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Le médecin de famille

Le médecin de famille Un mal-aimé

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’attaque peut-être à la mauvaise cible quand il s’en prend aux médecins de famille.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’attaque peut-être à la mauvaise cible quand il s’en prend aux médecins de famille.

Avec son projet de loi 20, le ministre menace de couper le salaire des médecins de famille. Selon lui, près de 60 % d’entre eux travaillent en moyenne 117jours par an et ne suivent qu’en moyenne de 600 patients. C’est trop peu, croit le ministre Barrette.

Avec sa réforme, il souhaite améliorer la productivité du système de santé.

On peut se poser des questions sur ce projet.

L’accessibilité aux soins de santé passe par la porte d’entrée des médecins de famille.

En pratique, il manque quelques centaines de médecins de famille au Québec. Ceux qui pratiquent sont débordés par la clientèle qui devient de plus en plus lourde et travaillent dans un système mal organisé et défaillant à plusieurs niveaux.

Et la situation ne risque pas de s’améliorer à court terme à cause des coupes.

Informations non transmises

Un problème criant demeure la mauvaise transmission de l’information dans le système de santé.

Selon une étude du Commonwealth Fund, seulement 50 % des médecins de famille du Québec sont avertis régulièrement quand leur patient reçoit un congé de l’hôpital, alors que 97 % des omnipraticiens des Pays-Bas reçoivent rapidement cette information.

En ce qui a trait aux hospitalisations à l’urgence, ce n’est guère mieux, car seulement 34 % disent être informés.

De plus, 30 % des médecins de famille ont répondu au questionnaire en rapportant que les médecins spécialistes n’envoient pas souvent les rapports contenant des informations pertinentes au sujet des patients.

Enfin, en 2010, seulement 31,6 % des médecins québécois utilisaient des dossiers électroniques, le pire résultat au pays. Le ministre Barrette lui-même s’est plaint des sommes investies dans l’informatisation et du peu de résultats.

Ces chiffres ne sont pas encourageants pour les médecins de famille, car, comme on le constate, celui-ci manque d’outils importants pour qu’il soit plus efficace, sans parler de la difficulté d’obtenir les résultats d’examens de laboratoire, de radiologie, de même que le résumé de la consultation avec un médecin spécialiste.

Un mal aimé

La population sait-elle quel est le rôle du médecin de famille? Sait-elle qu’il est la personne pivot dans le système de santé? Sait-elle qu’il est le principal intervenant à la porte du système? Sait-elle qu’il est le responsable de l’organisation des soins? Enfin, sait-elle qu’il doit compétitionner avec les spécialistes pour la division de la tarte monétaire?

La fédération et les associations des médecins omnipraticiens doivent s’unir pour expliquer le rôle des médecins de famille, ce qu’ils font, comment ils peuvent aider la population et comment celle-ci peut les aider pour améliorer l’accès au système de santé.

Réforme

Cela dit, les médecins de famille doivent aussi se poser des questions.

Avec les problèmes d’accès aux soins de première ligne, ils doivent revoir la façon dont ils font leur travail afin d’améliorer leurs services à la population.

À l’avenir, le médecin de famille devra orchestrer une équipe de professionnels qui travaillera en complémentarité avec lui.

Selon le Dr François-Pierre Gladu, président de l’Association des jeunes médecins du Québec, «les médecins devront exercer leur leadership pour vaincre l’inertie et renverser la vapeur. Il faudra d’abord éveiller la conscience des médecins, ce qui n’est toujours pas fait. Il faudra aussi regagner la confiance et le soutien du public.»

Ce n’est que lorsque tous ces éléments seront réunis que le médecin de famille cessera d’être le mal-aimé du système de santé.

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