/news/politics
Navigation

Québec saborde les expos sciences, l'Agence Science-Presse et la revue Les Débrouillards

Les Débrouillards
Photo courtoisie. Les Débrouillards

Coup d'oeil sur cet article

La promotion de la science n’est plus une priorité du gouvernement Couillard, qui met officiellement la hache dans les expo-sciences, l’Agence Science-Presse et la revue Les Débrouillards.

Les expo-sciences, qui permettent à des milliers de jeunes élèves de participer à un concours scientifique au plan local, régional et national depuis 50 ans, ne seront plus financées par Québec. «Le gouvernement nous a dit que ça ne cadrait pas avec le développement de la relève scientifique», affirme en entrevue au Bureau parlementaire Roland Grand’Maison, directeur général du Conseil de développement du loisir scientifique.

«On va se battre pour que ça reste en vie, mais ça va être difficile», estime M. Grand’Maison. Du jour au lendemain, l’organisme perd 350 000 $, soit 40 % de son budget. D’autres activités sont aussi en péril. Le Club des débrouillards, qui «propose aux jeunes de 4 à 12 ans de s'initier concrètement à l'univers scientifique» en réalisant en classe les expériences de la célèbre revue, va aussi écoper.

Les Publications BLD, qui éditent trois magazines jeunesse, dont Les Débrouillards, encaissent également un dur coup en cette fin d’année avec l’annulation de leur subvention annuelle de 175 000 $. L’éditeur des Débrouillards, Félix Maltais, a affirmé en entrevue que 7 % des sources de revenus des Publications BLD, fondées il y a trois décennies, s’envolent du même coup. «C’est inacceptable et inattendu aussi, il n’y a rien qui a de bon sens dans cette décision-là», a-t-il lancé.

L’Agence Science-Presse acculée à la faillite

De son côté, l’Agence Science-Presse risque carrément de fermer ses portes. L’unique agence de presse scientifique au Canada et la seule du monde francophone a été avisée hier qu’elle perdait l’ensemble des subventions accordées par le gouvernement du Québec (120 000 $) à partir de l’an prochain. Près de 70 % de son budget dépend de ces subsides.

«Je ne sais pas ce qu’on va faire», affirme la directrice générale de l’organisme, Josée Nadia Drouin. «Ça fait 36 ans qu’on existe et qu’on a toujours été subventionné.» La survie de l’agence est-elle en jeu? «Oui», laisse-t-elle tomber.

Mme Drouin a appris hier la mauvaise nouvelle. Le sous-ministre à l’Économie a fait savoir à l’Agence Science-Presse que «la promotion de la science ne fait plus partie des priorités du gouvernement», selon cette dernière.

Les partis d’oppositions ont dénoncé «ces économies de bout de chandelle» qui se font sur le dos des jeunes et de la culture scientifique. Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet du ministre de l’Économie Jacques Daoust n’a pas répondu aux questions du Journal. De son côté, le ministre de l’Éducation Yves Bolduc n’a pas l’intention d’intervenir dans ce dossier.