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Des boxeurs de l’Est affamés

Dmitry Sukhotsky
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc Dmitry Sukhotsky (au centre) et son équipe ont rencontré les médias de Québec, hier.

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Après des années où des athlètes du Québec ont animé la boxe locale, après l’ère des Roumains, voici l’invasion des boxeurs russes et des pays de l’Est.

Lors du gala de boxe de GYM, vendredi, la finale opposera l’aspirant russe Dmitry Sukhotsky au champion Adonis Stevenson, détenteur de la ceinture mondiale des mi-lourds de la WBC.

Juste avant que ShowTime n’allume ses caméras, le Russe Artur Beterbiev, un protégé de GYM, se frottera à l’Américain Jeff Page. En lever de rideau, un autre Russe vivant à Montréal, Vislan Dalkhaev livrera son premier combat professionnel contre le Hongrois Csaba Toth.

Le promoteur Yvon Michel pige généreusement dans la filière des pugilistes venant des pays de l’ancien régime communiste. Il n’y a pas qu’au Québec où les Kamarades s’activent. Les promoteurs américains les emploient de plus en plus, déjà que l’Europe les avait découverts. Les frères Wladimir et Vitali Klitschko, des Ukrainiens se battant chez les lourds, ont exercé un effet d’entraînement.

«Ces athlètes apprennent dans une école de boxe très spartiate. Leurs racines sont profondes dans la boxe amateur, explique Michel. Leurs entraîneurs n’exercent pas ce métier à temps partiel comme bénévoles. Ce ne sont pas des parents qui s’occupent des jeunes dans un gymnase. Ce sont des spécialistes de l’entraînement physique et ils sont encadrés par un bon système de développement.»

Sergey Kovalev, Denis Lebediev, Grigory Drozd, Gennady Golovkin ont tous remporté des championnats mondiaux.

Changer leurs vies

Leurs noms ne sonnent pas familiers aux oreilles des amateurs. Lors des conférences de presse, la barrière des langues les empêche d’étaler leurs sentiments. Ces boxeurs baragouinent l’anglais. On oublie le français. Il risque peu de se produire des accrochages comme Bernard Hopkins et Jean Pascal en ont provoqué pour le grand bien ou la mauvaise réputation de la boxe, selon la conclusion qu’on en tire.

«Chose certaine, ils sont affamés lorsqu’ils débarquent en Amérique», affirme Bernard Barré, le recruteur de talent pour GYM depuis dix ans, un boulot qui l’a aussi tenu occupé chez InterBox avec sensiblement le même entourage.

«Mon principal argument lorsque je négocie avec des candidats de l’Est: je viens du Canada. Ce nom est magique. Ils vivent dans un environnement économique difficile. Nous leur offrons la possibilité de changer leurs vies, s’ils démontrent du sérieux. La marge de manœuvre s’avère mince pour plusieurs de ces boxeurs et ils sont prêts à mourir entre les câbles pour vivre dans un monde meilleur.»

Ces athlètes n’ignorent pas que des Roumains comme Dorin et Bute ont accumulé des fortunes, en fait des millions de dollars, en se battant pour des promoteurs du Québec. Dorin est à l’origine de la venue de ses compatriotes Adrian Diaconu, Bute et Jo Jo Dan (Ionut Dan Ion).

Le cas Beterbiev

Barré estime que Beterbiev en encouragera à marcher dans ses pas.

«Nous étions tellement heureux de le mettre sous contrat chez GYM. Il n’avait même pas à faire la transition entre la boxe olympique et les pros, car il a remporté des titres mondiaux chez les amateurs en se battant comme un professionnel. Marc Ramsay et moi l’avons découvert, en 2007, au championnat mondial, à Chicago. Je l’ai suivi à Pékin (2008) et Londres (2012).»

Les boxeurs de l’Est s’ajoutent à tous les étrangers qui font vivre ce sport aux États-Unis. Depuis plusieurs années, Manny Pacquiao se veut l’une des plus grandes vedettes chez nos voisins avec Floyd Mayweather. Michel prétend qu’une dizaine de champions mondiaux sur 65 proviennent d’ailleurs que des États-Unis.

La statistique du promoteur vérifiée, 15 titres mondiaux sur 75, dans 17 catégories, appartiennent à des Américains, mais des boxeurs portent plusieurs couronnes dont le roi Floyd Mayweather, WBA (2), WBC (2), Ring Magazine (2).

Bizier en demi-finale

Kevin Bizier et Jo Jo Dan se battront en demi-finale devant les caméras de ShowTime, ce qui ne devait pas être le cas initialement. «Le réseau voulait présenter le combat d’Andrew Dirrell contre Derek Edwards, explique Yvon Michel. Je leur ai envoyé la vidéo du premier combat entre ces deux-là et il a été décidé d’en faire la demi-finale. La bourse de chacun a considérablement augmenté.»

Stevenson s’en méfie

Même s’il affirme qu’il veut gagner par knock-out, Adonis Stevenson se méfie de Dmitry Sukhotsky. «Il n’a rien à perdre et, en plus, il se bat dans un championnat du monde, peut-être la chance de sa vie. Il en a été ainsi avec moi contre Chad Dawson. Je me battais à 168 livres et j’allais recevoir mon titre mondial des super moyens par la poste. J’ai préféré grimper chez les mi-lourds pour affronter Chad Dawson à 175 livres. Le risque a été payant. Sukhotsky ne se présente pas ici en touriste.»

Une autre chance

Mikhail Grigorenko profitera-t-il de la chance que les Sabres de Buffalo lui offrent? Il montrait un dossier offensif vendeur de 7 buts et 12 aides en 27 parties chez les Americans de Rochester. Il n’a pas tellement impressionné à ses autres essais chez les Sabres, mais il n’a que 20 ans.

Question comme ça

Si vous entendiez Geoff Molson, propriétaire du Canadien, dire que Québec aura son équipe dans la LNH, considéreriez-vous le dossier comme étant réglé? Une question comme ça, pour le temps des Fêtes.