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Grand Théâtre de Québec

Respectueuse communion avec Yves Duteil

Le chanteur célèbre son amour pour le français

Yves Duteil a eu droit à une écoute attentive, digne d’un concert où chaque parole importe, mardi soir, au Grand Théâtre.
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUÉBEC Yves Duteil a eu droit à une écoute attentive, digne d’un concert où chaque parole importe, mardi soir, au Grand Théâtre.

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Un silence respectueux et presque religieux a enveloppé le Grand Théâtre de Québec, mardi soir, pendant la majeure partie du récital de Yves Duteil, qui a pris soin d’éviter de verser dans la nostalgie à outrance pour ces retrouvailles avec le public de la capitale.

On dit retrouvailles bien que pour dire vrai, la dernière rencontre ne remonte pas à si loin. C’était en juillet dernier, lors du spectacle hommage à Félix Leclerc qui avait le coup d’envoi au Festival d’été.

Yves Duteil y avait célébré son amour de la langue de la Molière et c’est encore avec ce chapeau de valeureux porte-étendard de cette «langue délicate pleine de synonymes» qu’il a pris place, guitare en bandoulière, sur la scène d’une salle Louis-Fréchette à moitié remplie en cette froide soirée de novembre.

Duteil a eu droit à une écoute attentive, digne d’un concert où chaque parole importe. Quand le public brisait le silence, c’était pour applaudir avec chaleur une vibrante Pour que tu ne meures ou pour communier d’une même voix avec l’artiste français sur Mélancolie.

Sortez vos cellulaires

La mélancolie était cependant loin d’être le thème de la soirée. C’est à peine s’il regarde dans le rétroviseur, Yves Duteil. Des vingt-trois pièces au programme, quinze étaient issues de ces trois derniers albums parus depuis 2001. Évidemment, la part du lion a été réservée à son dernier bébé, Flagrant délice, que le Québec a découvert au printemps.

Même si elles sont encore trop fraîches pour s’être imprimées dans l’imaginaire collectif, les nouvelles compositions de Duteil, qu’elles soient touchantes ballades ou pièces plus rythmées baignées dans la bossa-nova, se sont bien imbriquées avec les succès du passé.

Preuve qu’il n’est pas un nostalgique, Duteil a même demandé aux spectateurs de brandir les téléphones cellulaires, cet objet «grâce à qui on peut envoyer un mot d’amour à sa blonde ou son chum à l’autre bout du monde», pour filmer sa chanson Je t’MMS.

Comme si c’était la première fois

Il reste que les succès d’hier étaient les plus attendus par le public. Yves Duteil a pris de court les impatients en offrant très tôt Prendre un enfant, alors qu’une certaine torpeur engourdissait encore la grande salle.

Il a fallu être plus patient pour La langue de chez nous. Réclamée à grands cris par quelques spectatrices, elle est apparue au rappel et a été interprétée en symbiose avec la foule par un Yves Duteil habité et donnant l’impression de la chanter pour la toute première fois.

Pour le remercier, la foule lui a spontanément chanté «mon cher Yves, c’est à ton tour», sorte de rappel qu’il sera toujours le bienvenu chez nous.

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