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Ottawa | Coups de feu

Coups de feu au Parlement: le tireur présumé identifié

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OTTAWA – Le centre-ville d’Ottawa était en état de siège parce qu’un tireur a fait feu à l’intérieur et à l’extérieur du Parlement canadien, mercredi matin, avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Un membre des Forces canadiennes a aussi été tué par balle, alors que les autorités recherchaient toujours d’autres possibles suspects.

Le présumé tireur abattu à Ottawa serait Michael Zehaf-Bibeau. Il serait né en 1982 au Canada et des informations indiquent qu'il aurait un dossier criminel pour possession de stupéfiants. Des sources ont confirmé à notre bureau d'enquête qu'il est l'individu apparaissant sur la photo ci-haut.

Quant au membre des Forces canadiennes également tué par balle, il s’agit du caporal Nathan Cirillo. M. Cirillo faisait partie de la réserve des Forces canadiennes au sein du régiment de Highlanders d’ Argyll et de Sutherland, basé à Hamilton.

Situation confuse

Même si le principal suspect est mort, la confusion continuait toutefois à régner puisque la police d'Ottawa croit qu’il pourrait y avoir jusqu’à trois complices encore en fuite, selon son porte-parole Charles Benoît. Les policiers ratissaient le centre-ville pour vérifier s’il y avait bel et bien d’autres suspects armés.

Les édifices du centre-ville d’Ottawa ont été bouclés ou évacués et un vaste périmètre de sécurité a été élargi bien au-delà des abords du Parlement. Les autorités ont demandé aux citoyens de se tenir à l’écart de l’enceinte de la colline du Parlement, de s’éloigner des fenêtres, de ne pas monter sur les toits et d’éviter le centre-ville d’Ottawa.

Le tireur a été tué par le sergent d’armes de la Chambre des communes, Kevin Vickers, a affirmé le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, à l’Agence QMI.

«Nous n’avons pas tous les détails, mais le sergent d’armes, un ancien policier de la GRC, est celui qui a affronté le tireur, ou au moins un d’entre eux, pour l’arrêter», a dit M. Fantino.

«Il a fait du bon travail, et ce que je comprends, il a touché le tireur qui est mort», a dit le ministre conservateur.

La police d’Ottawa a mentionné que des coups de feu ont été tirés à deux endroits différents. Premièrement vers 9 h 50 au Monument commémoratif de guerre du Canada et ensuite au Parlement, mais la police n’a pas voulu dire s’il s’agit du même tireur dans les deux cas. Contrairement à ce qu’elle avait dit plus tôt mercredi, il n’y a pas eu de tirs près du Centre Rideau, un centre commercial situé à proximité.

Le soldat, Nathan Cirillo, selon le «Globe and Mail», a été grièvement blessé au Monument commémoratif de guerre du Canada situé tout près du Parlement. Des premiers soins lui ont été administrés sur place, mais il a succombé à ses blessures. Deux autres personnes ont été blessées, dont un agent de sécurité au Parlement, mais leur vie n’est pas en danger.

Quant à savoir si ces attaques ont été revendiquées par un individu ou un groupe, Charles Benoît de la police d’Ottawa a indiqué qu’il n’avait «pas d’informations à ce sujet».

Description du tireur abattu

La GRC et la police d’Ottawa n’ont pas voulu donner de détails concernant le tireur qui a été abattu parce qu’elles affirment que l’enquête est toujours en cours, mais des gens qui l’ont vu ont pu le décrire.

L’agresseur avait le visage couvert par un tissu et de longs cheveux noirs, selon Scott Walsh, un travailleur de la construction qui se trouvait sur la colline du Parlement.

«Il est passé à cinq pieds de moi avec un fusil à double canon, a affirmé Scott Walsh, mercredi matin. Il a passé à côté d'une femme avec un enfant dans une poussette. Avec son fusil, il a réquisitionné une voiture et s'est dirigé vers l'arrière du Parlement. C'est la dernière fois que je l'ai vu.»

Richard Desmarais, le conseiller politique du sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais, a vu la même chose.

«Le type est arrivé avec une automobile, il a bloqué une entrée, et a couru à l'intérieur du périmètre du parlement, a dit M. Desmarais. Une fois à l'intérieur, il s'est emparé d'une voiture et il a monté la colline. On croit que c'est une voiture de police banalisée qu'il aurait prise, il a fait sortir la personne qui s'y trouvait en entrant, il a tiré des coups de feu.»

Selon M. Desmarais, le suspect n'aurait pas prononcé un seul mot. «Il avait les cheveux longs, et un masque, à tout le moins une espèce de foulard qui lui recouvrait le visage», a-t-il détaillé.

Richard Desmarais et Scott Walsh disent avoir vu une autre personne avec un foulard similaire sur la tête, en compagnie du suspect.

«Comme les gardiens de sécurité ne sont pas armés, il a réussi à entrer à l'intérieur et des coups de feu ont été tirés», a précisé M. Desmarais qui croit que le suspect avait planifié son attaque. «Le gars avait très bien à quelle heure il se présentait au Parlement, il savait très bien qu'il y avait un paquet de monde. Le matin comme ça il avait quasiment le chemin libre pour faire ce qu'il voulait», a-t-il dit.

Toyota Corolla

Le ministre du Travail de l’Alberta l’avait auparavant aperçu sortir avec une arme d’une Toyota Corolla sans plaque d’immatriculation qui venait de se stationner tout près du Parlement.

«Le tireur se dirigeait tout droit vers moi, a dit Ric McIver. Je ne savais pas si je devais l’attaquer ou me sauver. Mais je ne pensais pas pouvoir l’atteindre avant qu’il puisse tirer donc j’ai couru.»

Selon un témoin travaillant au restaurant du Parlement, un homme rentrant dans l’édifice muni d’une carabine aurait tiré au moins un coup de feu. «Tout s’est passé très vite», a affirmé Alain Merisier.

De son côté, le caméraman de TVA Nouvelles, Pierre Parent, dit avoir entendu une dizaine de coups de feu.

«Nous nous préparions à quitter le Parlement, lorsque [quelqu’un] a crié: attention, attention! a précisé Pierre Parent. J’ai reçu des éclats de pierre.»

Sur une vidéo captée mercredi avant-midi par un reporter du «Globe and Mail», on entend une rafale de coups de feu dont les détonations sont amplifiées par la configuration des lieux, tandis que des agents et policiers se déplacent dans le corridor du Parlement en tentant de localiser le tireur. L’atmosphère était confuse et tendue.

Le député James Lunney a affirmé que le suspect s’était faufilé en tirant dans le hall d’honneur du Parlement, tandis que son collègue, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a dit avoir entendu une trentaine de coups de feu.

Les parlementaires étaient dans l’édifice parce qu’ils étaient réunis mercredi pour les caucus hebdomadaires de leurs partis respectifs.

«Il y a eu un mouvement de panique qui a duré une minute à une minute et demie. J’ai eu l’impression que l’individu savait ce qu’il faisait parce qu’il était à quelques pas du caucus», a affirmé le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

«Quand vous avez l’impression que l’individu se dirige vers vous, que vous avez l’impression qu’il pourrait y avoir beaucoup de dégâts: vous avez peur. Toutes sortes de scénarios vous passent par la tête. C’est une situation dramatique», a précisé le sénateur conservateur.

«Le premier ministre a été évacué rapidement. Nous sommes toujours dans une salle et nous attendons toujours le signal pour retourner à nos bureaux», a ajouté M. Boisvenu qui a entendu «beaucoup de tirs».

Dès le début des événements, le député indépendant Jean-François Fortin a regagné son bureau qui se trouve à quelques centaines de mètres de l’entrée du Parlement.

«Il y a eu des alertes sur nos téléphones qui nous demandaient de regagner nos bureaux et de confiner notre personnel pour éviter des risques accrus, a précisé M. Fortin à LCN. Pour ma part, j’ai entendu au moins une dizaine de coups de feu.»

La GRC surprise

La GRC a affirmé qu’elle a été surprise par cette attaque.

«Il est encore trop tôt pour donner tous les détails, mais nous avons été pris par surprise», a reconnu le commandant Gilles Michaud en conférence de presse, mercredi après-midi.

«Le niveau de menace sur la colline parlementaire était au niveau médium depuis plusieurs années», a-t-il ajouté.

Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada se chargeaient de l’enquête sur la colline du Parlement tandis que la police d’Ottawa menait celle pour les événements ayant eu lieu ailleurs dans la ville.

Tout le centre-ville d’Ottawa était paralysé par les opérations de ratissage des autorités. Les employés de nombreux édifices devaient rester à l’intérieur tant que l’alerte ne prenait pas fin.

Les autobus de transports en commun ont été détournés du centre-ville et les policiers surveillaient toutes les entrées et les ponts de Gatineau qui menaient à Ottawa.

Le campus de l’Université d’Ottawa et le Centre Rideau, un centre commercial, ont notamment été fermés en raison de ces événements.

- Avec l'Agence QMI

 

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