/entertainment/movies
Navigation
Terminator

Un classique du patrimoine américain

En 2008, la bibliothèque du Congrès américain a jugé Terminator digne d'être conservé dans le National Film Registry.

US-AMERICAN-CINEMATHEQUE-30TH-ANNIVERSARY-SCREENING-OF-"THE-TERM
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Seuls les films jugés «culturellement, historiquement ou esthétiquement ­importants» y sont admis. Puissants ­héritages cinématographiques, les longs-métrages de science-fiction de James ­Cameron répondent aux trois critères.

Seuls les films jugés «culturellement, historiquement ou esthétiquement ­importants» y sont admis. Puissants ­héritages cinématographiques, les longs-métrages de science-fiction de James ­Cameron répondent aux trois critères.

Si seulement j’avais appris cela en 1984. Stressés et fatigués dans les bureaux du Toronto Sun, George Anthony – en charge des arts et spectacles – et moi-même avions décidé de rejeter Terminator sans même prendre la peine de le visionner et d’en faire la critique lorsqu’il a été dévoilé le 26 octobre de la même année... Grosse erreur!

Le projet de cameron

Peu de gens avaient alors entendu parler de Cameron, le scénariste et réalisateur d’origine canadienne basé à Los ­Angeles, qui a créé la franchise Terminator. Il a fait ses débuts de réalisateur de longs métrages avec le premier opus de la série.

Avant Terminator, Cameron affûtait ses armes cinématographiques en confectionnant des modèles réduits et en bossant sur les effets spéciaux. Il s’occupait aussi de la direction artistique et de la conception de films de série B. Il a finalement obtenu la direction de Piranha II: les tueurs volants en 1981, mais seulement après le départ du réalisateur original pour cause de «différends créatifs». Un ­début pas vraiment prometteur.

La plupart des gens, bien sûr, avaient entendu parler d’Arnold Schwarzenegger qui incarne le cyborg humanoïde voyageant dans le temps entre 2029 et 1984 afin de remplir sa mission. Mais peu de gens prêtaient une réelle attention au culturiste autrichien. Il devait sa popularité à ses muscles, à son accent bizarre et aux deux films de la série Conan le barbare. En bref, Terminator ressemblait à un film de genre passable qu’il était préférable de regarder tranquillement à la maison.

Il est pourtant devenu une réelle sensation au Canada et aux États-Unis, menant la course au box-office durant deux semaines consécutives. Les spectateurs avaient saisi quelque chose qui avait échappé à la plupart des critiques de cinéma, et le film à petit budget (mais esthétique) a généré 78 millions $ dans le monde entier, une véritable fortune à cette époque. Surtout compte tenu de son modeste budget de 6,4 millions $. Eh oui, le Toronto Sun a fait la critique du film une semaine après sa sortie.

Succès phénoménal

Le recul est une chose merveilleuse. Terminator a marqué un tournant dans l’univers cinématographique de la science-fiction. Son scénario est prémonitoire sur le sujet de l’intelligence ­artificielle. Dans le film, la société de cyborg appelée Skynet est en guerre contre les humains. Le T-800 de Schwarzenegger est renvoyé en 1984 pour tuer la mère du guerrier de la résistance, John Connor, qui leur donne du fil à retordre dans le futur.

Le succès phénoménal de Terminator a aussi contribué à l’apogée de Terminator 2: le jugement dernier, autre classique de Cameron, une merveille technique et un chef-d’œuvre du genre. Alors que le film original marque cette année son 30e anniversaire, le cinquième film de la franchise est annoncé pour le 1er juillet 2015.

Cameron ayant décliné le projet, ce sont le réalisateur Alan Taylor ainsi que les scénaristes Laeta Kalogridis et Patrick Lussier qui ont pour mandat de remodeler entièrement l’histoire originale dans Terminator: ­Genisys. Schwarzenegger reprend son rôle de T-800, avec un tissu humain plus âgé pour coller à la réalité physique de ses 67 ans.

En tant que cyborg, Schwarzenegger l’avait promis: «je reviendrai». Il a tenu promesse à maintes reprises, sans ­jamais pouvoir garantir la linéarité de ses traits physiques.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la chasse à Sarah Connor, le personnage mémorablement interprété par Linda Hamilton dans les deux premiers films de la série, tous deux réalisés par Cameron. Le T-800 de Schwarzenegger a, lui aussi, vieilli.

En plus de Terminator: Genisys – dont les premières scènes ont été tournées à San Francisco le 6 août dernier –, Paramount Pictures a annoncé une trilogie. Les suites sont prévues en salle pour le 19 mai 2017 et le 29 juin 2018.

Comme la bibliothèque du Congrès américain l’a confirmé en 2008, tout a commencé avec le Terminator de 1984 – et le film de 30 ans a vraiment une signification culturelle, historique et esthétique durable.

 

Commentaires