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Commissions scolaires

Six faits que les commissions scolaires n'aiment pas se faire rappeler

Six faits que les commissions scolaires n'aiment pas se faire rappeler
photo d’archives, agence qmi

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Il y a des faits que les commissions scolaires du Québec n'aiment pas se faire rappeler. Déjà menacées d'abolition et victimes d'une crise de confiance sans précédent, ce ne sont pas elles qui vont faire la promotion d'éléments susceptibles de leur nuire... Voici donc six faits que les commissions scolaires ne risquent pas de répéter publiquement, d'ici aux élections scolaires du 2 novembre prochain.

​1- LES MEILLEURES ÉCOLES AU MONDE FONCTIONNENT SANS COMMISSIONS SCOLAIRES

​Au Québec, on aime bien se comparer au modèle finlandais. Et en matière d'éducation, on a raison de le faire. Bon an mal an, la Finlande trône au sommet des systèmes éducatifs les plus performants de la planète. Ses élèves sont parmi les meilleurs au monde. Son secret ? Contrairement au Québec, la Finlande a sabré dans la bureaucratie, en abolissant l'équivalent de nos commissions scolaires il y a près de 30 ans. Toutes ses écoles relèvent depuis des municipalités. Cela lui a permis d'économiser et de réinvestir dans les services, au point où le lunch de tous les élèves, par exemple, est fourni quotidiennement par l'école.

2- LES ÉCOLES OÙ L'ON DÉCROCHE LE MOINS AU MONDE FONCTIONNENT SANS COMMISSIONS SCOLAIRES

De tous les pays du monde, c'est en Allemagne que le taux de décrochage scolaire est le plus faible. Pas moins de 95% des jeunes qui y entament des études secondaires en ressortent avec un diplôme en poche. Chez nous, la situation du décrochage scolaire demeure préoccupante, particulièrement chez les garçons. Le secret du succès allemand ? La grande autonomie dont profitent les directeurs d'école qui travaillent dans un monde où, vous l'aurez deviné, les commissions scolaires n'existent pas.

3- LA CONSTITUTION CANADIENNE N'EMPÊCHERAIT PAS D'ABOLIR LES COMMISSIONS SCOLAIRES

Lorsqu'ils veulent justifier l'existence des commissions scolaires, les défenseurs de cette bureaucratie affirment que la constitution empêche de les éliminer, car cela brimerait les droits de le minorité linguistique anglophone du Québec, qui sont protégés par la Charte canadienne des droits et libertés. Sauf que ce n'est pas tout à fait vrai. Pas selon plusieurs constitutionnalistes, du moins, comme notre collègue blogueur Patrick Taillon, professeur à l'Université Laval. Il a récemment écrit un billet fort éclairant sur le sujet. «Le Québec dispose aujourd'hui de la pleine compétence d'abolir les commissions scolaires», a-t-il notamment affirmé.

4- IL EXISTE DÉJÀ DES ÉCOLES PUBLIQUES SANS COMMISSIONS SCOLAIRES AU CANADA (ET ELLES SONT TRÈS PERFORMANTES)

Cela demeure méconnu, mais il existe en Alberta un réseau d'écoles publiques qui fonctionnent à 100% à l'extérieur du réseau des commissions scolaires : les écoles autonomes. Le Journal s'y était rendu, en 2010 et y avait découvert des écoles publiques extrêmement populaires, où les profs sont évalués et où les performances sont enviables. Leur secret ? Même si elles reçoivent la même subvention de fonctionnement que les autres écoles publiques, ces institutions ne versent pas un sou aux commissions scolaires, ce qui leur permet d'investir davantage dans les services. Rappel : la bureaucratie scolaire québécoise coûte environ un demi-milliard de dollars par année.

5- LES DIRECTEURS D'ÉCOLE DU QUÉBEC SONT PRÊTS À TRAVAILLER SANS COMMISSIONS SCOLAIRES (MAIS ILS NE LE DIRONT PAS PUBLIQUEMENT)

Cela fait plus de cinq ans que les directeurs d'école du Québec réclament une plus grande autonomie. Ils rêvent, plus ou moins secrètement, de travailler dans une école où ils peuvent tout décider eux-mêmes, tout gérer eux-mêmes, pour mieux répondre aux besoins des élèves qu'ils ont devant eux. Ils ne le diront jamais aussi clairement — car leurs employeurs demeurent les commissions scolaires — mais la disparition de cette structure bureaucratique ne les ferait pas pleurer. Il y a quelques années, on chuchotait qu'il valait mieux ne pas inviter au même party l'ex-présidente de la Fédération québécoise des directeurs d'école, Chantal Longpré, et sa vis-à-vis des commissions scolaires, Josée Bouchard.

6- LES ÉLECTIONS SCOLAIRES SONT UNE CATASTROPHE

L'un des arguments les plus souvent avancés par les défenseurs des commissions scolaires est le suivant : cette structure est indispensable car elle est élue. Et, quand on impose une taxe, c'est bien connu, on doit être élu («No taxation without representation», dit l'adage.) Mais peut-on réellement parler de démocratie dans le cas des commissions scolaires du Québec ? Lors des dernières élections scolaires générales, en 2007, 67 % des candidats avaient été élus par acclamation. Et le taux de participation pour les autres avait atteint un famélique 7,9%. Il y a même une commissaire qui avait été élu avec... 32 votes! Quel sera le taux de participation lors des élections scolaires du 2 novembre prochain ? Rappel : ce scrutin coûtera 20 millions de dollars aux contribuables.
 

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