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Le gouvernement fédéral abolit un programme de surveillance intensive des délinquants

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Le gouvernement Harper abolit un programme de surveillance accrue destiné aux délinquants à risque de récidive plus élevé, a appris Le Journal.

Le Programme de surveillance intensive (PSI) du District Montréal métropolitain, qui assurait un suivi régulier aux détenus libérés aux deux tiers de leur peine par la Commission des libérations conditionnelles du Canada, prendra ainsi fin le 31 décembre prochain.

Dans une note de service interne datée du 16 septembre dernier, dont Le Journal a obtenu copie, le gestionnaire Claude Duguay confirme l’abolition du PSI en évoquant des raisons budgétaires.

«C’est avec émotion que je vous annonce aujourd’hui la fin du programme de surveillance intensive du DMM. Cette décision a été prise après mûre réflexion faisant suite aux nombreuses pressions budgétaires que nous subissons et qui demandent une révision complète de nos activités», écrit-il.

«Le PSI fut une belle idée, une belle initiative et un bel acquis pour DMM pendant toutes ces années. L’annonce de la fin du programme aujourd’hui ne vient nullement remettre en question le travail qui a été fait et la pertinence du programme pendant les longues années du PSI», poursuit-il.

Créé dans les années 1990, le PSI ciblait plus particulièrement les délinquants sexuels, ceux appartenant à une organisation criminelle ou les récidivistes dans des crimes contre la personne. Ces derniers pouvaient ou non se trouver dans une maison de transition lors de ce suivi.

Selon nos informations, environ six agents de libération conditionnelle assuraient chacun un suivi intensif auprès d’une dizaine de délinquants à la fois pour une période de six mois. Une fois ce délai terminé, les individus surveillés qui s’étaient conformés aux critères passaient sous un régime de surveillance standard.

Durant ces six mois, ils étaient entre autres soumis à des tests d’urine plus fréquents, recevaient des visites régulières d’un agent et devaient s’y rapporter plus souvent.

La note de service précise que le programme a cessé de prendre de nouveaux cas depuis le 31 octobre. Les cas en cours continueront d’être traités jusqu’à la fin du programme, soit le 31 décembre. On indique aussi que les postes seront abolis par attrition.

L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) déplore l’abolition de ce programme. «Les coupes conservatrices des dernières années feront en sortent que le programme de surveillance intensive sera aboli. Ce programme qui avait fait ses preuves depuis plus de 20 ans, permettait de surveiller les délinquants et d'assurer la sécurité de la population. Malheureusement, les conservateurs préfèrent gérer le risque de récidive des délinquants que de soutenir un programme éprouvé», affirme la vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC au Québec, Magali Picard.

Elle fait valoir que les maisons de transition sont déjà «pleines » et estime «qu’elles n'ont pas les ressources pour combler la perte du programme de surveillance intensive».