/news/green
Navigation
Agriculture | citrouilles

Un garçon de 11 ans se lance en affaires avec ses citrouilles

Emile Gariépy 3
Photo courtoisie Émile Gariépy, de Saint-Roch-de-l’Achigan, a récolté 800 fruits ces dernières semaines et il espère réaliser un profit de 1 200 $.

Coup d'oeil sur cet article

Un garçon de 11 ans a créé tout seul une entreprise de citrouilles et a réalisé un beau profit en seulement quelques mois.

«J’aime la terre, j’aime être libre et m’occuper des plantes. Être agriculteur est mon rêve depuis que j’ai trois ans», explique Émile Gariépy.

Depuis plusieurs années, Émile aide régulièrement un voisin maraîcher à quelques pas de chez lui, à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière. Ce printemps, le voisin lui a confié qu’il n’allait pas pouvoir produire autant de citrouilles cette saison.

Émile y a alors vu une occasion de se lancer en affaires. Il lui a proposé de louer la partie de terre qu’il n’utiliserait pas pour la cultiver lui-même.

Le jeune garçon a investi 300 $ qu’il avait dans son compte de banque. Les semences lui ont coûté 175 $, la location du terrain 75 $ et les engrais 50 $.

Il s’est fait des cartes d’affaires et a même engagé un de ses amis et son frère Xavier, 12 ans, qu’il a payés entre 20 et 30 $ pour l’aider à préparer la terre et à semer.

Son père, Patrick Gariépy, n’était pas étonné. Lui-même est ingénieur, mais son fils a toujours été passionné par l’agriculture. «Dans sa tête, c’est très très clair, il est allumé par la ferme, il n’y a pas d’autre option», dit-il.

Il raconte que son fils est un entrepreneur né. L’hiver, il a quatre clients chez qui il va déneiger et l’été, il tond les gazons et peut gagner jusqu’à 60 $ dans la matinée.

M. Gariépy était tout de même impressionné que son fils ait négocié tout seul la location du terrain. «Ce n’est pas papa et maman qui ont fait tout le travail», ajoute-t-il.

LABEUR

De mai à septembre, Émile s’est occupé tous les jours de ses plants, y consacrant de trois à 24 heures par semaine, en plus de l’école.

Le matin, il prenait son vélo pour aller surveiller sa récolte et y retournait avant la tombée de la nuit.

Il a finalement récolté 800 citrouilles ces dernières semaines.

«Ces résultats vont au-delà de mes espérances, je ne m’attendais pas à en avoir autant», confie Émile, qui parle comme un adulte.

Un soir après l’école, il s’est rendu à l’épicerie et a demandé à parler au propriétaire. Il lui a proposé de lui vendre sa récolte et ce dernier a accepté.

«Je suis resté bouche bée», confie Mario Lebrun, le propriétaire du magasin Intermarché. Il raconte qu’Émile s’est très bien présenté «pour un petit bonhomme».

«Il est même meilleur que certaines grandes personnes par sa politesse et sa présentation», ajoute-t-il.

M. Lebrun lui a acheté 200 citrouilles à 2,50 $ chacune. «On encourage le monde local, et c’est un petit gars du coin», a-t-il dit.

Émile vend le reste à 3,50 $ chaque sur le bord de la route avec l’aide de ses deux petites sœurs Alexia, 9 ans, et Juliette, 8 ans.

Il a déjà réalisé un profit de 850 $, mais il n’a pas encore écoulé toute sa récolte et espère amasser jusqu’à 1 200$. Émile a l’intention d’investir cet argent dans ses projets.

«Dans quatre ans, je vais acheter la terre d’à côté et un tracteur 6430 de John Deer», explique-t-il avec précision.

Il ajoute qu’il a l’intention de semer plus de citrouilles l’année prochaine et d’agrandir ensuite sa production tous les ans.

«Je me suis amusé, je veux faire ce métier, c’est ma passion.»

 

Commentaires