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État islamique

Promotion à peu de frais pour l’État islamique

Promotion à peu de frais pour l’État islamique
FBI Handout/QMI Agency

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Avec les attentats survenus à St-Jean-sur-Richelieu et au Parlement d’Ottawa, l’État islamique jouit d’une grande visibilité et d’une campagne de promotion à peu de frais, selon une experte.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme de l’Université Laval, Aurélie Campana concède que ces deux événements rapprochés ont réussi à atteindre le principal objectif des organisations terroristes, soit frapper n’importe où, n’importe quand, sans avertissement, pour semer la peur dans la population.

«Ces deux attentats-là ont produit une peur diffuse, si ce n’est une peur panique, au moment où se déroulent ces attentats, ou immédiatement après», analyse-t-elle.

Le sentiment de peur a été particulièrement intense à Ottawa, du fait que les gens ont rapidement été placés en confinement et que les informations, qui venaient de toutes parts, n’étaient pas toujours concordantes. «On a parlé pendant très longtemps de deux, trois tireurs. On ne savait plus véritablement ce à quoi on avait affaire, si il avait lieu ou pas de paniquer, si les mesures de confinement qui ont été mises en place étaient nécessaires», poursuit-elle.

Réaction «normale»

En couvrant l’événement, les médias sont devenus une sorte de «caisse de résonnance», qui «diffusent cette impression que la menace pourrait toucher n’importe qui, n’importe quand, tout de suite», plaide-t-elle. Si cette réaction est tout à fait normale pour une société occidentale qui condamne la violence, elle répond toutefois au besoin de visibilité des groupes terroristes. «Ils cherchent à avoir ça», résume-t-elle.

Elle note d’ailleurs l’État islamique a rapidement profité de l’attaque d’Ottawa pour se mettre en scène, même si tous faisaient état de l’action d’un «loup solitaire». En effet, très tôt durant la journée de mercredi, le fil Twitter de l’État islamique diffusait la photographie de l’auteur de l’attentat.

«Ça ne veut pas dire qu’il y a un lien entre l’individu et l’État islamique. Ça veut simplement dire que la personne qui entretient le fil Twitter de l’État islamique a vu une opportunité de faire parler du groupe, c’est tout. Il y a une instrumentalisation de cet événement-là de la part de l’État islamique», plaide Mme Campana.

Campagne

À ses yeux, l’appel aux sympathisants de cibler les représentants des états occidentaux qui font parti de la coalition internationale engagée dans la lutte contre l’EI se situe en ligne directe avec cette campagne de promotion.

«À la limite, pour eux, c’est magnifique, parce que c’est une visibilité, une publicité à moindre coût. Ils en sont conscients. Ils espéraient que leur message ait une résonnance, voire des conséquences concrètes. C’est un coup de publicité incroyable. Et ils n’ont certainement rien fait là-dedans, mis à part inciter», dit-elle.

Elle n’exclut toutefois pas qu’il est possible que ces deux individus-là préparaient leur plan depuis plusieurs semaines, et que ça n’ait rien à voir avec l’État islamique. «On n’en sait rien pour le moment», nuance-t-elle, prudente.

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