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Service de garde

«J'ai 60 ans et on ne veut plus de moi», dénonce une éducatrice en service de garde

Diane Beaulieu
Diane Beaulieu

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Une ancienne éducatrice en service de garde au Bas-Saint-Laurent estime être victime de harcèlement psychologique de la part de son employeur en raison de son âge.  Diane Beaulieu est en arrêt de travail forcé depuis le 31 octobre.

«On veut me tasser pour faire place à une plus jeune. J'ai 60 ans et on ne veut plus de moi», lance Mme Beaulieu.

Celle qui a obtenu un diplôme de préposée aux bénéficiaires à son retour à l'école à l'âge de 56 ans, possède un bon bagage d'expérience et une formation d'éducatrice en service de garde.

Son employeur, la Commission scolaire des Phares à Rimouski, se défend.

«J'ai reçu la plainte de Mme Beaulieu aujourd'hui (hier). Nous allons la rencontrer afin de lui offrir un emploi. Mme Beaulieu s'occupait d'une petite fille handicapée qui demande beaucoup, ce n'était pas facile pour elle. On va essayer de trouver un emploi mieux adapté», a précisé au Journal la directrice générale par intérim de la Commission scolaire des Phares, Madeleine Dugas.

«On veut me ramener au travail, mais à condition que je prenne ma retraite. Pas question. C'est de la discrimination», renchérit avec colère la résidente de Ste-Flavie.

Une lettre d'entente datant de quelques jours,  dont le Journal a obtenu copie, mentionne que «la salariée est réaffectée à un poste d'éducatrice en service de garde».

Plus loin dans la même lettre, il est écrit que «la salariée s'engage à remettre sa démission au plus tard le 1er avril 2015 en vue d'une fin d'emploi au plus tard le 27 juin 2015.»

Diane Beaulieu a refusé de signer cette lettre. Elle s'est engagée un avocat pour s'assurer que ses droits seront respectés.

Serrer les bras

Une collègue de travail de Mme Beaulieu, Nicole Mignault, dit avoir vécu pareille menace de la même commission scolaire.

Responsable du service de garde de l'école l'Echo-des-Montagnes de Saint-Fabien lors de son ouverture en septembre 2013, Mme Mignault souligne avoir été congédiée pour avoir brisé le silence en dénonçant des «comportements inacceptables» qu'auraient subi des enfants dans cette  garderie scolaire.

«Des enfants du primaire poussés contre le mur, d'autres qui se font serrer les bras, sans oublier des cris par la tête toute la journée et plusieurs qui pleuraient parce qu'on refusait qu'ils jouent  avec les ballons », raconte Nicole Mignault, celle qui a osé dénoncer une consœur de travail qu'elle côtoyait quotidiennement.

«J'aurais peut-être dû me la fermer car le prix à payer est d'être sans salaire depuis un an. Mais je ne pouvais fermer les yeux pour la sécurité des enfants».

Mère de famille, Mme Mignault en rajoute: «Des endroits mal propre et des journées complètes sans faire d'activité pour une vingtaine d'enfants âgés de 4 à 12 ans, c'est inconcevable», dit celle qui compte plus de 30 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation.

La femme de 52 ans a contesté son licenciement. Sa requête devant les Relations de travail sera présentée le 16 décembre.

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