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Le juge

Robert Downey Jr. bien plus qu’Ironman

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TORONTO | À 49 ans, Robert Downey Jr. voit désormais sa carrière comme la fin d’un album de Lucky Luke, avec lui chevauchant vers le soleil couchant.

TORONTO | À 49 ans, Robert Downey Jr. voit désormais sa carrière comme la fin d’un album de Lucky Luke, avec lui chevauchant vers le soleil couchant.

«Cela s’annonce définitivement comme une période intéressante de ma vie», a indiqué l’acteur lors d’une entrevue dans laquelle il n’a pas hésité à aborder une multitude de sujets.

«Le soleil est en train de se coucher sur ce genre de possibilité, mais j’ai d’autres choses à l’horizon. Je ne sais pas précisément quoi, mais je peux vous dire que ça fait du bien», a indiqué l’acteur, faisant référence à son rôle de Tony Stark, alias Ironman dans la lucrative franchise et les films de la série des Avengers.

Parmi ces «autres choses» dont il parle, Le juge, qui a pris l’affiche vendredi après avoir généré l’enthousiasme du public et de la critique lors de sa présentation en première mondiale en ouverture du Festival des films de Toronto (TIFF) en septembre dernier.

Le juge est d’ailleurs le premier long métrage produit par Team Downey, la boîte de production dont sa femme, Susan Downey, fait partie. Et c’est d’ailleurs grâce à elle que l’acteur s’est sorti de son alcoolisme et de sa dépendance aux drogues il y a 10 ans.

Famille dysfonctionnelle

Le juge met en scène une famille dysfonctionnelle dans un cadre légal. Le film est sérieux, intensément personnel et met en vedette Robert Duvall, juge dans une petite ville, qui ne parle plus à son fils avocat (incarné par Robert Downey Jr.) depuis des années. À l’opposé total des longs métrages de Disney et Marvel qui ont fait de l’acteur, non seulement une célébrité, mais également le comédien le mieux payé du grand écran l’année de la sortie d’Ironman 3.

«Si le peu de pouvoir que m’ont donné ces films à succès c’est d’avoir Robert Duvall, Vincent D’Onofrio, Vera Farmiga et Billy Bob Thornton au générique, alors tant mieux!»

Montagnes russes

Une conversation de 55 minutes avec Robert Downey Jr. est comme une avalanche de contrastes, alors qu’il passe de l’humilité à une incroyable confiance en lui, du bonheur au malheur, du fait d’être impertinent au fait d’être émouvant. Ces montagnes russes sont illustrées, dans sa carrière, par sa popularité dans la franchise des Ironman et Avengers ainsi que dans celle des Sherlock Holmes. Et une partie de ce retour sur le devant de la scène s’explique par la manière dont Team Downey lui permet de s’exprimer.

Son équipe de production travaille actuellement de manière soutenue sur le troisième opus de Sherlock Holmes, développe un film sur Pinocchio (Robert Downey Jr. incarnera Geppetto), en plus d’avoir un certain nombre d’autres titres porteurs en développement.

Mais, bien sûr, c’est Le juge qui est en ce moment sur le devant de la scène. «C’est notre premier bébé en tant qu’équipe», a confié celui qui s’est impliqué dans tous les aspects de la production, y compris la distribution. Cela illustre d’ailleurs également à quel point Robert Downey Jr. a évolué depuis ses années sombres. Citant une réplique du film Restauration (1995) dans lequel il a joué, il a indiqué qu’il était «vraiment heureux de voir que ma période d’intense malheur était derrière moi».

Un « jeu mémorable »

Une fois de plus, Robert Downey Jr. a rendu hommage à sa femme – rencontrée sur le tournage de Gothica (2003) – pour ce changement. «Cela n’a pas été instantané, mais s’approfondit tous les ans, quand elle décide de renouveler notre contrat.» Marié depuis 2005, le couple a un garçon de deux ans, Exton Elias Downey, et va avoir une petite fille en novembre.

«C’est complètement fou», a-t-il dit des événements privés et publics de cet hiver, et il est optimiste au sujet du box-office pour Le juge («Je sais qu’il y a un public pour», a-t-il indiqué). Une partie de l’attrait vient des acteurs. Toutes les critiques, même les négatives, louent leurs prestations. «Ce qui est génial, c’est que tout le monde a livré un jeu mémorable.»

Dans le cas de Robert Duvall, Robert Downey Jr. l’a voulu pour ce rôle après que Jack Nicholson a annoncé sa retraite et qu’il a revu Get Low (2009). «Ce mec est une vedette de cinéma! La manière dont ses yeux bougent, notamment, illustre parfaitement sa connaissance technique du métier. Il ne le fait pas “sur demande”, mais de manière naturelle. C’est pour cela que la caméra aime les visages comme le sien. Et c’est pour cela que tout le monde dit qu’il est né pour être acteur de cinéma.»

Le fait que Robert Downey Jr. rende hommage à Robert Duvall, véritable légende hollywoodienne de 83 ans n’a rien d’étonnant. Ce qui l’est, par contre, c’est qu’il fasse la même chose avec les autres acteurs. «Tous les jours, je me trouvais avec Vince D’Onofrio dont je suis un fan fini depuis 25 ans! Mon Dieu! Nous avons vraiment une belle brochette de personnages dans ce film!»

Le personnage le plus coloré est sans doute Hank, joué par Robert Downey Jr., un homme rejeté par son père et qui s’apitoie sur son sort. Il se moque d’ailleurs de lui. «C’est comme cela que se passe la vie. Il y a tellement de choses qu’on ne règle pas. Et il y parvient cinq minutes avant le miracle et cinq minutes après la catastrophe. Ça, c’est quelque chose que je comprends. Je comprends cette participation joyeuse à la souffrance humaine.»

 
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