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Attentats terroristes

Le terrorisme, pas une maladie mentale

Le terrorisme, pas  une maladie mentale

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Lors des attentats contre des membres des forces armées la semaine dernière, les deux assaillants, Martin Couture-Rouleau à Saint-Jean-sur- Richelieu et Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa savaient ce qu’ils faisaient.

Lors des attentats contre des membres des forces armées la semaine dernière, les deux assaillants, Martin Couture-Rouleau à Saint-Jean-sur- Richelieu et Michael Zehaf-Bibeau à Ottawa savaient ce qu’ils faisaient.

Nouveaux convertis à l’islam, les jeunes adultes étaient socialement instables, consommaient des dro­gues et avaient des antécédents criminels ou des échecs sur le plan professionnel. Les deux s’étaient isolés socialement et utilisaient les réseaux sociaux pour animer leur sourde colère.

Les deux hommes souffraient-ils de maladie mentale?

Ce qui semble évident, c’est que ces gens étaient en contact avec la réalité et s’attendaient fort probablement à être abattus au cours de l’opération.

Devant ces faits, les psychoses, les maladies mentales les plus graves, ne permettent pas d’expliquer leurs actes exécutés de sang-froid, de façon organisée et méthodique.

Les maladies mentales extrêmes provoquent une perte de contact avec la réalité, souvent accompagnée d’épisodes de délire et d’hallucinations. À première vue, ce n’était pas le cas des deux protagonistes qui avaient décidé – pour des raisons qui sont les leurs – de radicaliser leurs actions sous l’influence de l’idéologie violente de l’État islamique.

En ce sens, les deux hommes étaient responsables de leurs actes.

Prudence

Cela dit, il faut demeurer prudent.

Il est difficile de poser rétrospectivement un diagnostic psychiatrique fiable puisqu’il est impossible d’examiner les sujets en cause.

Qu’en est-il alors?

De manière générale, on peut avancer que ces «loups solitaires» ont au moins des problèmes psychologiques importants et souffrent vraisemblablement d’un trouble de la personnalité.

Selon le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), les loups solitaires proviennent de différents groupes d’âge et de différentes couches de la société; ils ont des degrés de scolarité divers et peuvent sembler bien intégrés à la société. Il n’y a donc pas de profil type.

En conséquence, il est pratiquement impossible de les détecter ou de les empêcher de passer à l’acte.

Ces individus ont une fragilité psychologique certaine, mais ne sont pas des gens souffrant de maladies mentales graves au sens clinique.

Ils sont psychologiquement vulnérables, immatures et influençables, mais responsables de leurs décisions.

Selon la CIA, l’État islamique a attiré quelque 2000 jeunes Occidentaux au Moyen-Orient. Pour contrer cette attirance, la communauté musulmane doit se positionner face à ces attentats et avec les familles, les professionnels de la santé et les criminologues, les leaders musulmans doivent participer à des programmes d’information, de communication et de soutien pour ces jeunes hommes qui souffrent d’un mal de vivre.

En résumé, on peut affirmer que des jeunes hommes fragiles peuvent basculer, se radicaliser et se retrouver sous l’influence de groupes extré­mistes. Cela dit, il ne s’agit pas d’une forme de maladie mentale, mais bien d’un choix personnel.

Malgré tout, ne nous leurrons pas.

En dépit de tous les efforts que fera la société pour éradiquer ce fléau, il y aura malheureusement d’autres Martin Couture-Rouleau et Michael Zehaf-Bibeau qui agiront de façon isolée. Espérons qu’ils seront peu nombreux et que les dommages pourront en grande partie être évités.

 

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