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Love projet

Carole Laure, la multidisciplinaire

ART-CAROLE-LAURE
photo courtoisie

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Multidisciplinaire, Carole Laure? Assurément! Jeu, réalisation, danse, musique. Et c’est exactement ce qu’elle a demandé à son tour à ses acteurs et actrices dans son quatrième long-métrage, Love Projet, présenté en première mondiale au Festival du nouveau cinéma de Montréal.

Multidisciplinaire, Carole Laure? Assurément! Jeu, réalisation, danse, musique. Et c’est exactement ce qu’elle a demandé à son tour à ses acteurs et actrices dans son quatrième long-métrage, Love Projet, présenté en première mondiale au Festival du nouveau cinéma de Montréal.

Love Projet, c’est un regard sur la jeunesse, celle des 20-30 ans que connaît bien la scénariste et réalisatrice, ayant deux enfants de cette génération.

Au cœur du récit, la performance de Natacha Filiatrault, qui connaît la famille Laure-Furey vu le milieu dans lequel elle évolue – la danse. Il s’agissait pour elle d’un premier film, mais clairement l’actrice en devenir a eu la piqûre.

«Travailler avec Carole qui est une passionnée jusque dans la moelle, c’est contagieux. Alors on n’a pas le choix de se jeter dans le bain», dit-elle.

Benoît McGinnis, que la réalisatrice a été chercher après l’avoir vu sur les planches dans Hamlet et Le roi se meurt, est plus que fier d’avoir été approché pour ce projet. «Elle m’a dit “Je veux un rendez-vous avec toi. J’ai écrit un film, et il y a un rôle pour toi dans le film”. Elle savait que je chantais, elle m’a déjà entendu chanter. C’est un cadeau incroyable, je n’en revenais pas, voyons, qu’on me donne un gros rôle comme ça dans le film.»

Génération

Dans ce long-métrage, Carole Laure se questionne sur cette génération pour qui tout est permis. «Je voulais dépeindre ces jeunes adultes. D’ailleurs il y a mon fils dans le film – il a 26 ans. Je la connais bien cette génération-là. Je sais comment elle est théâtrale dans la vie. Elle veut tout et peut tout faire. Elle est multidisciplinaire. Les acteurs chantent vraiment et dansent aussi.»

Étant donné que décalage d’âge entre Carole et ses acteurs, y a-t-il un décalage entre le propos et la réalité? Tous ont rapidement remis les pendules à l’heure.

«Carole ne fait pas partie de la génération Y, mais elle fréquente ces gens-là. Ses deux enfants font partie de la génération Y et évoluent dans les arts de la scène. Elle a été très présente jadis dans ce milieu-là. Je pense qu’elle a bien capté l’essence de ces jeunes passionnés qui font tout!», affirme Natacha.

«L’univers dans lequel évoluent les personnages reflète une réalité partagée par un minimum de personnes. Un univers underground, artistique comme celui-là, je ne pense pas qu’on le retrouve dans toutes les sphères de la société québécoise d’aujourd'hui. Par contre, la quête des personnages, elle, est universelle: celle d’être aimé, de trouver sa place, sa liberté. J’ai toujours un peu de difficulté avec les appellations générationnelles…», affirme Magalie Lépine-Blondeau, pour qui chanter – oui, c’est un film choral – lui a demandé de surmonter ses insécurités. «Ça me demandait de l’impudeur.»

À propos du regard qu’a posé Laure sur la génération Y, McGinnis dit: «Pour moi, ça allait de soi que Carole parle de la danse, car elle toujours baigné là-dedans. On était dans un univers familier, c’était naturel.»

Vision actuelle

Comment la réalisatrice est-elle arrivée à mettre des mots dans la bouche de cette «nouvelle» génération, un discours réaliste? Sa réponse est sans équivoque.

«Je les connais. Woody Allen, il ne va pas juste écrire pour des personnages de 80 ans. C’est ma vision actuelle de cette génération-là dans Montréal, mais ça aurait pu être dans un milieu de cuisiniers. C’est comment ils ont été élevés avec une porte ouverte sur le monde grâce aux moyens de communication. Donc, ça leur donne le goût de tout faire et tout vouloir en même temps.»

Et travailler avec Carole Laure, ça se passe comment? «C’est un beau mélange d’autorité et… de maternité. “Es-tu correct, es-tu fatigué, te trouves-tu beau?” Elle sait ce qu’elle veut», dit McGinnis.

«Dans la vie, je trouve qu’il y a du théâtre partout. [Ce film] est mon observation de la vie à Montréal et les angoisses nouvelles, car ils sont quand même en train de vouloir parler de la famille, de l’amour, de la jalousie, mais d’une manière sachant que tout est possible. La communication est partout.»

 
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