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Battue pendant 5 heures pour avoir parlé à un garçon sur internet

Filles battue à Drummundville
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier Une jeune fille de la Rive-Sud a été sévèrement violentée par son père parce qu’elle dialoguait avec d’autres jeunes sur les réseaux sociaux.

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Un père d’origine musulmane de la Rive-Sud de Montréal est accusé d’avoir battu sa fille pendant cinq heures parce qu’elle aurait parlé avec un garçon via MSN.

Un père d’origine musulmane de la Rive-Sud de Montréal est accusé d’avoir battu sa fille pendant cinq heures parce qu’elle aurait parlé avec un garçon via MSN.

Dans son témoignage lors du procès tenu à Saint-Hyacinthe, jeudi, la présumée victime affirme que son père lui aurait dit: «Tu es juste une hostie de chienne, tu parles à un gars. Je te renie, tu n’es plus ma fille.»

Elle se serait réfugiée dans sa chambre où il l’aurait suivie en continuant à la rouer de coups. «Il me prenait par les cheveux et me donnait des coups sur la colonne», a-t-elle affirmé.

Il aurait ajouté: «Je vais te montrer comment un Arabe éduque ses enfants», avant de continuer de la battre pendant plusieurs heures.

Une ordonnance de non publication empêche d’identifier l’accusé afin de protéger l’identité de la victime, qui avait 16 ans au moment des faits.

Fermer sa web cam

Les événements reprochés remontent au 29 août 2011. La présumée victime s’appliquait du vernis à ongles dans la salle de bain en discutant avec des amis par l’entremise d’une «web cam».

Musulman pratiquant, son père refusait qu’elle ait un amoureux et qu’elle parle à des garçons, a-t-elle indiqué au procès. Or, pendant qu’elle discutait avec un ami, son père est arrivé à la maison. Elle affirme avoir oublié d’éteindre la caméra comme c’était son habitude avant qu’il n’entre. Il a vu qu’elle parlait à un garçon, ce qui l’aurait enragé.

Après l’avoir questionnée, il lui aurait lancé une trousse de beauté au visage, pour ensuite lui asséner des coups de pied et des coups de poing.

Après être allée dans sa chambre, où son père aurait continué de la battre, elle se serait réfugiée au garage pour fuir et alerter des voisins, mais il l’aurait suivie. En lui crachant au visage et en la maintenant au sol, il lui aurait dit: «Pourquoi tu veux t’enfuir? Espèce de chienne.»

Voyant qu’elle ne pourrait pas se sauver, elle serait retournée dans sa chambre. Elle se souvient d’avoir reçu de l’eau au visage, mais ne se rappelle plus ce qui s’est passé avant. Elle croit être tombée sans connaissance.

L’accusé aurait ensuite appelé la mère de la présumée victime et lui aurait dit: «Viens chercher ta fille. Si tu ne viens pas, je vais la tuer.»

Croyant à une simple chicane, la mère ne s’est pas libérée. L’homme a donc amené la jeune fille à son commerce, afin que sa mère vienne la chercher plus tard. Une fois sur place, un autre épisode de violence a suivi. Il lui aurait frappé la mâchoire et le ventre avec ses poings.

Ecchymoses

Sa mère est finalement venue la chercher. L’adolescente a tenté de lui parler, mais sa mère aurait proposé de le faire à la maison. Lorsque sa mère lui a demandé de sortir les poubelles, elle a décidé de s’enfuir.

Elle a arrêté une voiture qui passait pour se faire déposer près de la résidence d’une amie. Une fois sur place, il y a eu un signalement à la DPJ. La mère de son amie a aussi photographié ses ecchymoses. C’est une des dernières fois que la présumée victime, qui témoignait par vidéo, a vu son père.

Le procès reprendra le 27 janvier.


Ce que la présumée victime a dit:

► «Avec mon père, ce n’était pas l’amour fou, je qualifierais la relation de superficielle.»

► «Quand mon père était fâché, ça paraissait parce qu’on aurait dit que ses yeux lui sortaient de la tête.»

► «C’est la seule fois que mon père m’a touchée.»

► «Dans le garage, il me bouchait la bouche pour ne pas que je crie et il m’a craché au visage.»

► «Quand mon père était fâché, on avait intérêt à ne pas répliquer.»

► «À un moment, il a pris tous les téléphones de la maison et mon ordinateur portable pour que je ne puisse plus aller sur internet.»