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L’Île-à-Vache future destination internationale

L’Île-à-Vache future destination internationale
Photo courtoisie, Paul Simier

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L’ÎLE-À-VACHE (Haïti) | Le secret sur cette île paradisiaque (du moins pour les touristes) était bien gardé jusqu’à ce que le gouvernement sortant du président Michel Martelly fasse part de son projet d’en faire une nouvelle destination balnéaire internationale.

S’il n’en tient qu’au président haïtien en exercice, L’Île-à-Vache pourra accueillir dans les années à venir des milliers de touristes étrangers, grâce à de nouveaux hôtels-boutiques­­ d’une capacité totale de 1 000 chambres et à 2500 villas.

Contestation

Mais les 14 000 habitants de L’Île-à-Vache, qui survivent grâce à la pêche côtière et à une agriculture traditionnelle, craignent que ce vaste projet ne vienne bouleverser leur mode de vie en accentuant encore les inégalités, tout en causant l’expropriation de plusieurs familles.

Les jeunes, en grand nombre sur l’île, souhaiteraient évidemment trouver ainsi un emploi qui leur éviterait de s’exiler sur la grande île.

«Les travaux en cours détruisent des parcelles cultivées et des cocotiers dont des familles tirent­­ leur subsistance. Et aucune indemnisation n’est venue de l’État», dit un jeune.

«Je ne suis pas contre le développement, mais cela doit respecter la population de l’île», affirme Sœur Flora, une religieuse québécoise présente sur L’Île-à-Vache depuis des décennies.

Pour pouvoir se faire entendre, les Lilavachois ont manifesté à plusieurs reprises. L’un de leurs leaders a été emprisonné. La ministre du Tourisme s’est déplacée pour faire valoir ses arguments. Mais les habitants de L’Île-à-Vache ne sont pas rassurés.

Les travaux d’aménagement de la piste d’atterrissage d’une longueur de 2,6 km, pouvant donc accueillir des avions de type A-320, B-737, A-310 et A-330, par exemple, sont en cours.

On trace également une route d’une longueur de 15 km qui permettra de se rendre de l’aéroport jusqu’à l’extrémité occidentale de l’île. Les travaux de dragage du port de Madame-Bernard­­ sont en cours, pendant que l’on aménage à proximité une zone de stationnement.

Avec ses 15 km de long et 3 km de large tout au plus, L’Île-à-Vache abrite plusieurs écosystèmes: une vingtaine de plages de sable immaculé, des collines et des vallées à la végétation luxuriante, et plusieurs mangroves et plans d’eau où se reproduisent les poissons et où nichent les oiseaux.

Sur l’île, les lieux-dits racontent à eux seuls des bribes d’une histoire mouvementée. Cela commence par le nom même de cette petite île située à 40 minutes de bateau au large du port des Cayes, dont on imagine une occupation ancienne par des boucaniers chassant les vaches abandonnées à la suite d’une colonisation.

Et puis, il y a Port-Morgan qui fait référence à Henry Morgan, le célèbre pirate qui, au XVIIe siècle, en fit une de ses bases. Kay Kok évoque le nom d’un esclave libéré des États-Unis faisant partie d’un contingent de 400 Noirs qu’on avait, au XIXe siècle, tenté de déplacer sur l’île. Madame-Bernard, le chef-lieu de L’Île-à-Vache, renvoie au prénom de l’une des femmes du dénommé Kok, qui avait quitté son mari pour s’établir au centre de l’île.

Petits hôtels et chambres d’hôtes

Deux établissements hôteliers, à une demi-heure de marche l’un de l’autre, sont situés dans la partie occidentale de l’île.

Le plus ancien, l’hôtel Port Morgan, a été fondé par Didier, un Français parti jadis en congé sabbatique à bord de son voilier. Un quart de siècle plus tard, l’établissement, qui emploie de 30 à 40 personnes selon la saison, est en train de se doter d’un nouveau pavillon avec condos. L’hôtel Port Morgan, avec sa petite plage, sa piscine et son spa, s’inscrit dans l’écotourisme. Avec la construction en cours, l’établissement comptera bientôt 28 chambres.

L’autre hôtel, situé sur l’anse Dufour, a pour nom Abaka Bay Resort. L’établissement, adossé à une vaste mangrove, borde une belle plage de sable fin. Outre trois très confortables villas accrochées à la pointe rocheuse, l’hôtel se compose d’une série de bungalows alignés sous les cocotiers, pour un total d’une trentaine de chambres. On vient ici avant tout pour le farniente et les plaisirs de la plage.

Les deux hôtels possèdent leurs propres embarcations pour assurer le transport de leurs hôtes depuis le port des Cayes, et également pour effectuer des excursions vers les îlets.

À Kay Kok, donnant sur l’anse de Port Morgan­­, il existe par ailleurs des chambres d’hôtes appelées Chic Cocotier Guesthouse.


REPÈRES

  • On se rend à L’Île-à-Vache au départ de Port-au-Prince par une (bonne) route (environ 3 h 30) jusqu’au port des Cayes. Le transfert par bateau est assuré­­ par l’hôtel choisi.
  • L’hôtel Port Morgan inclut le prix du bateau dans ses prix. De 218 $ à 290 $ US (plus taxe de 10 %) par personne pour 2 nuits, incluant 3 repas par jour. Demi-pension disponible. Info: www.port-morgan.com
  • L’Abaka Bay Resort propose des chambres dont les prix incluant 3 repas par jour varient de 110 $ à 200 $ US (plus taxe de 10 %) par personne et par nuit en occupation double. Info: www.abakabay.com
  • Port-au-Prince, la côte des Arcadins­­ et la région du Nord, avec Cap-Haïtien, figurent d’ores et déjà dans les forfaits proposés par Vacances Transat.
  • Air Transat assure en cette période deux vols, le lundi et le mercredi, au départ de Montréal vers Port-au-Prince.
  • Les passagers d’Air Transat peuvent enregistrer gratuitement deux bagages d’un total de 50 kg.
  • Séjours offerts dans toutes les agences de voyages.
  • Info: www.haititourisme.gouv.ht