/entertainment/movies
Navigation
Interstellaire | Christopher Nolan

Incursion dans l’espace

Coup d'oeil sur cet article

LOS ANGELES | Christopher Nolan se qualifie de conteur d’histoires, plutôt que d’environnementaliste. Mais il se sert d’une catastrophe environnementale comme point de départ de son odyssée de l’espace Interstellaire.

LOS ANGELES | Christopher Nolan se qualifie de conteur d’histoires, plutôt que d’environnementaliste. Mais il se sert d’une catastrophe environnementale comme point de départ de son odyssée de l’espace interstellaire.

«Je n’aime pas passer de messages dans mes films», a dit Nolan en conférence de presse pour faire la promotion du film Interstellaire, sorti en salle ce vendredi.

Il s’agit du premier long-métrage de fiction du réalisateur depuis L’ascension du chevalier noir.

Son dernier-né contient aussi des messages politiques, au sujet desquels Nolan a été peu loquace.

«La raison pour laquelle je fais des films, c’est pour raconter des histoires, a insisté le Londonien de 44 ans. Et bien sûr que je souhaite qu’elles rejoignent les gens.»

Dans Interstellaire, pour des raisons inconnues, on se retrouve dans un contexte postapocalyptique. La population a été drastiquement décimée. L’agriculture traverse une crise. Les denrées se font rares, et les choses vont de mal en pis. L’unique solution qui s’offre aux survivants est de trouver un endroit où s’établir, un ailleurs dans l’espace.

Nolan, qui a donné corps au scénario de son frère Jonathan Nolan, rend l’homme responsable du gâchis dans lequel il vit.

«Nous disons, dans notre histoire, que l’humanité s’est elle-même privée de la Terre. Pourquoi ne présentons-nous pas les raisons à l’origine du désastre? Nous ne voulions pas adopter un ton politique. Ce n’était vraiment pas le but. Je voulais partir d’un monde plongé dans le noir – montrer que la Terre en a eu assez de nous – et que ça donne à l’homme une belle occasion, une aventure dans l’espace.»

«Très intime»

Ce n’est pas tout le monde qui a aimé Interstellaire. Les réactions sont partagées.

Or, Nolan ne s’empêche pas de montrer son excitation à prendre une pause des films de superhéros. D’autant plus que le long-métrage lui a donné la possibilité d’exploiter l’intériorité d’un homme.

Nolan parle de ces scènes comme autant de moments «très crus, très humains, très personnels, très intimes».

Dans une séquence, Matthew McConaughey – qui se glisse dans la peau du héros pilotant le vaisseau spatial et qui doit laisser sa famille derrière lui le temps de remplir sa mission – est confronté à la colère de sa fille rendue adulte (Jessica Chastin). Il communique avec elle par vidéo.

«Vous savez, a dit Nolan à propos de la réaction que suscite la fin du film, tout le monde connaît le talent de Matthew, mais c’était vraiment électrifiant à voir.»

S’attarder aux émotions

Christopher Nolan préfère s’attarder aux émotions qu’à la science dans Interstellaire. Son périple est pourtant truffé de jargon scientifique, de situations reliées à la physique quantique et à des espaces multidimensionnels, mais le réalisateur dit avoir simplifié le tout.

Le scénario de son frère – aussi coproducteur du film – était à l’origine destiné à Steven Spielberg. Le texte était très dense, inspiré en partie par un théoricien américain, Kip Thorne. Ce dernier est même devenu producteur exécutif du projet.

«Le gros de ma contribution, a dit Christopher, était d’enrayer des éléments. Il y avait des idées extraordinaires, mais il y en avait plus que j’étais capable d’en absorber. Alors, j’ai passé beaucoup de temps à remanier le scénario, en sélectionnant les choses que je jugeais plus touchantes, les idées les plus tangibles. J’ai trouvé très libérateur de travailler avec Kip, parce qu’il s’agissait moins de se restreindre que d’aborder ce qui était plausible.»

 

 

Commentaires