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La censure ne fonctionne pas

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Depuis toujours, les gouvernements de pays totalitaires (et trop souvent nos propres gouvernements) tentent de limiter, sinon de censurer, l’accès à l’information. Selon Zubair Nabi, un chercheur chez IBM, la censure serait inefficace et accentuerait plutôt la diffusion de l’information.

Depuis toujours, les gouvernements de pays totalitaires (et trop souvent nos propres gouvernements) tentent de limiter, sinon de censurer, l’accès à l’information. Selon Zubair Nabi, un chercheur chez IBM, la censure serait inefficace et accentuerait plutôt la diffusion de l’information.

De tout temps, les gouvernements et les grandes institutions de ce monde ont tenté de censurer l’information: de l’Église et ses papes qui ont longtemps pointé d’un Index accusateur les livres et écrits subversifs aux dirigeants de la République populaire Chine qui tentent encore et toujours de faire oublier les malheureux événements de la Place Tian’anmen, le Tibet et «tout ce qui remet en question une certaine légitimité». Même le Canada n’y coupe pas.

Dans un papier publié dans le cyberjournal First Monday, Zubair Nabi, un chercheur qui s’intéresse aux questions de «big data», de censure, de «cloud computing» et de web sémantique, remet en question l’effet de la censure. Selon des analyses effectuées à l’aide de données provenant des sites «Alexa Web Analytics» et «Google Trends» ainsi que des statistiques de YouTube sur des contenus censurés au Pakistan et en Turquie, Nabi conclut que la mise à l’index virtuelle de textes et de fichiers audio et vidéo contribue plutôt à l’accélération de leur diffusion dans des canaux parallèles.

« L'effet Streisand »

Et, avouons-le, c’est tout à fait normal. Il existe d’ailleurs un phénomène sur la toile appelé «l’effet Streisand», du nom de la chanteuse Barbara Streisand. En 2003, la chanteuse avait poursuivi l’auteur d’une photographie aérienne de son domaine situé sur le bord de l’océan. Or, ledit photographe, loin d’être un paparazzi, faisait plutôt de la recherche sur l’érosion des côtes californiennes. En attirant l’attention du public sur cette tentative de censure, la chanteuse a plutôt stimulé la curiosité du grand public à voir ce que l’on tentait de cacher.

Et c’est un peu ce que constate Zubair Nabi. Y compris dans ces pays où la notion de liberté d’expression n’est pas la même qu’ici. Les contenus audio et vidéo que les gouvernements du Pakistan et de la Turquie ont tenté de bloquer ont connu un effet viral, «l’effet Streisand».

Toutefois, cela n’empêche pas les gouvernements de limiter le droit de s’exprimer de ses citoyens. Et heureusement, outre les fameux VPN, des outils disponibles librement permettent de contourner la censure. Par exemple, saviez-vous qu’en Chine, on ne peut lire Le Journal? Si, si.

Et pour permettre aux citoyens chinois de passer outre la Grande muraille virtuelle de Chine, des logiciels comme Lantern ont été créés. Issu de l’imagination d’un programmeur ayant œuvré au développement du logiciel P2P Limewire, Lantern rejoint en partie l’approche du système TOR. Mais alors que TOR insiste sur l’anonymat, Lantern, lui, se fait fort de permettre l’accès à l’information.

Installé sur des machines géolocalisées dans des pays à l’expression libre (comme le Canada), Lantern sert de relais aux demandes provenant d’ordinateurs issus de pays autoritaires. La Chine a réussi une fois à bloquer certains relais Lantern, mais la faille a été rapidement corrigée. Et aujourd’hui, les citoyens chinois peuvent continuer d’accéder librement à de l’information autrement censurée.

Entre citoyens et États totalitaires, c’est et ce sera encore et toujours le jeu du chat et de la souris. Heureusement, grâce à Lantern, il est encore possible de passer au travers des mailles du filet de la censure.

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