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Austérité

Les contribuables subiront-ils encore plus d'austérité?

L’effort du secteur privé représente 12 % des compressions.
Photo d'archives / Agence QMI L’effort du secteur privé représente 12 % des compressions.

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Le gouvernement libéral soutient que les mesures d’austérité mises en place pour éliminer le déficit touchent davantage l’appareil de l’État que les contribuables. Le premier ministre Couillard a avancé mercredi que les particuliers assumeront seulement 8 % des compressions.

Au total, les libéraux doivent sabrer près de 7,3 milliards $ pour atteindre le déficit zéro en 2015-2016. Il reste 1,2 milliard $ de compressions à effectuer puisque les réductions se chiffrent déjà à 6,1 milliards $. En argent sonnant, la part des contribuables atteint 493 millions $, et ce, en incluant toutes les mesures annoncées depuis le budget de juin, c'est-à-dire 8 % du 6,1 milliards $.

Québec a annoncé, mardi, que 262 millions $ seront récupérés en modifiant la fiscalité québécoise, notamment en abaissant le crédit d’impôt pour cotisation à une organisation syndicale ou professionnelle. L’État va aussi amasser 193 millions $ auprès des parents les mieux nantis, en haussant les frais de garderies subventionnées.

Les mesures touchant le gouvernement, les réseaux de la santé et de l’éducation, les commissions scolaires et les municipalités représentent 80 % des compressions. Parmi ces mesures, rappelons que Québec a amputé le budget des commissions scolaires de 150 millions $, lors du dépôt de son budget en juin dernier.

Plus récemment, le gouvernement a annoncé une réforme de l’organisation du réseau de la santé, pour épargner 55 millions $ par année, en plus de réduire les transferts annuels aux municipalités de 300 millions $.

Enfin, l’effort du secteur privé représente 12 % des compressions.

La révision des dépenses fiscales de l’État a entre autres permis d’aller puiser 338 millions $ dans les coffres des sociétés, les financières particulièrement.

À la Ligue des contribuables du Québec, la directrice générale salue le ménage que le gouvernement libéral a fait dans les dépenses de l’État.

«Avant, les gouvernements ne faisaient jamais d’efforts du côté des dépenses», a exprimé Claire Joly.

Elle n’est cependant pas convaincue que la part des contribuables représentera seulement 8 % des compressions, au terme du processus.

Les municipalités, les commissions scolaires et les entreprises privées, qui subissent d’importantes ponctions, pourraient refiler une partie de leur facture aux payeurs de taxes et à leurs clients.

«Quand le gouvernement coupe les revenus d’entités qu’il ne contrôle pas, à qui il n’impose pas de coupures, il est certain que des coûts peuvent indirectement être imposés aux contribuables ou aux clients de ces entités», a exprimé Luc Lacombe, fiscaliste associé chez Raymond Chabot Grant Thornton.

M. Lacombe a aussi souligné que les entreprises privées, comme les institutions financières, ont des niveaux de rentabilité et des marges de profits à remplir.

«Ultimement, le consommateur risque d’en faire les frais même si on ne peut pas toujours établir un lien direct», a-t-il dit.

La Ligue des contribuables espère que les conséquences seront limitées. «On souhaite que le fardeau fiscal du contribuable augmente le moins possible, car il est déjà accablé. Une ponction supplémentaire pourrait être néfaste pour l’économie», a conclu Claire Joly.

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