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Controverse

Les Roms contre la police

Un communiqué à Laval les a identifiés comme des voleurs de portefeuilles et de bijoux

Roms Police Laval
Photo Claude André Mayrand

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La police de Laval s’est fait taper sur les doigts pour avoir identifié les Gitans et les Roms comme étant des criminels qui volent des portefeuilles, des bijoux et des sacoches.

La police de Laval s’est fait taper sur les doigts pour avoir identifié les Gitans et les Roms comme étant des criminels qui volent des portefeuilles, des bijoux et des sacoches.

La Commission des droits de la personne du Québec a exigé que le Service de police modifie une campagne de sensibilisation lancée l’été dernier.

La police de Laval a réagi en retirant toute mention de groupe ethnique dans l’avis de prévention qu’elle distribuait.

«Lorsque la police identifie un groupe en particulier en avertissant de s’en méfier, on sous-entend que tous les membres de ce groupe ont le comportement reproché alors que c’est résolument faux», explique le président de la Commission, Jacques Frémont.

«On n’a pas le droit d’ostraciser les gens à cause de leur appartenance ou origine ethnique.»

M. Frémont affirme que la Commission a pris la mesure spéciale d’intervenir sans avoir reçu de plainte parce que la campagne de prévention avait toutes les apparences d’une situation discriminatoire.

Appel à la vigilance

La police de Laval a lancé sa campagne en août dernier à la suite d’une série d’enquêtes sur les vols du genre pickpocket de portefeuilles, sacoches et bijoux.

Dans un texte faisant appel à la vigilance, la police spécifiait que ces vols sont «commis par des personnes connues sous le nom de Roms, Romanichels, Gitans ou Tsiganes».

La Commission a écrit une lettre à la police de Laval le 4 septembre dernier. La réponse de la police de Laval n’est venue que sept semaines plus tard, le 21 octobre.

«Le délai de réponse est un peu inquiétant. On aurait aimé que ce soit plus rapide, car ça ne demandait pas une enquête très grande de leur part», croit Jacques Frémont, qui qualifie «d’inédite» une telle campagne au Québec.

La police se défend

La police de Laval affirme que des ajustements avaient été faits avant même de recevoir l’avis de la Commission.

«Le Service de police n’avait nullement l’intention de faire du profilage racial. Nous convenons toutefois que la lettre aurait dû être libellée différemment et c’est pourquoi nous avons rapidement apporté les modifications qui s’imposaient», s’est limité à dire Frédéric Jean, porte-parole de la police.

Il a refusé de reconnaître que la Commission des droits de la personne avait raison de qualifier la campagne de discriminatoire.

Une lettre et une affiche étaient distribuées par des agents communautaires dans le cadre de la campagne. Seule la lettre a été modifiée.

Au cours des trois dernières années, près de 15 % des plaintes fondées sur la discrimination raciale traitées par la Commission mettaient en cause un service de police.

 

Les Roms
Entre
10 et 12
millions dans le monde
Environ
5300
Canadiens s’identifient comme Roms
Pays d’origine les plus fréquents: Turquie, Roumanie, Hongrie, Bulgarie, Moldavie, République tchèque et Slovaquie
Source: Amnistie internationale, Recensement canadien de 2011
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