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Les Remparts : un tout autre contexte

Jacques Tanguay, Gilles Courteau et Pierre Dion, lors de l’annonce de la vente des Remparts la semaine dernière.
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL Jacques Tanguay, Gilles Courteau et Pierre Dion, lors de l’annonce de la vente des Remparts la semaine dernière.

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L’achat des Remparts par Québecor ne se compare absolument pas à la disparition de cette équipe junior de Québec en 1984-1985.

L’achat des Remparts par Québecor ne se compare absolument pas à la disparition de cette équipe junior de Québec en 1984-1985.

S’il y a un petit lien, c’est l’arrivée de la Ligue nationale dans la capitale. Les Nordiques de Me Marcel Aubut, le propriétaire d’alors, ont vendu une organisation moribonde; Québecor achète l’une des meilleures franchises et probablement la plus rentable de la LHJMQ.

Jacques Tanguay, Patrick Roy, Michel Cadrin ont empoché une forte somme d’argent, mais cette cagnotte résulte de l’excellent travail réalisé depuis qu’ils se sont portés acquéreurs des Diables rouges en 1997-1998. Et de la nécessité pour le gestionnaire de l’amphithéâtre de présenter une activité hockey dès l’ouverture.

Quant à André Desmarais, de Power Corporation, on ignore encore les véritables raisons de son implication comme quatrième actionnaire depuis février 2011. Un secret bien protégé comme toujours avec ce géant de la finance.

Une équipe dans le néant

Si les Remparts de la première cuvée avaient connu autant de succès, ils auraient survécu à l’implantation des Nordiques. À l’époque, l’écart entre le meilleur billet pour un siège au hockey junior et le moins dispendieux dans la LNH ne se voulait pas aussi prononcé qu’en 2014.

Ce ne sont pas les Nordiques qui ont chassé les Remparts, mais la mauvaise gestion des vendeurs et les insuccès de l’équipe. Les Remparts en or ont remporté la coupe Mémorial en 1970-1971. Après avoir mis la main sur la Coupe du président en 1973, 1974 et 1976, ils ont plongé dans le néant.

Lors de leurs six dernières saisons, la formation québécoise a manqué les éliminatoires à deux reprises et a perdu six fois en première ronde. Ils tiraient de la patte au classement en saison. Rien pour attirer les foules. Ils jouaient devant des gradins vides au Colisée, ce qui ne compliquait guère l’existence des Nordiques. Au moins sept entraîneurs, dont Gaston Drapeau, Guy Charron, Marc Picard et Ron Lapointe, se sont succédé derrière le banc.

Vendus, les Remparts sont devenus le Collège français de Longueuil avant qu’une autre transaction les amène à Verdun.

Très rentable

Ça prend des œillères ou une haine viscérale envers Québecor pour comparer les Remparts de la première cuvée à ceux de Jacques Tanguay.

Dans la LHJMQ, on entend souvent dans les coulisses que le budget de l’organisation est équilibré dès la mise au jeu initiale en septembre; le reste n’engendre que des revenus nettement supérieurs aux dépenses.

Ils évoluent à guichets fermés quelques fois, ce qui permet de maintenir une moyenne de huit mille spectateurs par saison. En 2008-2009, 529 325 amateurs, un record de la LHJMQ, ont été témoins d’un match; l’assistance s’avère toujours supérieure à 400 000 au fil des années. En 2012-2013, la dernière de Patrick Roy, la moyenne a atteint 11 345.

Outre la billetterie, les Remparts bénéficient de partenariats commerciaux dont ne peuvent même pas rêver la majorité des autres organisations.

Le jour où l’empire Québecor vendra les Remparts, si cela s’avère le cas, il n’égalera peut-être pas le montant qu’il a versé au groupe Tanguay, mais il aura eu le temps de faire résonner la caisse avec les recettes aux guichets (imaginez l’engouement à l’automne 2015 dans le nouvel amphithéâtre), ses partenaires commerciaux, la présentation de parties à son réseau sportif. Les quelque 50 soirs d’occupation lui procureront des recettes découlant de l’activité dans l’édifice.

Comment peut-on prétendre qu’une équipe existante de la LHJMQ vaut entre 2 et 3 millions quand la ligue vend une équipe d’expansion 3 millions? Si un homme d’affaires peut acheter pour ce montant Québec, Moncton, Halifax, Saint-Jean, Rimouski ou quelques autres équipes, qu’il ne laisse pas filer l’occasion.


 

Les citrons du Saguenay

Les Saguenéens de Chicoutimi figuraient avantageusement pour le prix citron de l’année dans la LHJMQ avec une performance en dessous des attentes devant des foules de plus en plus petites. Mais de la façon cavalière dont l’entraîneur Patrice Bosch et le directeur général Marc Fortier ont appris leur congédiement, ça dépasse l’entendement.

Peu importe la raison que la direction évoquera pour justifier la fuite sur les réseaux sociaux, elle ne tiendra pas la route. Il faut que la source provienne de ceux qui ont pris la décision. Le coupable, peu importe qui, devrait se faire servir la même médecine. À moins qu’il se cache un ami trop bavard dans l’entourage de Yanick Jean.


 

Bravo aux Carabins !

Les amateurs de football universitaire doivent se réjouir de la victoire des Carabins de Montréal à la coupe Vanier. Après une saison presque sans bavure, ils méritaient de succéder au Rouge et Or et ils ont su garder le championnat au Québec.

Tout comme chez le R et O qui s’est montré bon joueur dans la défaite, les Carabins ont savouré leur victoire avec dignité après un match spectaculaire. À l’exception d’un joueur dont j’ignore le nom qui est devenu hystérique quand l’a caméra l’a capté après la partie. Il a laissé l’impression de narguer son rival québécois. Blâmons un trop plein d’enthousiasme.

 

 

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