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Procès Magnotta. Ajouter à la noirceur du monde...

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Le monde est bien sombre. Et on ne parle pas de météo automnale là. Les astrologues vous diraient que nous sommes sous l'influence de Pluton, la planète infernale. Crises, auto-destruction, instinct de mort, annihilation de la vie. La terre visite ses enfers.

Nous tous qui sommes abonnés aux bulletins de nouvelles ne pouvons que constater les atrocités nombreuses et inusitées qui ont cours sur la planète. Chaque soir, c’est l’horreur déclinée sous tous les angles. Barbaries de l’État islamique armé et psychoses de l’Ebola. Entre les images de décapitations, de destruction massive, celles des salles souillées d’hôpitaux et de lieux de crémation de fortune au bout du monde, nulle paix pour nos yeux et nos esprits. Contrairement à ce que l’on dit souvent, je ne suis pas certaine que nous soyons immunisés contre l’extrême violence et la misère endémique constamment réitérées. Qu’elles nous soit devenues si banales. Que nos imaginaires et nos âmes n’en soient pas infectés.

N’en jetez plus, la cour est pleine!

Oui à l’information qui nous permet d’appréhender le monde tel qu’il est. Respect pour les journalistes de terrain déployés en zones dangereuses. Même et surtout s’ils sont les messagers de réalités dérangeantes.

Mais STOP à la surenchère du sordide! Depuis deux semaines, l’on nous impose, jour après jour, des reportages ahurissants en direct du procès Magnotta. Pourtant, nous avions vu tout ce qu’il y avait à voir de cette boucherie. On la connaît l’histoire. On l’a eu mille fois sur les ondes, le détestable visage du psychopathe. Et celui de l’infortuné Jun Lin aussi. Chacun peut reconstituer de mémoire le minable appartement, le matelas taché, la salle de bain décatie où se sont déroulés les sévices. On sait que le corps a été démembré. C’est pas assez ça? Quelle sorte d’être humain peut bien être friand de connaître le tracé des gouttelettes de sang sur les murs et les techniques de dépeçage du bourreau? Pitié pour les reporters affectés à la couverture de ce procès et qui sont à cours de synonymes des mots abjects et macabres. Pitié encore pour l’ex-juge qu’on entend partout et qui fait du temps sans jamais pouvoir expliquer l’inexplicable en évitant de nuire au procès.

Suis-je la seule à être écoeurée de tout cela? À me demander pourquoi le juge n'ordonne-t-il pas le huis clos? Et pourquoi dans les salles de rédaction, personne ne semble se soucier de l'effet psychologique d'une telle démence sur une population déjà affectée par d'autres problèmes poignants. Je ne crois pas que l'information ait pour but d'étancher la soif d'horreur des plus perturbés d'entre nous pas plus que d'injecter du désespoir aux autres. Qu'elle doive obligatoirement ajouter à la noirceur du monde...

19 commentaire(s)

D.Bouchard dit :
17 octobre 2014 à 8 h 35 min

Chère madame St-Germain,

Merci pour votre texte.J'en partage entièrement le contenu. Où est passé la beauté du monde.? Je suis à un cheveu de mettre à "off" médias écrits et parlés.

Excellente journée à vous.

pascal dit :
17 octobre 2014 à 8 h 53 min

L'art d' anesthésier ! Tomber dans la quête obscure du plus que. Plus que sensationnel, plus que vous n'avez jamais vu... Comme ci c'était la première fois, mais non... Il y a eut bien d' autres psychopathes, démembreurs, tueurs, massacres, génocides et j'en passe. On le mettra ensuite dans une case et l'étudieront.... Oui certains humains sont capables des pires atrocités et ils ne sont pas normal, pas non plus malade, mais déviant.... ils se sont laisser aller dans leur bas fond, rempli d'images, de désirs déviés d'une conscience des autres. Ils cherchent ce qui est mal, le trouvent au plus profond d'eux et lentement sombrent et agissent. Malheureusement pour nous, qui demeurons a flots et ceux qui travaillent a y rester. Prenez soin de vous et de ceux qui vous entourent

Mike Cowen dit :
17 octobre 2014 à 8 h 55 min

Tellement vrai. De mon coté je ne veux rien savoir des détails de Magnola. Je n'écoute plus les nouvelles à la télé depuis bientôt un an. Et je sélectinne dans les journaux.

Et je me fais un gros énorme cadeau, je ne lis jamais les commentaires des autres lecteurs, c'est souvent trop sot. Le ou la chroniqueurs qui m'intéresse pas les like ou les autres lecteurs. Je m'en porte mieux. Souvent ils ne font que se chicaner, c'est si enfantin et perte de temps. Le québécois à beaucoup de temps à perde pour écoeurer les autres. Il faur fuire ce genre de gens négatifs et perdants.

Bon courage à vous madame et soyons notre propre arbitre.

JP dit :
17 octobre 2014 à 9 h 04 min

Madame st-Germain, vous parlez comme si chacun de nous, vous y compris, étions obligés de lire, d'écouter et de visionner tout ce que les médias publient et de recommencer encore et encore ! Il faut faire un tri madame. Pour voir " la beauté du monde" , comme vous dites, il faut regarder aussi autre chose mme St-Germain

Bob dit :
17 octobre 2014 à 9 h 28 min

Ce procès est très intéressant et aussi difficile que soit la preuve présentée à un procès pour meurtre, la justice doit demeurer publique. Le procès Magnotta est selon moi un fabuleux cas pour les criminologues quant au profil psychologique d'un pervers narcissique de l'ère 2.0. Riche en enseignements. Je comprends cependant qu'il est difficile sinon impossible pour beaucoup de suivre ce procès.

Alain Sirois dit :
17 octobre 2014 à 9 h 30 min

Non, vous n'êtes pas la seule à être écoeurée, et vous avez bien raison. Il me semble que le vide laissé par le manque de culture générale et l'ignorance par une partie de la population qu'il existe des sujets infiniment plus intéressants, soient des causes de cette fringale du public des pays dits développés pour le sordide, pour ce qui choque, horrifie, dégoûte et scandalise. Quand on n'a pas la capacité de s'émouvoir en appréciant l'art ou la littérature, ou qu'on ne pleure plus au cinéma et à l'opéra, il faut bien trouver des émotions fortes quelque part, semble-t-il. Ce genre d'horreur ressemble à une sorte de fast-food culturel pour abrutis, trop gras, trop épicé et toxique à souhait, qui comble instantanément le besoin de sensations fortes d'une masse anesthésiée mais qui rend vite malade.

J-F. Couture dit :
17 octobre 2014 à 9 h 33 min

«Suis-je la seule à être écoeurée de tout cela?»

Oh! Que non! Vous êtes loin d'être la seule. Pour ma part, et s'agissant du procès de ce détraqué, je me suis mis à «off». Je n'ai absolument pas besoin de savoir ce qui s'y passe.

Mais il reste quand même une question, lancinante: Va-t-on trouver, dans vingt ou trente ans, une batterie de spécialistes pour affirmer, du haut de leur «science inexacte», que l'individu est «guéri» et donc apte à réintégrer la société?

Lise St-Laurent dit :
17 octobre 2014 à 9 h 41 min

Je me demande si par un méchant hasard, on ne ferait pas de surexposition parce que ce procès est suivi à l'international aussi? Comme vous le soulignez, cette surenchère de sordidité qui n'en finit plus de s'ajouter, je ne sais pas ce que l'on cherche à prouver que c'est plus machiavélique qu'on pourrait le croire, ce n'est pas nécessaire. On a un cerveau et on est capable de penser ou de se l'imaginer par nous-mêmes, exit les détails. Ce crime en soi est assez tordu et sordide sans que tous les menus détails ne soient dévoilés, le huis clos dans de telles circonstances serait approprié. Est-ce un procès à la Hollywood? Je crois que oui, n'ai-je pas lu quelque part qu'on voulait en faire un film?

Denis825 dit :
17 octobre 2014 à 9 h 45 min

On pourrait penser que c'est le discours du bon sens si on ne vous connaissait pas ce penchant pour toutes ces histoires sordides dans lesquels des hommes se transforment en bêtes sans pitié pour l'objet de leurs désirs.

Je vous crois tout à fait impénitente en fait et je crois surtout que l'on peut plutôt compter sur vous pour nous révéler les détails sordides de d'autres histoires dans le genre lorsque ça impliquera le rabaissement d'un homme.

Ce qui doit se passer c'est que vous devez avoir lu l'histoire de cette femme qui donnait sa fille à son amant pour l'allumer sexuellement et en profiter pour elle-même par la suite et que là naturellement ce n'est pas si intéressant pour une femme de s'identifier à ça. Pour vous, naturellement il faut arrêter tout de suite les presses et "tuer la une" comme on dit dans ce métier.

Pour ma part, je ne cherche pas et ne lis pas ce genre d'histoires d'habitude sauf que pour faire plus vite, je regarde sur le site de la presse, ce qui est le plus lu et cette-histoire là était la plus lue.

Je ne prétend pas que ce genre de faits ne devrait pas être rapportées, je trouve que c'est à chacun de diriger son regard ou il veut pour son propre bien.

Mais en l'absence de guide morale dans notre société, je note qu'il y a des dangers effectivement. Danger pour le lecteur de se complaire là-dedans de dire en partie quelque chose comme "Ah comme c'est bien au fond, elle aimait son homme à la folie et nous les hommes on est tellement un objet fort de désir pour les femmes que c'est normal...etc "

Discours intenable en public évidemment mais qui flatte l'ego des hommes qui lisent et plus il y en a, plus ça devient la réalité pour le lecteur mâle dans ce cas-ci. Et bientôt, cette misère morale qui aurait dû rester cacher se pointera peut-être le bout du nez dans le discours des gens au grand jour et on en arrivera à réclamer des "droits" tout à fait farfelus et amorales.

Raynald Collard dit :
17 octobre 2014 à 10 h 19 min

Ce procès devrait se faire à huis clos, évidemment. Il ne fait qu'alimenter le voyeurisme des psychopathes de l'intérieur, ceux qui nourrissent leur inconscient du macabre et du sensationnel.

Ce procès n'apporte rien. Finalement, il n'aura servi qu'à repeindre en sang l'oeuvre d'un esprit malade. Moi aussi, je me mets à OFF sur ce genre de fait divers.

F.Leblond dit :
17 octobre 2014 à 10 h 55 min

Tous mes proches me trouve bizarre parce que je n'écoute pas les nouvelles et que je ne lis pas les journaux . Alors voila la réponse mes amis. Ca va tellement mal dans le monde,je ne suis pas intéressée a en voir encore plus.

Suzanne LaBrie dit :
17 octobre 2014 à 12 h 24 min

Tout à fait. Il ne s'agit pas de se voiler la face mais de diffuser de l'information qui nous permettrait de voir où nous avons du pouvoir, nous, en tant que citoyen.ne.s.

Nelson dit :
17 octobre 2014 à 13 h 27 min

Des psychanalystes français sont contraires à montrer des images des victimes occidentaux décapités, et seraient surement contraires à autant d'information explicite sur le cas Magnota.

La population est VIOLENTÉÉ et endommagé par ce type des monstruosités, parce que incapable humainement de faire face.

Informer, oui, faire l'exhibitionnisme pervers et monstrueux, non.

Oui, ce type de contenus peut faire mal.

En plus de faire gagner des monstres en besoin de se montrer et attirer attention.

EN OCTOBRE EN PLUS, avec 20% des gens avec la déprime saisonnière.

Suzanne Duchesneau dit :
17 octobre 2014 à 13 h 43 min

Le déni en tout n'est aucunement la solution quant à notre lien à l' actualité. Il en demeure pas moins que s'isoler complètement peut être des plus négatifs, car des informations importantes nous permettent de voir, juger, agir. Rien ne nous oblige à lire les articles du genre pertubateurs.

albert bela dit :
17 octobre 2014 à 13 h 50 min

il faut nourrir la bête

Maryse dutil dit :
17 octobre 2014 à 14 h 02 min

Y a eu huis clos à turcotte une petite partie. Un après midi ou meme son ex sa dit rien Juge jury et un témoin Allumez vous

fernando busco dit :
18 octobre 2014 à 1 h 27 min

Je suis d,accord avec vous pleinement , pourquoi nous besoin de voir ça, qui ça donne,c,est vraiment macabre cette histoire, la tv parle de ça tout le jour, les nouvelles négatives sordides pourquoi prolonge c,est processus je ne comprend pas bcp des choses,ridicule , merci pour votre article. Merci!

Luc dit :
18 octobre 2014 à 11 h 37 min

Procès Magnotta. Ajouter à la noirceur du monde...:

Non, Mme St-Germain, vous n'êtes pas la seule à être écoeurée de tout cela!

Pas plus qu'ignorer les faits ne changeras le monde, j'ai le présentiment d'avoir moins a craindre les situations si elles sont mieux comprises que seulement ignorées, ou pire, racontées par d'autres personnes... ignorantes!

Avec un procès international comme le cas Magnotta, oû situer la ligne à ne pas franchir?!?

PS: En dépit du fait que les vidéos des ¨exploits¨ ont étés disponibles sur la toile, je me suis fait plaisir en ne les ayant pas regardés! Je préfère les National Geographic ;-)

HYS

Suzanne B. dit :
22 octobre 2014 à 10 h 37 min

On vous accuse de dénoncer les vices de ces messieurs et pour nous convaincre que les femmes sont pires, on va gratter un fait divers con- cernant une femme. On ne fait là que corroborer l'irresponsabilité de certains mâles qui au lieu de dénoncer les individus qui se trouvent ê- tre du sexe qui se croit tout permis, les défendent.