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Jean Béliveau

Une perte énorme pour la planète hockey

Jean Béliveau
Photo Chantal Poirier, Le Journal de Montréal

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Un être exceptionnel, une icône, un ambassadeur remarquable et l’ami de tous, les qualificatifs se multiplient pour décrire Jean Béliveau dont le décès fera boule de neige au Québec, au Canada, aux États-Unis, bref, sur la planète hockey.

Compte tenu de ses nombreux problèmes de santé dans les dernières années, dont le premier fut une tumeur maligne à la gorge, en 2000, suivi notamment de deux accidents vasculaires cérébraux, le moment de son départ était redouté par les Québécois qui admirent ceux qui ont réussi leurs vies et leurs carrières.

Dans la glorieuse histoire du Canadien, M. Béliveau apparaît comme son plus grand capitaine malgré les noms prestigieux qui ont porté le C. Cet honneur découle de son leadership sur la glace et dans le vestiaire, mais également de toutes ces années à titre de vice-président et d’ambassadeur du Tricolore.

Son rayonnement se voulait tellement étendu dans toutes les sphères de la société que le gouvernement de Jean Chrétien lui a proposé la fonction de gouverneur général du Canada, en 1994. Celui de sénateur est revenu souvent dans les discussions.

L’amour et l’affection des amateurs lui ont permis de vivre la rivalité entre les Nordiques et le Canadien sans se barrer les pieds dans les fleurs du tapis.

Il n’a jamais été conspué, recevant au contraire des ovations monstres, lors de chacune de ses présentations au Colisée.

Depuis ses années dorées à Québec chez les Citadelles et les As, M. Béliveau se révélait l’idole de presque tous. Dès qu’il arrivait dans la capitale, il rentrait à la maison comme il se plaisait à répéter.

On se disait parfois que seule une intervention de sa part aurait pu mettre un terme à la foire disgracieuse du Vendredi saint, le 20 avril 1984.

Près des gens

M. Béliveau a toujours entretenu une relation chaleureuse avec les fans. Il prenait le temps de leur parler. Comme il a gardé son adresse dans le bottin téléphonique des 51 années où il a habité sa maison à Longueuil, il a reçu beaucoup de lettres et non des courriels. Il les signait toujours lisiblement ainsi que son célèbre numéro 4.

À la défense des joueurs des années 2000, il n’avait pas à craindre de faire affaire avec des individus qui récoltaient son autographe sur un souvenir moyennant quelques dollars pour le revendre à des boutiques qui encaissaient le gros prix en concluant la transaction.

Agréables rencontres

Pour ma part, j’éprouvais toujours un plaisir particulier à le rencontrer. Toujours agréable de voir un homme de sa stature se souvenir avec qui il discute.

M. Béliveau demeurera le dernier joueur légendaire du Canadien que j’ai vu jouer dans mon enfance et mon adolescence. Je me voulais trop jeune pour conserver des souvenirs concrets des exploits de Maurice Richard.

À l’instar de milliers d’amateurs rivés au petit écran, je me souviens de son 500e but en carrière qui complétait un tour du chapeau. Les images restent claires dans ma tête, dont le chiffre 500 qui clignotait à l’écran. Le Canadien accueillait ce soir-là les North Stars du Minnesota.

Qui était le gardien en fonction? Plusieurs répondront Cesare Maniago, le numéro 1. Erreur! Le longiligne gardien avait cédé sa place au Québécois Gilles Gilbert, le 11 février 1971, une saison dans laquelle Gilbert a joué 17 parties, 23 de moins que Maniago. Lorne Worsley en a disputé 24 en tout.

L’émotion était à son comble au Forum et dans les maisons du Québec.

Un surnom dépassé

M. Béliveau a porté longtemps le surnom du Gros Bill. Va pour la première partie de sa carrière, mais, après quoi, je le trouvais irrespectueux. Le Grand Jean se voulait beaucoup plus représentatif de ce qu’il a été.

Un linceul noir devrait recouvrir son banc lors du prochain match au Centre Bell. Il sera exposé en chapelle ardente, les 7 et 8 décembre. Des funérailles nationales auront lieu. Elles se tiendront le 10 décembre en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde.

Le Journal de Québec offre ses condoléances à sa conjointe Élise Couture, sa fille Hélène et ses petites-filles Magalie et Mylène ainsi qu’à la famille et aux proches.

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