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Un calendrier national à l’étude

Un homme d’affaires veut voir les meilleures formations s’affronter durant la saison

McMaster Marauders Running back Kasean Davis - Reynolds
Photo d'archives Le Rouge et Or et les Marauders de McMaster pourraient bien croiser le fer en d’autres occasions que des matchs présaison ou lors de finales si le projet de l’homme d’affaires David Dubé voit le jour.

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Un important homme d’affaires de la Saskatchewan caresse l’ambitieux projet de mettre sur pied un calendrier national regroupant les huit meilleures équipes de football universitaire du pays.

La première étape sera franchie jeudi à Toronto, lorsque David Dubé rencontrera 10 entraîneurs-chefs pour leur expliquer les grandes lignes de son projet, qui consiste en un calendrier où chacune des huit formations disputerait deux parties à l’extérieur de sa conférence. On retrouverait quatre équipes de l’Ontario ainsi que deux du Québec et de l’Ouest.

L’objectif est d’intéresser un réseau de télévision anglophone qui présenterait une partie chaque semaine. Président et directeur général du Groupe Concord, qui emploie 750 personnes dans différentes sphères d’activité, Dubé ramassera la facture de production télé si le projet voit le jour et les universités payeront les frais de transport et d’hébergement.

Les huit équipes continueront d’évoluer au sein de leur conférence respective. Le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal croiseront encore le fer à deux reprises et disputeront deux parties à l’extérieur de leur conférence, l’une à domicile et l’autre sur la route.

Les championnats de chaque conférence seront maintenus, tout comme la formule des demi-finales canadiennes.

Pas de nouvelle division

En plus de susciter un intérêt partout au pays, le calendrier national ne créerait pas deux divisions, ce qui permettrait d’évacuer une des craintes les plus importantes des plus petites universités et diminuerait les parties à sens unique en raison d’un horaire remodelé.

Ainsi, les équipes 7 à 11 dans le classement ontarien s’affronteraient à deux reprises, alors que Laval et Montréal ne seraient plus sur les rangs pour les parties interconférences avec l’Atlantique. Un match entre le Québec et l’Atlantique pourrait aussi être télévisé.

Sans Maciocia

Les représentants de Laval, Western, McMaster, Guelph, Wilfrid Laurier, Carleton, Calgary, Saskatchewan, Manitoba et UBC seront présents à la rencontre qui se déroulera dans un hôtel du centre-ville.

Les Carabins ont aussi été contactés, mais l’entraîneur-chef Danny Maciocia est en vacances à l’extérieur du pays et ne pourra être présent. Les Bleus ne seront pas écartés pour autant.

Plusieurs entraîneurs ont pris connaissance du projet le 28 novembre, à l’occasion d’un déjeuner qui s’est déroulé à Montréal la veille de la Coupe Vanier.

Quant aux envoyés des équipes de UBC et de Carleton, qui ne seront pas parties prenantes du calendrier national au départ, ils seront sur place pour valider les mécanismes de promotion et de rétrogradation qui pourraient être mis en place.

Si tout se passe bien, Dubé souhaite rencontrer les directeurs des sports lors d’une prochaine réunion en janvier.


« Il faut s’assurer de rêver en équipe »

Les patrons du Rouge et Or de l’Université Laval ont hésité avant de donner le feu vert à l’entraîneur-chef Glen Constantin pour qu’il participe à une rencontre avec quelques-uns de ses collègues à Toronto.
 
« C’était important de s’assurer que le Sport interuniversitaire canadien (SIC) soit au courant de la démarche et soit présent à la rencontre, a expliqué le directeur du Service des activités sportives (SAS), Christian Gagnon. On veut éviter “l’effet pop-corn” et que des projets surgissent un peu partout. Des décideurs seront présents. »
 
« On ne peut pas être contre la vertu, mais il faut s’assurer de rêver en équipe, a poursuivi Gagnon. C’est intéressant qu’un individu souhaite améliorer le réseau, mais on doit suivre un processus. On parle de tenir une journée consacrée entièrement au football en juin, à l’occasion de notre assemblée générale. »
 
Bien faire les choses
 
Gagnon ne veut pas brusquer les choses. « On veut tous améliorer la situation, mais notre produit n’est pas si catastrophique. On doit prendre le temps de bien faire les choses. Ce sont les directeurs des sports et les directions qui vont prendre les décisions et non les entraîneurs. »
 
« On ne doit pas penser seulement à huit équipes, mais aux 27 équipes de football du pays, a ajouté l’ancien patron du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. C’est certain que, comme directeurs, nous avons une pensée plus macroéconomique que les entraîneurs et les partisans. Ce sont les directions qui vont déterminer la marche à suivre. On doit prendre le temps et évaluer les coûts associés à un tel projet. »
 
Quant au contrat de télévision national, Gagnon prévient que la réalité du Québec est différente de celles de l’Ontario et de l’Ouest.
 
« On n’a pas signé de contrat pour la prochaine saison, mais ce pacte devra être respecté dans l’éventualité où il y aurait un match de la semaine. Entre nos six équipes, on doit déterminer ce que l’on veut. On recherche l’équité ou le meilleur produit chaque semaine? Quand nous aurons pris notre décision, nous amorcerons les négociations avec les réseaux. »