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Absentéisme, retraite hâtive et productivité

Francoise Bertrand
Photo d'archives Françoise Bertrand

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L’absentéisme en milieu de travail est une préoccupation grandissante, tant pour les entreprises privées que pour le secteur public.

L’absentéisme en milieu de travail est une préoccupation grandissante, tant pour les entreprises privées que pour le secteur public.

Le Conference Board en estimait le coût direct annuel à 2,4 % de la masse salariale des employeurs, soit une perte de 16,6 milliards de dollars (en 2012).

Statistique Canada a fourni, en 2012, des données comparatives sur l’absentéisme. L’agence fédérale révèle, selon divers paramètres, le nombre de jours d’absence du travail pour des raisons personnelles des employés à plein temps au Canada au cours de l’année 2011. Ces données excluent les femmes en congé de maternité. En voici les résultats principaux en termes de jours moyens d’absence:

►Ensemble des travailleurs canadiens: 9,3 jours

►Ensemble des travailleurs québécois: 10,8 jours

►Ensemble des travailleurs syndiqués: 13,2 jours

►Ensemble des travailleurs non syndiqués: 7,5 jours

►Ensemble des travailleurs canadiens du secteur privé: 8,2 jours

►Ensemble des travailleurs canadiens du secteur public: 12,9 jours

Le Conseil du trésor du Québec a fourni des données pour l’année 2012. On y apprend que le nombre moyen de jours d’absence des employés de la fonction publique a atteint 13,76 jours. Notons que 94,5 % de ces absences sont rémunérées par le gouvernement.

Départs hâtifs

À cet enjeu de l’absentéisme s’ajoute celui du départ hâtif à la retraite des Québécois et davantage des employés du secteur public québécois. Voici les données sur l’âge médian de départ à la retraite (année 2010):

►Travailleurs du secteur privé: au Québec, 60,8 ans; au Canada, 62,3 ans;

►Travailleurs du secteur public: au Québec, 58,2 ans; au Canada, 60 ans.

Bref, les travailleurs du secteur public québécois partent à la retraite deux ans et demi avant les autres travailleurs du Québec et presque deux ans plus tôt que leurs collègues canadiens du secteur public. De plus, leur taux d’absentéisme est beaucoup plus élevé que celui des autres travailleurs québécois.

Voilà qui fournit matière à réflexion au regard de la productivité du secteur public. Les gestionnaires de l’État devraient porter une plus grande attention à l’organisation du travail. Il est souvent question de la détérioration du climat de travail dans les services publics, de la morosité qui s’y répandrait.

Enjeu majeur

La Fédération des chambres de commerce du Québec est convaincue que la productivité représente un enjeu majeur pour la prestation des services publics de qualité. Cet enjeu va au-delà de l’absentéisme et du départ hâtif à la retraite, bien qu’il s’agisse d’éléments non négligeables. Dans la ronde de négociations qui s’amorcent pour le renouvellement des conventions collectives de travail, une amélioration sensible de la productivité devient une condition préalable à la bonification des salaires des employés du secteur public et parapublic.

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