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Mais portez plainte mesdames !

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Scandale sur la colline parlementaire à Ottawa depuis deux semaines. Deux députés du PLC ont été suspendus par leur chef à la suite d’allégation de conduite inacceptable à l’égard de deux collègues du NPD. Il faut comprendre que même si le mot harcèlement n’a pas été prononcé, sinon du bout des lèvres, c’est néanmoins ce dont il s’agit.

On est loin d’accusations du genre à la Gomeshi alors que des femmes sont sorties sur la place publique, noms, photos et témoignage compris, pour dénoncer des agressions sexuelles dont elles disent avoir été victimes au fils des années. À un point tel que la police a maintenant ouvert une enquête sur les circonstances entourant ces allégations

On est plutôt dans le vague d’une culture parlementaire pour le moins obscure sans nommer de noms, sauf pour les deux députés suspendus. Aucun fait n’a été porté à la connaissance du public. On est dans la perception pure, celle qui devient trop souvent la vérité. Celle qui permet de penser à peu près n’importe quoi. Pourquoi pas après tout, personne ne vient nier. On sait que des gestes auraient été commis, mais pas lesquels, il n’y a aucune accusation formelle au moment où l’on se parle.

Il est maintenant question de former un comité qui serait chargé d’enquêter sur toute forme de conduite hors normes sur la colline parlementaire fédérale. Le Président de la chambre ou un groupe indépendant serait chargé de faire la lumière en matière de conduite inappropriée (lire : toute forme d’inconduite à connotation sexuelle). On est tellement prude à dire les choses telles qu’elles le sont tout en étant rapide à le dénoncer quand il s’agit des autres.

Est-ce que la réaction aurait été la même si les allégations avaient été faites à l’égard de deux député de sexe féminin et que les victimes présumées étaient de sexe masculin ? Poser la question c’est un peu y répondre. Le harcèlement ne connaît pourtant aucun sexe. C’est la vision et la compréhension souvent bien personnelle qui change les perspectives. On ne devrait pas juger en fonction du fait que la victime se nomme Françoise ou François, une victime est une victime et un agresseur est un agresseur.

Toujours est-il que deux semaines plus tard, un autre scandale touche la colline parlementaire à Ottawa. Les victimes refusent de porter plainte. Le porte-parole du parti dont elles sont vient nous dire en entrevue que les femmes en questions ne veulent pas aller sur la place publique et réclament l’anonymat. Mande pardon ? Qui parle de révéler au grand jour votre nom ? On ne veut pas savoir qui vous êtes et votre identité est protégée par les lois en vigueur. À moins que vous décidiez de sortir médias, comme on dit, votre nom n’a pas d’importance.

Il faut simplement que cette situation soit contrée et qu’un frein y soit mis. Si une culture d’intimidation et de harcèlement sexuel existe au parlement d’Ottawa, il faut qu’elle prenne fin. Les coupables, toutes couleurs, âge et sexe confondus doivent être traduits devant les autorités compétentes avec les conséquences que cela implique, que ce soit par un tribunal de justice criminelle ou un comité formé par les parlementaires s’il s’en faut.

En attendant, deux députés, à tort ou a raison, ont été relégués aux banquettes arrières de la chambre des communes. Ils n’ont plus de voix ou presque au chapitre de la politique fédérale et ne pourront probablement pas se présenter à nouveau sous la bannière qu’ils représentent. Leur carrière politique est à toute fin pratique terminée. Ils n’auront pas l’occasion de se faire entendre ni de se défendre parce qu’il n’y a pas de plainte, juste des allégations.

J’espère seulement qu’il ne s’agit pas d’un tactique politique qui vient de transformer une potentielle accusation criminelle en vulgaire calcul électoral. Est-ce que ces femmes ont réellement décidé de ne pas porter plainte ? Est-ce qu’on leur a demandé de ne pas le faire pour le plus grand bien de l’unité de leur parti ? Si c’est le cas, on pourrait penser que l’on vient de se servir d’elles à nouveau, à des fins plus partisanes cette fois-ci. Qui veut-on protéger ici ?

Une solution, porter plainte, c’est tout. Notre société n’a plus à tolérer les abuseurs, intimidateurs et agresseurs de tout acabit. Et tant qu’à y être, mettez ces termes au féminin aussi. Une bonne enquête, bien menée et conduisant à des accusations a plus souvent qu’autrement un puissant effet dissuasif, il faut juste faire confiance au processus existant des fois.

Portez plainte mesdames, ça presse !

22 commentaire(s)

mj dit :
18 novembre 2014 à 18 h 44 min

Vous avez bien raison. Et pourtant... Je travaille dans un milieu proche de la politique municipale et, bien que je ne puisse absolument pas parler de "harcèlement", je constate une culture préhistorique importante qui rend l'accomplissement du travail souvent très ardu... Surprises, ma collègue et moi avons documenté les interactions au cours de la dernière année. Par exemple, en réunion, un homme sur quatre fera le tour de la salle à son arrivée pour serrer les mains mais oubliera les femmes; il tutoiera les femmes presqu'immédiatement alors que ce n'est pas le cas pour les femmes; il utilisera des phrases comme "il ne faut pas s'inquiéter avec ça..." en réponse à la question d'une femme alors qu'il évoquera des faits en réponse à celle d'un homme; il demandera 325% de fois plus à une femme ce que fait son conjoint alors qu'il ne le fait presque jamais à un homme, etc.

Il y a le harcèlement, qui est criminel peu importe le sexe du harceleur ou de la victime. Mais il y a aussi la culture qui empêche parfois les femmes d'accomplir leur travail dans les mêmes conditions que les hommes...

Bob dit :
18 novembre 2014 à 18 h 45 min

Justin Justin, dis-moi qui est la plus belle !

richard belleau dit :
18 novembre 2014 à 20 h 03 min

Si c'était vraiment sérieux je crois qu'elles devraient porter plainte...ce ne sont quand même pas des adolescentes démunies intellectuellement et financièrement !

On parle de femmes de pouvoir élues, qui rêvent de gouverner un pays et qui ont le pouvoir de faire changer les lois, elles me déçoivent de ne pas dénoncer des gestes aussi répréhensibles...si bien entendu de tels gestes se sont réellement produit ce dont je commence à douter trèssérieusement...

Ce ne serait pas la première fois, que poussées par un féminisme exagéré, des femmes sans scrupules dénoncent des gestes tout à fait anodins qui ont été montés en épingle !

Mesdames les députés du NPD , je serais très heureux d'être contredit, si les supposées victimes se lèvent et parlent ...!

Si vous ne le faîtes pas...il ne vous reste qu'à avoir le courage de vous excuser de tout ce tapage électoraliste !

Claire Fillion dit :
18 novembre 2014 à 20 h 12 min

Je trouve ce cas très bizarre! Pourquoi n'ont elles pas été voir leur patron M. Mulcair pour en discuter? Elles vont voir M. Trudeau! Si M. Trudeau n'avait rien fait, il aurait été accusé de taire les faits.....il dénonce, on l'accuse d'avoir parlé! A part ça elles devraient donner l'exemple. C'est ce que se font dire les femmes non? DE DÉNONCER. Non je n'approuve pas le comportement de ces deux femmes. Quand aux 2 députés (parti liberal) si c'est vrai bien ils ont toute une leçon ( probablement terminé pour eux la politique ) . Il doit y avoir un fond de vérité parce qu'ils ne parlent pas très fort!

Steve Harvey-Fortin dit :
18 novembre 2014 à 20 h 54 min

Encore de la manipulation féministe qui se venge de l'homme. Même pas capable de se servir de son cerveau pour comprendre qu'on ne peut pas porter plainte contre un agresseur sans aucune preuve mesdames.

Et c'est pour cette raison que lorsqu'il y a viol, la victime doit passer des examens, des prélèvements, photos et autres. Parce que cela peut constituer une preuve d'accusation même s'il n'y a pas eu de témoins. Mais même à ce moment, certaines femmes ayant été consentantes peuvent feindre un viol pour diverses raisons.

Gédane de Vaxu dit :
18 novembre 2014 à 22 h 15 min

En 2014, une femme n'est pas capable de porter plainte ? Si réellement c'est une plainte.

Ben voyons donc !!!

le mécréant dit :
18 novembre 2014 à 23 h 45 min

"Le harcèlement ne connaît pourtant aucun sexe"; c'est faux, bien entendu. Le harcèlement sexuel a toujours pour coupable un homme et pour victime une femme. Prétendre le contraire, c'est faire le jeu du féminisme revanchard qui se trouve à l'origine du délire hystérique auquel on assiste actuellement. Cette idéologie prétend condamner objectivement un crime qui n'a pas de sexe, alors qu'en réalité il criminalise et punit sans procès un comportement typiquement masculin qu'il amalgame insidieusement aux viols les plus sordides. La chasse aux sorcières n'est pas terminée, vous pouvez me croire; il y aura des fausses accusations, des vengeances, de la souffrance, du désespoir, des suicides, et tôt ou tard une forme de backlash inévitable, mais qui bien entendu n'arrangera rien, ne fera au contraire que jeter plus d'huile sur le feu de la victimisation, et ainsi de suite jusqu'à quand? Tout cela est un gâchis indescriptible.

André le Géant dit :
19 novembre 2014 à 0 h 47 min

Pas plus tard qu'hier, la "victime" d'un viol dont 3 joueurs des Redmen de McGill étaient accusé depuis 3 ans a été contredite par une de ses amies qui appuyait la version des joueurs. La plainte contre les joueurs a été retirée mais ils ont vécu l'enfer pendant trois ans. Et pas de protestations dans la rue contre ce type de comportement. Pas de #Hashtag non plus. Oui, les victimes, hommes ou femmes, doivent dénoncer. Par contre, ceux et celles qui portent de fausses accusations devraient se retrouver devant un juge.

larry222 dit :
19 novembre 2014 à 4 h 45 min

Est-ce un entourloupette organiser par Mulcair pour piéger Trudeau. Vous savez le NPD connais présentement une descente aussi forte que celle du PQ au provincial, et Mulcair a toujours aimé jouer au vilain et à plusieurs tours dans son sac

danie dit :
19 novembre 2014 à 5 h 49 min

C'est quoi cette affaire?

Ont-elles été agressées oui ou non? Si c'est oui, alors qu'elles portent plainte. S'agit-il simplement de remarques déplacées de la part des députés en question? Alors la sanction est trop lourde. Qui n'a jamais fait de remarque maladroite?

Porter de fausses accusations est très grave. Il y a ou devrait y avoir des recours dans ce cas. Ne pas porter plainte mais faire en sorte de sanctionner quelqu'un est d'une lâcheté sans nom.

Mesdames, vous êtes députées. Alors, ça va faire. Ou vous parlez, portez plainte ou vous vous taisez et alors on réintègre les deux députés. Comment voulez-vous après tant de lâcheté dire à des victimes de dénoncer leurs agresseurs. À quoi ça sert de pouvoir voter des lois pour défendre la veuve et l'orphelin, si vous n'êtes même pas capables de vous tenir debout. C'est vous qui devriez être retournées chez vous, pas les deux députés libéraux.

Justin Trudeau n'a rien à se reprocher dans ce dossier. Mulcair de son côté devrait faire preuve de GBS et même sévir contre ces deux nunuches.

R. Lebrun dit :
19 novembre 2014 à 7 h 01 min

À vous mesdames (deux victimes), s.v.p. portez plainte si vos allégations sont fondées. À vous collègues de ces deux victimes, soutenez-les, encouragez-le, elles ont besoin de support pour dénoncer. Souvent les victimes se sentent bien seules, ont peur et encore plus grave "on leur suggère de ne pas faire trop de bruit" dans un milieu où l'image a un grande importance.

Au nom de toutes celles qui vivent avec le regret de s'être tues.......

Diane H. dit :
19 novembre 2014 à 7 h 49 min

Le mécréant...

Je suis d'accord avec vous qu'il faut être plus sévère avec une prétendue victime qui porte pliante et qu'il est prouvé qu'elle a fait ça par vengeance, ou peu importe le motif. Si on prouve que tout est faux, alors elle doit être punie par la loi pour avoir détruit une vie.

Cependant, j'ai sursauté à votre utilisation de : "il criminalise et punit sans procès un comportement typiquement masculin."

Donc, vous trouvez que le harcèlement d'hommes sur des femmes est "typique" du comportement habituel masculin?

Je suis allée vérifier et typiquement/typique veut dire:

"-caractéristique, qui peut servir de modèle.

-propre à un groupe (végétal, animal)

-qui est essentiel à tout objet pris comme type"

Wow. Pas tellement flatteur pour le commun des hommes que le harcèlement soit un "modèle", une habitude "normale", quelque chose de "propre au genre masculin", que la harcèlement leur soit "essentiel", je dirais moi!

Je ne sais pas si bien des hommes ici seront d'accord avec vous??

Diane H. dit :
19 novembre 2014 à 7 h 50 min

"qui porte pliante"...

Je voulais dire: qui porte plainte, bien entendu.

M.Brulotte dit :
19 novembre 2014 à 7 h 56 min

Tout à fait d'accord avec votre chronique......

Merci.

Christian dit :
19 novembre 2014 à 7 h 57 min

Peut-on parler de justice quand on peut s'entendre pour accuser à tort une personne simplement pour la sortir du portrait, sachant que "la rumeur" va avoir autant d'effet qu'une preuve? La personne, qui n'a rien fait de mal, voit sa carrière détruite sur une simple présomption, voire sur une accusation mesquine et injustifiée. Je pense aussi à tous ces enseignants qui sont suspendus sans salaire sur une simple allégation d'inconduite sexuelle proférée mesquinement par une élève mécontente de ses notes et dont la carrière -- et la réputation -- sont brisées à jamais. Laisser courir une rumeur est pire qu'une accusation. Alors, oui, accusez! Sinon, taisez-vous!

M.Brulotte dit :
19 novembre 2014 à 8 h 08 min

Aucun commentaire

Gilles Bousquet dit :
19 novembre 2014 à 8 h 30 min

Oui, faut porter plainte, afin que ces 2 députés masculins ne restent pas avec la patte en l'air sur de simples dénonciations secrètes et imprécises.

Des actes, des paroles ? Des regards aux mauvais endroits ? Des histoires cochonnes drôles ou plates, répétées ou pas ? Des suggestions saugrenues ou nues ? Quoi s.v.p. ? Merci beaucoup, à l'avance, de bien nous en informer. Ils méritent le pardon ou la condamnation.

Regis dit :
19 novembre 2014 à 8 h 36 min

Il devrait nous dire au moins ce qui s'est passé parce qu'autrement ça porte un coup à l'institution du parlement.

On dirait que les 300 et quelques personnes dans ce bâtiment se réunissent un petit quart d'heure dans la chambre des Communes, qui porte bien son nom, pour enregistrer l'air sérieux le bout de question qu'on va voir aux nouvelles 7 secondes à la télé et puis après, c'est yabadabadou tout le monde tout nu, on fornique !

A-t-on vérifié s'il n'y avait pas une boule en miroir accrochée dans une des salles ?

Seuls les plus vieux doivent plutôt jouer au shuffleboard dans les corridors bien cirés, pour le reste, le soir venus ils sont saouls et morts de rire quand ils pensent aux électeurs qui pensent qu'ils s'occupent de leurs affaires.

On nous dit qu'il y a un gentilhomme à la verge noire mais on nous a jamais expliqué pourquoi au juste il l'avait noire sa verge... c'est peut-être un autre cas d'abus sexuel...

Claude Goulet dit :
19 novembre 2014 à 11 h 01 min

Jamais un parti politique n'a fait pareil coup de cochon à un autre parti. Le NPD est vicieux et vicié. Les deux députés accusés dans cette affaire sont maintenant coupables par coutumace. Quand à moi, je crois que Justin Trudeau devrait faire revenir ses deux députés au caucus et accuser le NPD de conspiration. Quand je pense que Maria Mourani veut rejoindre le parti d'Angry Tom. Quelle vacherie.

le mécréant dit :
19 novembre 2014 à 16 h 38 min

@ Diane H. Je nuance mon propos. La notion d'agression sexuelle a remplacé la notion de viol dans le code criminel canadien car elle est plus générale et permet d'éviter d'avoir à prouver la pénétration. On exige maintenant, sur certains campus américains (et bientôt ici) non plus le consentement, mais bien le "consentement enthousiaste". Dans certains milieux "progressistes" le viol au sens strict ne suppose plus la pénétration, ni même le contact physique; une chroniqueuse branchée du magazine URBANIA a inventé récemment la notion de "viol par le regard". Et bien sûr je ne parle pas du fameux "date rape" et du "viol conjugal" qui depuis des années contribuent insidieusement à étendre le domaine du viol. Les frontières du "harcèlement" s'étendent aussi; un des trois profs de l'UQAM qui s'est vu accusé dans les médias récemment se serait rendu coupable, tenez-vous bien, d'avoir dit à une étudiante qu'elle avait... de beaux yeux! C'est une tendance lourde de l'évolution des moeurs dans toutes les sociétés démocratiques avancées; le féminisme dernier cri travaille avec un acharnement terrifiant à effacer tout sens de la nuance, à abolir toute distance entre le viol le plus sordide et le regard déplacé, en passant par la drague un peu insistante et la main baladeuse. Je ne sais pas si vous prenez la mesure du climat qui s'installe; ce ne sont pas seulement les violeurs, ni même les dragueurs qui en feront les frais, et vous pouvez me croire: c'est un homme tout ce qu'il y de plus galant, et même timide, qui vous le dit. Le mouvement actuel ne veut pas seulement punir le viol, ni le harcèlement, mais, j'en suis convaincu même si ce n'est pas explicite, quelque chose de beaucoup plus général: c'est la sexualité masculine qui est visée dans ce qu'elle a d'impétueux, d'impérieux, d'entreprenant; et c'est aussi, hélas, l'érotisme, qui ne peut pas survivre au contractualisme tatillon qu'on exige aujourd'hui au nom de l'égalité. Un...

le mécréant dit :
19 novembre 2014 à 17 h 12 min

la dernière phrase de mon précédent commentaire est effacée: "Un gâchis vous dis-je; je suis inconsolable."

Steve Harvey-Fortin dit :
19 novembre 2014 à 20 h 39 min

Les victimes n'ont même pas le courage de s'identifier ou de participer à au processus d'enquête.

Mais elles ont le courage de dénoncer leurs agresseurs afin de porter atteinte à leur réputation sans preuves, sans s'identifier et sans participation.

Votre honneur, je demande un non lieu pour manquement à l'éthique du droit et à l'atteinte de présomption d'innocence.

Affaire classée !!!