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Un business la police ?

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On aura beau dire, il n’y a rien de banal avec la police. Elle a beau changer et évoluer avec le temps, elle reste cette profession qu’on aime détester quand ses actions nous touchent. C’est pas moi m’sieur l’agent, votre radar se trompe, je suivais le trafic. Elle est aussi adulée quand un héros se lève et accomplit un geste de bravoure, quand bien même « c’est juste sa job ». Ça fait jaser la police, et pas toujours pour les bonnes raisons.

Jadis, naguère, il y a de cela ma foi trop longtemps, on demandait aux policiers de faire respecter les lois et de lutter contre le crime. C’était le « Protect and Serve » américain que la police de Toronto a gardé dans son « To Serve and Protect ». C’est aussi  devenu le « Service Intégrité Justice » de la SQ ou encore le « Respect Intégrité Engagement" du SPVM, c’est maintenant une question de mission, vision et valeurs. Les patrouilleurs patrouillaient et les enquêteurs enquêtaient pendant que d’autres étaient chefs ou syndicalistes, c’est selon. Peut être simpliste que vous me direz, mais ça fait la job pour les fins du texte.

À la SQ

 Une des problématiques moderne de la police tient en partie au fait qu’au fil des années on a fait de nos chefs de police des administrateurs. Un exemple récent est la nomination du plus récent Directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme. Il est en place depuis moins d’un mois et la seule chose dont on a parlé depuis son arrivée est le changement apporté à la structure organisationnelle. Il a remanié l’organigramme, jumelé des grandes fonctions et doit faire en sorte que la SQ participe à l’effort gouvernemental de la course au déficit zéro. Après tout, la ministre lui a imposé quelque 30 M$ de coupes/réduction/ponction dans le budget. Choisissez votre terme, ça va rester 30 M$ en moins pour la SQ cette année.

Est-ce qu’on a parlé d’un policier d’expérience ? Non, pas du tout. Est-ce qu’on a souligné son passage au MSP comme sous-ministre associé et sous-ministre en titre ? Pas vraiment. Est-ce qu’on a parlé du fait qu’il connaît les sphères opérationnelles et politiques de l’organisation étant donné son expérience passée ? Encore moins. Il a, comme tout chef de police, ses amis et détracteurs dans l’organisation. Il a comme mission d’unir les troupes dans une période difficile mais tout ce qu’on entend pour l’instant revient aux 30 M$ de moins dans le budget.

Au SPVM

Au même moment, dans la métropole de la province, la Ville de Montréal poursuit la Fraternité des policiers du SPVM pour un manque à gagner de 13 M$ dans les coffres de la Ville. La raison ? Les policiers ont ralenti l’émission de constats d’infractions. Le bilan en matière de sécurité routière semble bon mais le cash manque. Il n’y a pas d’hécatombes dans les rues de Montréal mais les billets verts prévus au budget de la Ville ne sont pas au rendez-vous, du moins, pas autant que le voulait les prévisions faites en début d’année budgétaire.

Je ne sais pas mais il faudra penser à ajouter le mot Bacon à la devise du corps de police de Montréal. La Ville vient d’avouer tout haut ce qu’une bonne partie de la population dénonce depuis longtemps. Les policiers sont maintenant reconnus comme des percepteurs de taxes. Pas grave le bilan routier, les quota$ sont maintenant plus important$. Et ces quotas, Yves Francoeur de la fraternité des policiers de Montréal les situent à entre 16 et 18 constats par jour.

Au SPVQ

Ce qu’on voit à Montréal ces jours-ci n’est pourtant pas une première. En 2011, la Ville de Québec avait poursuivi le syndicat des policiers du SPVQ pour 7 M$ parce que ceux-ci avaient réduit le nombre de contraventions données. L’histoire nous dit qu’en bout de ligne le syndicat avait accepté de verser 1 M$ dans le cadre d’une entente survenue entre les parties. Encore une fois il n’était pas question de sécurité mais bien d’argent.

En bout de ligne

Et le sentiment de sécurité dans tout ça, est-ce qu’on peut le chiffrer en $$$ ? Pas étonnant de voir le tiraillement dans lequel se trouvent biens les flics de nos jours. Ils sont devenus policiers pour sauver le monde, protéger la veuve et l’orphelin et arrêter des bandits. Une fois en place, on leur demande maintenant de faire en sorte que tout marche et surtout que l’argent entre dans le « cash ».

7 commentaire(s)

arnold lamberty dit :
11 novembre 2014 à 11 h 22 min

En effet, un secret de polichinelle!!! Quand les villes se sont mis à ''budgéter'' les revenus d'infractions au code de route ,on a vite compris que le ''cash'' était le nerf de la motivation . Essentiellement l'argent qui paierait le salaire même des policiers!!! Mais les taxes cachées n'ont rien de nouveau dans le ciel du Québec ; Loto-Québec , Stationnement MTL , la SAAQ et la SAQ , Hydro-Q ,la litanie de perceptions en impôt foncier et scolaire qui augmente 5 fois plus vite que le taux d'inflation , Oui, les policiers sont principalement des agents de perception et cette activité ressemble maintenant à une arnaque perpétrée par une classe de politiciens et fonctionnaires qui aspirent tous à la vie princière dussent-ils le prendre de façon frauduleuse dans les poches du contribuable complètement submergé par ses frais courants. En doutez-vous encore ; les escrocs sont au pouvoir depuis bien trop longtemps.

Denis dit :
11 novembre 2014 à 11 h 31 min

Oui, il est question d'argent comme dans toutes les organisations mais ce que vous critiquez outre l'argent qui prend trop de place je l'attribue plus à la technocratie et la bureaucratie (patronale ou syndicale).

Ce n'est pas très, très inspirant tout cela pour motiver les troupes et les appeler à se dépasser à donner le meilleur d'eux-mêmes et avec fierté.

André le Géant dit :
11 novembre 2014 à 12 h 40 min

Le pire dans tout ça, c'est que les villes ont le culot de décrire les quotas de contraventions comme un "service". Quelle effronterie !

marco massico dit :
11 novembre 2014 à 16 h 07 min

Serait il possible que les meilleurs percepteurs gravissent les échelons plus rapidement ? j,en doutais mais .... Je sais que dans mon patelin un agent assez doué sur le crayons a gravi assez vite les échelons, Par la suite il es devenue un très bon .....Administrateur... genre j,engage des hommes en surtemps pour un évennement, et en même temps j,engage d,autre Policier pour faire du radar, afin de payer le surtemps avec bien entendus un assistant administrateur, (chef d,équipe)avec eux pour augmenter la récolte. bravo monsieur l,administrateur pour votre promotions. Mais alors ou es l.obligation d,embaucher des Policiers d,expériences comme dirigeants, seulement a confier le tout a un bureaux comptable, le problème par exemple c,est que ce bureau comptable devrait sans doute faire appelle a leur subalterne (Policiers) un jour ou l,autre pour différents évènement genre individus louche .ou vol, Pour ce qui es des quotats je crois que cela a toujours existé, mais que le nombre était moins élever lorsque c,était des Policiers qui avait gravi les échelons de peinne et de misère qui dirigeaient les service de Police. Et que le côté politicaillerie était tenue a l,écart.

J-F. Couture dit :
11 novembre 2014 à 20 h 13 min

@arnold lamberty, 11 h 22 min: «... Quand les villes se sont mis à »budgéter » les revenus d’infractions au code de route ,on a vite compris que le »cash » était le nerf de la motivation»

Parfaitement d'accord avec vous. Ça fait un sacré bout que je dis que je prendrai au sérieux leurs prétentions de sécurité quand les villes et aussi le Gouvernement cesseront d'inclure les revenus issus de la délinquance dans les revenus ordinaires.

Si on considérait ces revenus comme «extraordinaires», au sens comptable du terme, et qu'on les affectait directement à la sécurité comme par exemple les modifications des chaussées ou passages dangereux, peut-être que le commencerais à les croire.

Mais quand on les utilise pour payer l'épicerie, mon cynisme atavique ressort.

Et là, «l'omni maire» Coderre qui en rajoute avec une poursuite. Une chance que le ridicule ne tue pas, ce qui est aussi amplement démontré tant par les costumes de bouffons que portent les policiers que par les ratiocinations du maire..

Alain dit :
12 novembre 2014 à 8 h 52 min

A Montréal, lorsque la police relevait de la " Communauté urbaine de Montréal ", les policiers faisaient leur travail ( proximité-bandits-constats-criminalité ). Dans cette structure, les maires des différentes villes transmettaient leurs demandes au comité de sécurité publique ce qui laissait peu de place à l'ingérence politique comme on la connait aujourd'hui. Avec la police de quartier ( 1er rapprochement politique ) et la fusion des villes pour devenir " Une ile une ville "( 2e rapprochement ), c'est dès ce moment qu'on a vu le maire de Montréal s'adresser directement au directeur du service de police et imposer une coupure budgétaire de plus de 10 millions de dollars... et il y en a eu d'autres... La police est maintenant un outils de politique ; les élus imposent des orientations qui ne correspondent plus à la mission de base des policiers qui étaient jadis de protéger les gens, attraper des bandits et accuser les criminels. Aujourd'hui, comme le bilan routier est à la baisse, on ne leur demande pas de faire preuve d'ingéniosité mais bien de soumission et d'abandon !

Xyste de Verchères dit :
12 novembre 2014 à 11 h 28 min

@ François Doré

Qui dit : «La Ville vient d'avouer tout haut ce qu'une bonne partie de la population dénonce depuis longtemps. Les policiers sont maintenant reconnus comme des percepteurs de taxes».

Pourquoi autant de surprises ? Sortez de l'anesthésie.

Tous ces sbires de l'État policier n'agissent pas en tant qu'agents de la paix au service du citoyen et de l'ordre public. Dans les faits, ils ne sont pas agents de la paix mais bel et bien agents privés, employés de la Couronne, ayant tous, sans exception, porté vraie allégeance à Sa Majesté.

La Couronne («Crown Corporation») est une entreprise privée de Sa Majesté. La Couronne est propriétaire de pleins droits des terres du Canada. Des terres privées sur lesquelles cette entreprise privée à pleine juridiction. Ceci inclut tous les citoyens qui concèdent inconsciemment juridiction à cette entité corporative.

C'est exactement ça le rôle d'un agent de la Couronne : percevoir les charges fiscales des citoyens qui acceptent d'être employés sous sa juridiction. Des agents privés déguisés en soi-disant officiers de la paix.

C'est en agent de la Couronne que ces sbires de l'État policier agissent sans égard aux droits coutumiers des citoyens comme celui de la présomption d'innocence.

La fraude intellectuelle de ce régime est abjecte.

Et c'est l'ignorance des citoyens qui permet à ces sbires armés d'usurper impunément les fruits de leurs labeurs.

Pauvres serfs.