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Une nouvelle structure est-elle nécessaire en santé ?

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Le ministre Barrette veut abolir les Agences de santé. Voilà une excellente idée que d’éliminer un palier entre son ministère et les usagers. Mais il propose de créer un nombre restreint de Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qui résulteraient de fusions de Centres de santé et de services sociaux actuels et qui pourraient assurer la coordination entre les établissements.

Le ministre Barrette veut abolir les Agences de santé. Voilà une excellente idée que d’éliminer un palier entre son ministère et les usagers. Mais il propose de créer un nombre restreint de Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qui résulteraient de fusions de Centres de santé et de services sociaux actuels et qui pourraient assurer la coordination entre les établissements.

Ce que le ministre ne nous dit pas, c’est que ces CISSS ne seront pas que des guichets uniques. Comme tous les organismes fusionnés, ils deviendront des monstres administratifs où pourront s’exercer les pleins pouvoirs du ministre et de ses hauts fonctionnaires. L’existence de cette nouvelle structure intermédiaire risque d’empêcher les services de se rapprocher vraiment des citoyens, ce que le ministre décrit comme la priorité de sa réforme. Plutôt que de les fusionner, pourquoi ne pas envisager l’abolition pure et simple des CSSS et une véritable responsabilisation des établissements?

L’hôpital

Les hôpitaux accaparent probablement la plus grande partie des budgets dévolus à la santé. Or l’hôpital est l’établissement le plus connu et le plus important des services de santé. Il faudrait le rebaptiser en Centre de santé et lui confier toutes les responsabilités: prévention, soins curatifs, soins à domicile, les CHSLD devenant des pavillons sous sa responsabilité. C’est en fonction de la population à desservir et non en fonction des activités comme le proposent certains experts que les budgets seraient alloués aux hôpitaux qui assureraient une intégration verticale des services éliminant par le fait même le besoin des CSSS pour assurer la coordination. Ce nouveau centre de santé dans sa gestion budgétaire verrait concrètement les avantages de la prévention et des soins à domicile pour réduire ses coûts au plan curatif.

Une telle organisation implique la disparition des CLSC alors devenus inutiles dans les zones urbaines où existe un hôpital. Pourquoi, par exemple, certains suivis postopératoires doivent-ils se faire en CLSC plutôt qu’en clinique externe de l’hôpital où a eu lieu l’intervention chirurgicale? Les CLSC pourraient être maintenus dans les régions où l’accès à un hôpital est plus difficile. On pourrait les maintenir en zone urbaine, sous une autre appellation, pour assurer les services sociaux. Mais il faudrait considérer la possibilité de confier aux hôpitaux tous les aspects du travail social reliés à la santé pour éliminer là aussi des zones de coordination nécessaire entre organismes qui sont souvent source de délais et de tensions.

Ne pas copier les erreurs

En conclusion, ce que nous proposons, c’est l’élimination de tous les paliers entre le ministère et les hôpitaux devenus Centres de santé, établissements autonomes et responsables de tous les aspects liés à la santé. Les hôpitaux n’offrant pas tous les services, les Centres de santé pourraient mettre en place des modes de coordination souples et peu coûteux éliminant le besoin des CISSS, par exemple en négociant des ententes entre eux pour la dispense de services qu’ils n’offrent pas et en regroupant leurs dirigeants autour de tables de coordination.

On attendait beaucoup des fusions des municipalités et des commissions scolaires. Qui peut prétendre que ces fusions ont amélioré les services à la population alors qu’il n’est même pas évident qu’elles ont permis les économies d’échelle promises?

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