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Islamisation en marche?

Participants hold German national flags during a demonstration called by anti-immigration group PEGIDA in Dresden
REUTERS

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Il y a quelques heures en Allemagne, 15 000 personnes marchaient dans la rue pour protester contre l'islamisation de l'Europe. Les massacres des fondamentalistes islamistes soutiennent ce genre de réactions.

Pourtant, les statistiques ne montrent pas vraiment d'islamisation de l'Allemagne. Le pays compte environ 5 % de musulmans. C'est moins qu'en France où vivent plus de 7 % de musulmans ou que l'Europe dans son ensemble, où la proportion de musulmans est de 7 %.

Plus curieusement encore, il existe plusieurs islams. Entre l'islam d'un Malien, d'un Tunisien, d'un Libanais, d'un Saoudien ou d'un Iranien, il existe des différences irréconciliables. Parler des musulmans dans leur ensemble est presque abusif.

Pourquoi l'islam est ressenti comme un problème

Mais le malaise ne vient pas tant de la religion des musulmans que de leur attitude devant la religion. Une étude du très sérieux Institut national d'études démographique lève le voile (si vous permettez le jeu de mot) sur ce que pourraient être certaines des causes de ce malaise.

En un mot, les musulmans sont beaucoup plus religieux que le reste de la population française. Cette religiosité persiste d'une génération à l'autre. Par exemple, 49 % de la population française se dit sans religion, 25 % se déclare «catholique culturel», l'équivalent de non-pratiquants. Seuls 9 % de la population catholique se déclare très religieuse. Or, 49 % des musulmans français se déclarent très religieux. Quatre pour cent se définissent comme des musulmans culturels. Environ 12 % des musulmans seulement abandonnent leur religion. Cette religiosité se transmet d'une génération à l'autre. C'est pourquoi, d'ici 2030, les musulmans devraient représenter environ 10 % de la population française.

La même logique se répète probablement dans les autres pays occidentaux. En d'autres termes, l'assimilation religieuse des musulmans est très lente.

Or, une forte religiosité qui place les autorités religieuses au-dessus des élus est incompatible avec une saine démocratie.

C'est là que le bât blesse. En ce sens, les musulmans très religieux ne sont pas différents des autres personnes très religieuses.

Des musulmans instrumentalisés

Par contre, les musulmans de divers islams sont utilisés par divers États pour soutenir leur politiques.

Il est assez facile de combattre les prétentions politiques des divers États qui manipulent les musulmans – encore que les politiques de certains pays face au Proche et au Moyen-Orient soient aussi parfois condamnables. Mais il est difficile de convaincre des gens que leurs croyances sont des superstitions destinées à les manipuler.

Dans nos sociétés, nous avons préféré garder le silence face aux agitations de ceux qui sont très religieux. Inutile en effet d'argumenter contre ceux qui prétendent parler au nom d'une divinité. Auparavant, le temps et l'éducation faisaient leur œuvre et les gens très religieux se faisaient marginaliser.

Malheureusement, cette époque semble révolue. Les fabuleux moyens de communication modernes permettent aux gens très religieux de former des communautés, ou pire, d'être manipulés par divers États. Ce problème est relativement nouveau.

Retour à Voltaire

D'une certaine manière, nous sommes replongés à l'époque de Voltaire, alors que les philosophes s'attelaient à la gigantesque tâche de désarçonner l'ordre aristocratique et religieux qui dominait les populations. D'une certaine manière, les migrations de musulmans dans les pays «chrétiens» incitent à reprendre ce combat, cette fois pour aider à renverser les idéologies obscurantistes musulmanes et les profiteurs musulmans qui tiennent leurs populations dans la pauvreté et dans l'ignorance.

Cette lutte ne peut pas se faire en soutenant les dirigeants de pays comme l'Iran ou l'Arabie saoudite. Ces dirigeants font partie du problème et non pas de la solution. C'est pour cette raison qu'il faudra bien un jour revenir à une alliance avec la Russie. Parce que la Russie, entre autres, possède du gaz et du pétrole. Parce qu'ainsi, les autres pays européens pourront briser leur dépendance à l'égard de pays totalitaires qui répandent leur idéologie religieuse empoisonnée.