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Les 4 (autres) enseignements du scrutin américain

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Depuis le 4 novembre, le parti républicain contrôle l'ensemble du Congrès des États-Unis. Plaçant Obama dans une forme de cohabitation pour les deux dernières années de son mandat.

Suite au large succès républicain, de nombreux commentaires ont mis en avant la défaite du Président et considèrent que 2014 pourrait être que le prélude de ce qui va se passer en 2016.

Afin de contrebalancer ces conclusions, j'ai voulu partager avec vous 4 informations qui placent le scrutin de mardi sous une autre lumière.

 

ABSTENTION

Historiquement, les "midterms" n'attirent pas les foules dans l'isoloir. 2014 restera comme le scrutin de l'abstention record. Avec une participation de 37 % , il faut remonter à 1942 pour trouver un pourcentage aussi bas. A l'époque, l'Amérique était en guerre et une partie de son électorat au front.

En 2016, la participation sera plus importante. En général d'une vingtaine de points. Cette année l'abstention a principalement touché l'électorat démocrate. Cela ne sera pas le cas dans deux ans.

 

DÉMOGRAPHIE

L'électeur Blanc, de plus de 55 ans et principalement de sexe masculin, s'est déplacé en masse mardi dernier. Cette catégorie - traditionnellement républicaine - représentait ainsi le premier corps électoral parmi les votants. Un groupe en voix de rétrécissement démographique.

Ainsi, en 2016, il devrait être dépassé par les autres minorités. Le camp démocrate parie ainsi sur une montée en puissance du vote latino pour faire basculer certains États clés. Même si son pouvoir est désormais limiter, Obama va multiplier les occasions de placer la réforme des lois de l'immigration au coeur du débat. Et donc empoisonner les républicains.

 

CARTE ÉLECTORALE

La victoire républicaine était quasiment courue d'avance. Les sièges de sénateurs sont renouvelés partiellement et l'édition 2014 avantageait le GOP. Sept sénateurs démocrates sortants l'étaient dans des États remportés par Mitt Romney en 2012.

Résultat ? Victoire républicaine dans 6 d'entre eux. ( Le sort du septième - en Louisiane - n'est pas encore décidé mais devrait aussi favoriser le GOP). De plus, dans 3 États, les sénateurs sortants démocrates - bien établis et populaires - partaient à la retraite.

En 2016, mouvement contraire puisque 23 élus républicains joueront leurs sièges ( contre 10 démocrates) Dont cinq dans des États largement remportés par Obama en 2012.

 

POT

Mardi dernier, dans quelques États - comme par exemple à Washington D.C - la légalisation de la marijuana était au programme . Une présence au scrutin qui a entrainé une hausse de la mobilisation de l'électorat jeune qui vote largement pour le parti démocrate.

Dans les années 1990 et 2000, le GOP a utilisé  le rejet du mariage homosexuel comme arme électorale. Afin d'assurer que sa base évangéliste se déplace le jour du vote, le GOP ajoutait une proposition de loi contre le mariage gay au scrutin.

Le pot sera-t-il l'équivalent 2016 pour le parti démocrate ? C'est en tout cas une direction étudiée pour s'assurer d'une présence importante d'un électorat qui lui est favorable.

 

 

 

 

3 commentaire(s)

Ginette L. dit :
7 novembre 2014 à 17 h 04 min

C'est bien dommage que le pot et le mariage gai soient les plus grandes préoccupations chez les jeunes. Peut-être que chez les 55 ans et plus, l'économie, la sécurité et les dossiers internationaux sont plus importants. Non?

denissera dit :
7 novembre 2014 à 18 h 09 min

Lorsque les minorités deviendront majoritaires aux États-Unis, il ne faut pas s'imaginer que tous voteront éternellement pour le Parti Démocrate.

Le Parti Républicain disparaîtra peut-être, mais de nouveaux partis se composeront, qui refléteront mieux les valeurs des différents groupes ethniques.

Les Hispaniques à eux seuls formeront 40% de l'électorat. Il leur suffira d'attirer la majorité des votes Hispaniques et une minorité des autres ethnies pour gagner les élections.

Les grands perdants dans cette histoire sont les Afro-Américains, qui resteront minoritaires derrière les blancs, les Hispaniques et les Asiatiques. Et comme leur petit nombre n'est pas compensé par une forte participation à l'économie, leur poids politique sera encore plus faible.

Les Hispaniques et les Asiatiques sont les groupes ethniques du futur: Les blancs et les afro-américains représentent le passé.

Les latinos, qu'on présente toujours de gauche, ont d'autres opinions. Par exemple, lors du référendum Californien sur le mariage gai, un seul groupe ethnique avait voté en faveur des mariages gais: Les blancs. Les Hispaniques et les Afro-Américains avaient voté contre le droit pour les gais de se marier.

Maec dit :
7 novembre 2014 à 22 h 18 min

@denissera dit : 7 novembre 2014 à 18 h 09 min "Les latinos, qu’on présente toujours de gauche, ont d’autres opinions. Par exemple, lors du référendum Californien sur le mariage gai, un seul groupe ethnique avait voté en faveur des mariages gais: Les blancs. Les Hispaniques et les Afro-Américains avaient voté contre le droit pour les gais de se marier." ------------------ Voilà pourquoi c'est toujours glissant que d'utiliser les termes "droite" et "gauche".

...les latinos sont en général très religieux; en plus qu'ils viennent de pays et de civilisations qui ne sont pas du tout au diapason avec les nord-Américains. Mais cela, n'a rien à voir avec la droite et la gauche, en Amérique latine.

La "gauche" en amérique latine n'est pas nécessairement pro-gais, ni pro-avortement, à titre d'exemples.

De plus, il ne faut pas oublier que plusieurs latinos, dont les Cubains, ont une propension vers la droite. Faut-il le rappeler également, un % non négligeable de "latinos" sont de purs blancs, descendants des colons espagnols. Il n'y a rien qui les prédispose vers la gauche.