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Un jeu d’échec complexe

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Rarement un boxeur discute de ses combats qui pourraient suivre celui pour lequel il se prépare. Champion du monde des mi-lourds de la WBC et de Ring Magazine, Adonis Stevenson a dérogé à cette règle en jasant autant, sinon davantage de Jean Pascal que de Dmitry Sukhotsky qu’il affronte, ce soir, au Colisée.

Beau parleur, habile à composer la petite phrase assassine qui se propage à la vitesse du virus de la grippe sur Twitter, ce fin renard semblait chercher à jouer dans la tête de Stevenson. Pourtant, il n’a pas intérêt à ce qu’il échappe la victoire contre un inconnu venu de la Russie.

Pas plus que Pascal ne pouvait perdre ou se faire disqualifier contre l’Argentin Roberto Bolonti. Il a frôlé le désastre contre ce tricheur et sûrement donné des sueurs froides au promoteur Yvon Michel.

Stevenson a tout intérêt au moment présent à ce que Sergey Kovalev triomphe le 14 mars. L’unification des titres procurerait aux deux pugilistes une bourse qu’on consent à l’élite car Kovalev porte la couronne des mi-lourds de la WBF, WBO et de l’IBF.

Après quoi, le vainqueur deviendrait l’homme à abattre chez les mi-lourds avec ses quatre ceintures.

Curieusement, Kovalev, malgré trois championnats du monde, se trouve théoriquement impliqué dans un combat éliminatoire visant à déterminer celui qui se battra contre le détenteur d’une seule couronne.

De bonnes réputations

Stevenson qualifie la situation d’amusante. «Ça me fait drôle, disait-il, après la pesée. Si je négocie avec un autre champion, il est normal que nous parlions de parts égales ($$). Mais si je discute avec l’aspirant numéro un, qui ne possède pas de ceinture, un tout nu en somme, qu’il ne vienne pas me parler de 50-50.»

À qui fait-il allusion? «Ce gars là, c’est Pascal. Qu’il passe son test contre Kovalev et on verra bien après quoi. Quant à moi, je pense que Kovalev va le battre par K.-O. Il n’y en a pas un que je veux plus affronter plus que l’autre.»

Dans les faits cependant, à ce jeu d’échec complexe, Stevenson retirerait davantage d’un combat contre Kovalev que Pascal. Le duel déborderait des cadres du Québec.

Le Russe s’est rapidement taillé une place enviable aux États-Unis. Il a enlevé les championnats de la WBA et de l’IBF au vieillissant Bernard Hopkins et celui de la WBO à Nathan Cleverly. Celui-ci a défendu sa ceinture à cinq reprises après l’avoir remportée contre Nadjab Mohammedi.

La réputation de Stevenson n’a que peu à envier à celle de Kovalev. Outre sa couronne de la WBC, il a été désigné le boxeur par excellence en 2013 par le magazine Ring, Sports Illustrated et ESPN. Les réseaux de télé spécialisés en boxe adorent diffuser les combats de ce puissant cogneur.

Un affrontement historique

Si Pascal, le négligé en mars, renverse les prédictions, il détiendrait alors trois ceintures. Facile de comprendre qu’il se déclarera dans le siège du conducteur et qu’il le fera vite comprendre à Stevenson. Pascal exigera plus qu’un partage de 50-50. Il voudra la grosse part de la bourse.

Mais outre l’aspect financier, un combat entre Pascal et Stevenson pour l’unification de quatre championnats du monde marquerait à jamais l’histoire de la boxe au Québec et au Canada. «Ça deviendrait un très gros événement à l’échelle internationale même si Kovalev n’est pas un deux de pique, admet Stevenson. Je sais toutefois que je pourrais battre ce Russe. J’ai trouvé la clé.»

Pendant qu’il répondait aux questions des médias, Pascal lui a souhaité bonne chance sur Twitter en ajoutant qu’il se voulait le troisième meilleur boxeur de la soirée après Artur Beterbiev et Andre Dirrell. «Pascal dit n’importe quoi. Qu’il se concentre sur Kovalev», a lâché Stevenson. Comme Stevenson devra le faire face à Sukhotsky en fin de soirée.


Un nouveau marché

Le nouvel amphithéâtre de Québec fait saliver Yvon Michel. Qui sait si le combat entre Adonis Stevenson et Sergey Kovalev ou Jean Pascal ne pourrait pas s’y tenir à la fin septembre 2015. «Québec nous offre un nouveau marché sans que nous ayons à déménager, explique Michel. À Montréal, il est difficile de réserver un samedi à cause des parties du Canadien. Si les Nordiques reviennent, nous pourrions récupérer les samedis libres dans les deux édifices. Au début, le nouvel édifice va connaître un achalandage supérieur à la moyenne.»

Perdant contre Froch

Andre Dirrell (23-1-0, 16 K.-O.), qui affrontera Derek Edwards (27-3-1, 14 K.-O.), a encaissé sa seule défaite contre Carl Froch, le 17 octobre 2009. Il a perdu une décision partagée (12 rounds) dans un combat pour le titre mondial de la WBC des super moyens. Le combat a eu lieu à Nottingham, ville natale de Froch. Dirrell figure sur la liste des adversaires potentiels de David Lemieux.

De solides cogneurs

En Jeff Page (15-0-0, 10 K.-O.), Artur Beterbiev (6-0-0, 6 K.-O.) affrontera un boxeur qui a mis huit de ses adversaires knock-out au premier round. Beterbiev a ainsi gagné ses six bagarres... À lire les forums de discussion sur la boxe, les pugilistes québécois sont tous pourris et il faudrait qu’ils se battent constamment contre les meilleurs au monde.