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«Drette en partant»

Alex Harvey
Didier Debusschère/Journal de Québec

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Elle semble révolue l’époque du jeunot québécois qui s’attaquait à la Coupe du monde en mal de repères. À 26 ans, Alex Harvey s’invite maintenant sans complexes dans l’élite mondiale du ski de fond.

Troisième au cumulatif de la Coupe du monde l’hiver dernier, le meneur de l’équipe canadienne a voilé par quelques coups d’éclats durant la saison une expérience olympique qui a viré en catastrophe à Sotchi. Avec trois podiums dont la victoire au prologue du Tour de ski, suivis de deux médailles d’or en Coupe du monde et un deuxième rang au mini-tour de fin de saison à Falun, son ascension confirmée l’investit d’une gourmandise à l’approche de sa cinquième saison à temps plein qui débute ce samedi, à Ruka en Finlande.

«Je veux commencer à amasser des points de classement de Coupe du monde (attribués aux 30 premiers) «drette» en partant», cible-t-il avec un accent familier. «J’aimerais ensuite arriver le plus tôt possible dans le top 10 parce que c’est le barême qui me dit que je suis «dans la game». L’idéal serait que ça se produise tout de suite à Ruka.»

Maturité physiologique

Si les championnats du monde à Falun s’annoncent comme le clou principal, Harvey construit sa saison avec un niveau de maturité physiologique qui s’acquiert avec rien d’autre que des années de service. De concert avec son entraîneur Louis Bouchard et le préparateur physique Charles Castonguay, son corps peut maintenant accepter une charge d’entraînement qui devrait atteindre jusqu’à 900 heures à chacune des deux premières années du cycle olympique.

Le vécu de Harvey autorise une planification graduelle qui doit le mener jusqu’aux Jeux de 2018, majorée en comparaison aux 750 heures annuelles auxquelles il se soumettait jusqu’à la saison dernière.

«À chaque année que je vieillis, ça me donne une année de plus en bagage d’entraînement. Théoriquement, faire plus d’entraînement me donne la capacité d’être plus constant dans les résultats en course. C’est comme constuire une pyramide. Avec une base plus solide, la suite en dépend».

«En entrant régulièrement dans le top 10, dont cinq ou six podiums, Alex a commencé l’an dernier à nous donner des indices qu’il continuait de gagner de la maturité. On est dans la poursuite de cet objectif. On veut qu’il devienne de plus en plus régulier comme il l’était l’an dernier», renchérit Bouchard, qui prévoit axer l’entraînement davantage sur l’intensité dans les deux dernières années du cycle.

L’objectif des mondiaux

Les mondiaux à la fin de février marqueront cette saison post-olympique. Médaillé de bronze en sprint individuel en 2013 et champion avec son pote Devon Kershaw au sprint par équipe deux ans plus tôt, le Québécois trouvera en Suède la tribune idéale pour évaluer cette maturité. Le skiathlon de 30 km et le mythique marathon de 50 km en style classique occupent déjà ses pensées.

«J’ai gagné l’épreuve de 30 km sur ce même parcours, à la fin de la saison dernière», se plaît à rappeler Harvey, qui accorde une grande importance à ce rendez-vous bisannuel.