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Québec voit le gaz naturel dans sa soupe

Pierre Arcand, ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord.
Photo Simon Clark / Agence QMI Pierre Arcand, ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord.

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Le gaz naturel aura une place de choix dans la prochaine politique énergétique du Québec. Le gouvernement le voit comme source d'énergie «propre» pour les véhicules lourds et les industries.

Pierre Arcand, ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, a fait le point lundi sur l'adoption d'une politique énergétique, prévue à l'automne 2015. Il donnait le discours de clôture du Forum stratégique sur les ressources naturelles de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le ministre a souligné que 43 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec proviennent du transport et qu'il faut s'y attaquer.

«Nous voulons accentuer l'électrification des transports et convertir nos véhicules, a lancé M. Arcand. «Nous voulons utiliser moins de pétrole et utiliser des énergies moins polluantes comme le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié, en remplacement du mazout et du diesel.»

Les industries auront, elles aussi, accès à ce combustible jugé plus propre que le pétrole.

«Nous souhaitons amener du gaz naturel sur la Côte-Nord et dans le Nord québécois, parce que c'est une énergie importante pour des applications industrielles. [...] Il est clair qu'il nous faudra avoir du gaz naturel liquéfié. Lorsque l'on parle de deuxième transformation [NDLR: de métaux] sur la Côte-Nord, ça prend du gaz naturel.»

Québec compte ainsi donner suite au partenariat annoncé avec Gaz Métro à la fin de septembre. L'État a misé 50 millions $ pour devenir actionnaire d'une filiale qui triplera sa production à 9 milliards de mètres cubes.

Ajuster le tir

Une nouvelle politique énergétique serait par ailleurs rendue nécessaire par la révolution gazière et pétrolière américaine. Cela dit, le développement d'une filière du gaz et du pétrole de schiste au Québec n'est pas dans les cartons.

«Je serais surpris», a réagi Pierre Arcand. «Il n'y a pas eu de demande depuis quatre ans au ministère. Les entreprises comprennent qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale au moment où l'on se parle.»

Les énergies renouvelables seront aussi envisagées, comme l'a été la filière éolienne il y a quelques années.

«Le modèle économique est discutable», a admis le ministre, «mais pendant ce temps, l'énergie solaire, la biomasse et les biocarburants demeurent marginaux dans notre bilan énergétique. Pouvons-nous aller davantage dans cette direction?»