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La guerre sans règles

<i>La guerre sans règles</i>
Illustration Johanna Reynaud

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J’ai effacé ma chronique parce que je ne suis plus sûre de ce que j’ai envie de dire après les événements des derniers jours.

J’ai effacé ma chronique parce que je ne suis plus sûre de ce que j’ai envie de dire après les événements des derniers jours.

Je ne suis plus sûre de comprendre ce qui se passe vraiment en ce bas monde. J’ai parfois l’impression de vivre dans un film et si je ne me retenais pas, je verrais des conspirations partout, tout le temps, et j’ai peine à croire ce que je vois, ce que je lis. Suis-je manipulée ? Et si non, pourquoi on me ment sur la réalité?

Moi, si jeune pour dire la phrase qui suivra, j’ai l’impression que je devrai dire adieu à un monde que j’ai connu, un avenir que j’ai idéalisé, et que je devrai m’adapter à une réalité autre, loin de ce que j’avais espéré pour le monde et ma société. Soupir.

Belle naïve, je suis.

En fait, je ne l’effacerai pas ma chronique. La voici. Peu importe les événements. Peu importent les actes de fous furieux. Je l’ai écrite avec mon cœur sans être en réaction à rien.

Prenez là comme elle est, traitée moi de naïve, d’idéaliste ou d’utopique, m’en fout. Au moins, on saura que lorsque tous ces événements sont arrivés, quelques-uns croyaient encore à la paix. La voici :

Malbrough s’en va t’en guerre...

Avant, la guerre, elle avait des règles.

Elle avait un début, un milieu et une fin. Et un but clair et précis, « on vous envahit, on vous détruit, on prend votre territoire, il est maintenant le nôtre. Fin».

On signait des traités, on faisait semblant que ça n’arriverait plus jamais, quelques années de répit et ça recommence, parce que l’homme n’apprend jamais de son histoire, n’apprend jamais de son passé.

On fait souffrir des populations entières et on envoie notre jeunesse au front, c’est cruel, c’est sale, c’est triste, c’est l’horrible réalité de l’enfer sur terre.

Je sais que je suis privilégiée de vivre dans un monde occidental et pacifique et que je devrais me ranger du côté des miens, si je veux garder cette belle qualité de vie où je me réveille le matin sans avoir peur qu’une bombe me tombe sur la tête. Mais ce n’est pas parce que tout est beau dans mon carré de sable que je ne dois pas me préoccuper de ce qui se passe dans la cour d’école.

Depuis 2003, depuis la fois où on a permis aux États-Unis de faire une guerre préventive, en riant à la face de l’ONU, lui enlevant ainsi toute influence, alors que, d’un coup, un pays attaquait un autre pays avec lequel il n’était même pas en guerre et pour des raisons bidons...

Et bien nous en sommes là. Dans une guerre sans fin. Sans ennemis rassemblés sur un simple territoire.

Le monde entier subit les conséquences de cette erreur et la solution qu’on a trouvée, c’est de contre-attaquer à l’infini ceux qui sont nés du chaos.

L’État islamiste n’est pas un État.

Il est la conséquence horrible d’une crise alimentée en jetant de l’huile sur le feu depuis des années. Ces gens peuvent se retrouver partout, peuvent recruter partout, peuvent sévir partout. C’est la guerre ouverte et ça ouvre les portes à des possibilités infinies de violence.

Dites-moi comment une telle guerre peut-elle prendre fin ? Expliquez-moi quand et comment on viendra à bout d’un groupe qui s’est créé parce que des peuples ont été victimes de guerre, de pauvreté, de violence, d’injustice et que ce groupe a choisi de répondre à la violence par la violence ? Combien de morts, d’attaques aériennes, de drones qui s’abattent sur des populations déjà atterrées, avant qu’on proclame le mot VICTOIRE ?

Embarquez dans cette guerre improvisée qui vise tout le monde et personne, sans l’accord de l’ONU, tout ça pour réparer des vieilles erreurs du passé, va nous embarquer dans un conflit sans fin.

L’homme n’apprend pas de son passé.

Je me demande qui va avoir assez de pouvoir, d’influence et de volonté politique pour mettre un jour fin à ce cercle de violence.

Pour moi, une chose est sûre : j’ai fait mon deuil, je ne verrai pas ça de mon vivant.

 
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