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Le « Ebola reality show »

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La couverture médiatique entourant l’épidémie du virus Ebola est devenue spectacle. Du moins aux Etats-Unis. On a qu’à regarder les réseaux américains tels CNN pour en constater toute l’ampleur. Les émissions de soirée n’en ont que pour ce phénomène. C’est presque la panique totale. Entrevue après entrevue, on parle de ces 3 cas déclarés chez nos voisins du sud.

Le premier étant décédé, on suit maintenant le péripéties des deux femmes qui ont fait partie du personnel médical qui l’ont traité à Dallas. Elles ont contracté le virus malgré les mesures prises, les protocoles respectés ou non.

En prime hier, on a eu droit à une répétition de la célèbre poursuite survenue il y a quelques années alors qu’on avait suivi, en direct s’il vous plait, la fuite de O.J. Simpson en Californie. Sauf qu’hier, il était question du transport de la deuxième soignante infectée aux U.S.A., de Dallas vers un hôpital d’Atlanta.

Tout y était, la colonne de véhicules de police et les ambulances. Les sirènes hurlantes se mêlant aux gyrophares rouges et bleus. L’hélicoptère de CNN suivant le convoi et transmettant les images en direct. Même le docteur Sanjay Gupta, médecin attitré au réseau était en direct depuis le centre hospitalier  et disait à Anderson Cooper entendre les sirènes annonçant l’arrivée imminente de la patiente.

Imaginez ! Il y a trois cas déclarés d’Ebola au sud de la frontière et on entend parler que de cela. Même le président américain a annulé des activités prévues pour rassurer la population. De prêts qu’ils étaient à faire face à toute éventualité concernant la propagation du virus. On se retrouve maintenant dans une série d’erreurs ou un patient est retourné chez lui pour revenir mourir à l’hôpital quelques jours plus tard. Et puis on laisse voyager une infirmière qui, après avoir été en contact avec l’homme décédé, présentait des symptômes pouvant laisser croire l’infection maudite.

Puis maintenant, la police est mise à contribution pour retrouver les gens qui auraient eu des contacts avec les quelque 76 personnes de l’hôpital de Dallas qui ont côtoyé Eric Thomas Duncan jusqu’à sa mort il y a quelque semaines.

Je ne sais pas mais est-ce que quelqu’un pourrait dire à nos voisins "étatsuniens" qu’il y a plus que 3 cas d’Ebola dans le monde ? Ce sont plus de 4500 personnes qui sont mortes aujourd’hui depuis le début de cette épidémie en Afrique. Et ce chiffre augment de jour en jour. Sauf qu’on n’en parle pas vraiment beaucoup à CNN. C’est plus patriotique de savoir et démontrer ce que l’on va faire aux Etats-Unis d’Amérique, pas en Afrique.

J’aimerais bien que les ressources qui sont mises à contribution pour sauver la vie des deux femmes atteintes du virus chez les américains fassent aussi faire partie de l’arsenal médical déployé en Afrique.

Ce faisant, on pourrait peut être sauver des milliers de vies outre-mer avant la propagation à quelques uns sur le continent nord-américain. Mais ça, ça fait un moins bon spectacle télévisuel à heure de grande écoute.

 

8 commentaire(s)

Hilarion Lefuneste dit :
16 octobre 2014 à 14 h 51 min

Qwa??? ils y a other pays que les United States?

A shocked American

yug dit :
16 octobre 2014 à 15 h 03 min

pendant ce temps...chaque année...plus de 300,000 américains meurent a cause d une maladie reliée au tabagisme!!!!!!!!!!!!!!

Guy Desjardins dit :
16 octobre 2014 à 15 h 06 min

Depuis le11septembre 2001, la peur c'est installée chez nos voisins du sud et avec raison. Tout est bon, pour faire d'une nouvelle qui fait peur, un "show off" d'envergure. L'Afrique est au prise avec ce virus destuctif depuis plusieurs semaines. Aujourd'hui ça touche 3 cas aux States et c'est la panique et la peur qui s'installe. Certain que pas une personne ne veut cette maladie chez eux. Combiens de temps perdu depuis les premiers décès ? Il y a plus de 4500 personnes de décédés d'Ébola. Tout à coup on se décident de prendre les grands moyens pour tenter d'enrayer ce virus foudroyant, dont 3 cas aux States et plus de 4500 en Afrique. Il semble qu'avant ces deux cas , ce n'était pas grâve car toutes les précautions étaient prises au cas où en rapatriant une personne malade, tout était mis en oeuvre pour ne pas que ça se propage. Mais aujourd'hui il est évident que ce virus peut voyager, alors on met toute la gomme afin d'enrayer ce fléau. Cependant, il n'est jamais trop tard pour agir afin de protéger tous les Pays de la planète. Pourtant un virus n'a pas de frontière, on devrait savoir.

Closdel dit :
16 octobre 2014 à 15 h 51 min

Parfois, on oublie qu'il y a au-delà de 470 000 000 d'habitants en Amérique du nord. De ce nombre, une seule personne est morte de l'Ébola à date et 2 sont malades. La triste réalité, c'est que depuis la chute de leurs deux tours, les américains souffrent de paranoïa aiguë au point que leurs mesures de sécurité internes sont en train de les ruiner tout en dorant les revenus des policiers et des agences de sécurité sans oublier les fabricants de matériel de sécurité et d'armes. Les terroristes n'ont rien à faire ou si peu, ils n'ont qu'à laisser aller. En fait, ils ont peur de tout et trop souvent de façon démesurée et cela est bien entretenu par leur média. La peur, ça fait vendre. D'accord qu'il ne faut pas rester les bras croisés avec l'Ébola mais avant de paniquer même ici...

hellion dit :
16 octobre 2014 à 16 h 50 min

La télévision conditionne les américains depuis plusieurs , plusieurs , années déjà.

Luc Papineau dit :
16 octobre 2014 à 17 h 28 min

Monsieur Doré,

Si ce n'était pas des médias, on ne saurait pas que l'hôpital de Dallas s'est planté royalement dans le protocole à suivre concernant ce virus. Actuellement, à Paris, une infirmière est sous observation après avoir été en contact avec un cas d'Ébola.

À en juger par les gaffes commises chez nos amis américains, je ne crois pas que nous réalisons tout le sérieux qu'on doit accorder à cette maladie. S'il y a trois cas d'Ébola aux USA, c'est déjà trois cas de trop quand on sait qu'une épidémie commence toujours avec une SEULE personne infectée.

Pour Yug: le tabagisme ne s'attrape pas par le contact avec des fluides corporels. Méchante différence.

denissera dit :
16 octobre 2014 à 20 h 06 min

CNN connait ses quotes d'écoute les plus basses en presque 30 ans, avec ou sans Ebola.

La différence entre l'affaire OJ Simpson et Ebola, c'est qu'une bonne proportion d'Américains le regardaient à la télé faire le tour de Los Angeles dans sa camionette.

Ce n'est pas parce que quelque chose passe en boucle à CNN que ça intéresse nécessairement les Américains.

Steve Harvey-Fortin dit :
19 octobre 2014 à 8 h 47 min

Ce qui fait surtout peur c'est que les gens qui contracte la maladie étaient munis de protocole et de toutes les mesures possibles de protection. Et lorsqu'on vous dit que d'ici janvier il y aura 1 millions de gens infectés, vous ne voulez surtout pas que cela se propage encore plus chez vous.

Si aider l'Afrique veut dire est contaminé au retour au pays alors qui pensera à nous ? Aidez plutôt les africains à s'aider eux-mêmes surtout lorsqu'on sait qu'ils n'ont pas de bonnes mœurs de vie concernant l'hygiène (toucher les morts lors de rituel funèbre). Il faut qu'ils changent certaines choses dans la pratique culturelle s'ils ne veulent pas se condamner à disparaître.