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L’achat d’une expertise

La première décision de Pierre Dion a été de faire en sorte que Tanguay resterait associé avec l’équipe qu’il a conjointement achetée en 1997.
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL La première décision de Pierre Dion a été de faire en sorte que Tanguay resterait associé avec l’équipe qu’il a conjointement achetée en 1997.

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En se portant acquéreur des Remparts de Québec, Québecor achète l’expertise, l’expérience et les contacts de cette organisation de premier plan dans la ville de Québec et l’est de la province.

En se portant acquéreur des Remparts de Québec, Québecor achète l’expertise, l’expérience et les contacts de cette organisation de premier plan dans la ville de Québec et l’est de la province.

L’empire médiatique, gestionnaire de l’amphithéâtre pour au moins les 25 prochaines années, ne fait pas que s’assurer d’un minimum d’une cinquantaine de journées d’occupation dans cet édifice où ces gens d’affaires souhaitent accueillir la Ligue nationale.

Elle met en place une structure compétente qui lui permettra de réagir promptement et rapidement si le commissaire Gary Bettman décidait de relocaliser une équipe dans la capitale ou de l’inclure dans une éventuelle expansion.

Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor, ainsi que Jacques Tanguay l’ont indiqué à quelques reprises dans leurs réponses lors de la conférence de presse sans que la question ne leur soit posée directement.

La première décision de Dion a été de faire en sorte que Tanguay resterait associé avec l’équipe qu’il a conjointement achetée en 1997. Ce qui ne s’est pas révélé un défi colossal, car l’homme d’affaires québécois le désirait tout autant que le nouveau propriétaire. «C’était une priorité de rester attaché à mon club de hockey et de tout ce que mes partenaires et moi avons bâti avec les Remparts au cours des 18 dernières années», a déclaré Tanguay.

En attendant la présidence des Nordiques?

Il ne s’imaginait pas dans le rôle d’un simple employé, aussi importante que soit sa fonction. Il est devenu un actionnaire privilégié de Québecor dans cette transaction spectaculaire pour Québec. Il a réinvesti également dans la nouvelle aventure qui a débuté dès l’annonce du transfert de propriété.

Les actions privilégiées donnent un certain droit de propriété sur l’entreprise, mais ne procurent pas habituellement les mêmes droits de vote. Tanguay prétend qu’il n’en possède aucun. Les détenteurs de ce type d’action jouissent généralement d’un dividende fixe garanti à perpétuité. Certains analystes considèrent que ces actions privilégiées sont davantage des titres de créance que de participation.

S’il se sépare de Patrick Roy, Michel Cadrin et André Desmarais, Tanguay joint toutefois Québecor avec tout son personnel des Remparts. Il compte 16 personnes à plein temps, ce qui s’avère le triple de presque toutes les autres organisations de la LHJMQ.

Advenant que Québecor réalise sa mission de ressusciter la LNH à Québec, elle misera sur un noyau de personnes compétentes pour mettre en place les nouveaux Nordiques dans des délais serrés. Elle pourrait corriger ses lacunes par quelques embauches.

Outre ces jobs permanents, une cinquante d’employés temporaires travaillent les jours des parties. Sans compter plusieurs autres reliés directement au hockey, dont certains, mais pas tous, pourraient effectuer la même tâche dans la LNH.

À la tête de ce groupe, Tanguay deviendra encore plus actif dans l’univers du hockey junior, ce qui pourrait le positionner avantageusement pour la présidence des Nordiques. Dans un marché plus petit comme Québec, ce poste prestigieux exigera de l’expérience, des contacts et du dynamisme. Mais commençons par celui des Remparts.

Structure commune

En entrevue, Dion a souligné l’apport des employés de l’organisation. «Grâce à ces personnes, nous avons la chance d’avoir une structure extraordinaire et de créer des synergies entre les différentes ressources.»

Hockey junior et professionnel n’entrent pas en conflit. Ce mariage procure d’excellents résultats dans d’autres villes canadiennes.

«Nous joindrions alors nos forces afin de maximiser le travail de l’administration, du marketing, de la billetterie, de la publicité, de la promotion ainsi que le taux d’occupation de l’amphithéâtre», ajoute le grand patron de Québecor.

Il a bien précisé que, si la LNH revit, les opérations des deux équipes seraient intégrées au sein d’une même organisation.

La grande nouvelle reste toujours une incertitude, mais ça bouge dans les coulisses et peut-être davantage qu’on ne l’imagine.


 

Un loyer inconnu

Pierre Dion et Jacques Tanguay ont refusé de dévoiler le loyer des Remparts dans le nouvel amphithéâtre. Le second soutient même qu’il reste à négocier.

Ce ne sont toutefois pas les Remparts qui le paieront, mais bien Québecor à titre de propriétaire de l’équipe. «Nous avons des paramètres à respecter dans notre contrat avec la ville. Au sein de notre entreprise, chacun pait ce qu’il doit payer. Quand Vidéotron achète de la publicité à TVA ou au Journal de Québec, elle doit piger dans son portefeuille», répond Dion.

Du respect

Le respect s’avère mutuel entre Dion et Tanguay. «J’ai beaucoup de respect pour Jacques dont l’implication et l’investissement dans le sport à Québec sont incomparables. Il est un partenaire d’affaires de longue date. Nous avons toujours aimé travailler avec lui.»

Le commissaire Gilles Courteau ne le criera pas sur les toits, mais l’Armada est définitivement à vendre. La LHJMQ se trouve dans l’obligation de le faire. Compte tenu de la situation et de quelques incertitudes à propos de démarches entreprises contre le circuit, il s’avère parfaitement logique que le vendeur ne démontre pas son empressement.

 

 

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