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Autoroute

L’A-35 inquiète les commerçants

Un nouveau tronçon de 14,7 km de l’autoroute reliant le Québec au Vermont vient d’être inauguré

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Claude André Mayrand, Le Journal de Montréal Plusieurs hommes politiques étaient présents lors de l’inauguration du nouveau tronçon. De gauche à droite: le secrétaire des transports du Vermont Brian Searles, le gouverneur de l’État Peter Shumlin, le premier ministre Philippe Couillard, le sénateur fédéral Claude Carignan et le ministre des Transports Robert Poëti.

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Les sentiments sont mitigés pour les riverains du nouveau tronçon de l'autoroute 35 vers le Vermont. Plusieurs ont peur de voir leur ville disparaître, alors que d'autres sont contents de voir le nombre de camions diminuer sur leur rue.

Les sentiments sont mitigés pour les riverains du nouveau tronçon de l'autoroute 35 vers le Vermont. Plusieurs ont peur de voir leur ville disparaître, alors que d'autres sont contents de voir le nombre de camions diminuer sur leur rue.

«On va devenir un village fantôme, s’inquiète Ghislaine Ménard, employée de M. Henry, dernière épicerie avant les douanes, située à Henryville. Les camionneurs arrêtaient faire leur petite commande avant d’entrer aux États-Unis. On ne voit plus de camions passer maintenant.»

Le prolongement de 14,7 km, dont la construction a débuté en janvier 2009, est ouvert depuis une semaine aux automobilistes. Ces derniers peuvent donc éviter d’emprunter une partie de la route 133 pour faire le trajet entre Montréal et le poste douanier de Saint-Armand.

Construit au coût de 200 M$, ce tronçon de l’autoroute de la Vallée-des-Forts est l’avant-dernière étape avant de raccorder la 35 avec l’Interstate 89, au Vermont.

«On veut créer un véritable corridor de commerce entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre», a dit le premier ministre Philippe Couillard, qui a annoncé que le Vermont et le Québec ont brassé pour 5 G$ d’affaires en 2013.

«Le Québec est le plus important partenaire d’affaires du Vermont. Il y a 1,1 M de camions qui franchissent cette frontière annuellement. On veut lier New York, Boston, le Vermont et Montréal de façon simplifiée et sécuritaire», a expliqué Peter Shumlin, le gouverneur du Vermont.

Philippe Couillard affirme que le budget a été respecté jusqu’à présent. En 2010, le projet avait été évalué au total à 460 M$.

Déjà des effets

Danielle D’Amour, propriétaire du restaurant La Bonne fourchette de Saint-Sébastien, est inquiète pour son restaurant.

«On avait beaucoup d’Américains parmi nos clients, explique celle qui a déjà commencé à observer une baisse d’achalandage. Ce n’était pas urgent de prolonger l’autoroute 35.»

À l’inverse, pour Roch Vincent, qui habite en bord de route à Saint-Anne-de-Sabrevois, il s’agit d’une nouvelle positive. «Depuis que c’est ouvert, je dirais qu’il y a 90 % moins de camions, constate-t-il. Les camions amenaient beaucoup de bruit la nuit.»

La mairesse d’Henryville, Andrée Clouâtre, croit c’est positif pour les résidents de la route 133, mais inquiétant pour les commerces.

«Les gens qui demeurent sur la 133 sont maintenant en campagne. C’est tranquille et le nombre de cyclistes sera à la hausse, explique-t-elle. Mais je fais mon épicerie chez M. Henry depuis toujours et je n’ai jamais vu le magasin aussi vide.»

Elle ne craint pas que sa ville devienne un village fantôme.

«Il y aura un gros impact mais on va devoir se réorganiser économiquement pour attirer les gens», conclut-elle.

 
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