d’avancer», dit-elle.

Comprendre

Pascal Charest a vu ses filles brûler vives devant ses yeux. Ses deux enfants, Alyssa et Bianka, se trouvaient chez leur mère Talitha Cougmi Bénoche dans un édifice prèsdu Musi-Café, au moment du déraillement. Ce rapport du coroner lui permettra peut-être de comprendre, d’une certaine manière, ce qui a mené au décès de ses filles. «Je voulais savoir ce qui s’était réellement passé», relate-t-il, indiquant avoir quitté la ville de Lac-Mégantic depuis.

— Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne



RECOMMANDATIONS
À Transports Canada
1) Stipuler dans le cadre de la réglementation le nombre suffisant de freins à main qu’il faut serrer en fonction du poids du train et de la pente de la voie sur laquelle il se trouve.
2) Revoir la réglementation afin qu’elle mentionne explicitement la façon de procéder à un essai de l’efficacité des freins pour empêcher le matériel roulant de bouger.
3) S’assurer qu’aucun train transportant des marchandises dangereuses ne soit laissé sans surveillance, jusqu’à ce que des mesures de sécurité additionnelles soient établies.
4) Mener une étude approfondie sur le seuil actuel de 10 000 wagons-citernes chargés de matières dangereuses par an et envisager de revoir ce seuil à la baisse.
5) Déterminer quels itinéraires sont exclus par ce seuil et soumettre le tout à une évaluation des risques.
À Transports Québec
1) Procéder à l’analyse approfondie des recommandations déjà formulées par le Bureau de la sécurité des transports et mettre en œuvre les mesures nécessaires sur les chemins de fer québécois.
2) Évaluer l’opportunité d’exiger une approche fondée sur les mesures des systèmes de gestion de sécurité, y consacrer des ressources et en faire le suivi.
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