/entertainment/movies
Navigation

Un jeu dangereux

Mark Wahlberg
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

TORONTO | Le flambeur est un film bien ficelé qui porte sur la dépendance au jeu et la rédemption d’un homme.

La prestation de Mark Wahlberg dans le rôle-titre est à la fois troublante et réussie. Il incarne un romancier qui donne des ateliers d’écriture à l’Université de Los Angeles. Le soir, il se transforme en joueur compulsif, pariant au blackjack, à la roulette et autres jeux de hasard, de sorte qu’il contracte rapidement une dette de jeu qui donne le vertige.

Il emprunte donc de l’argent à des gangs du crime organisé, un groupe de Coréens, un autre mené par John Goodman et une clique d’Afro-Américains dirigée par Michael K. Williams. Sa vie se transforme en enfer, il reçoit des menaces de mort pour défaut de paiement.

Goodman, ici, est sauvagement brillant et ressemble à Jabba the Hutt. Une tempête capable de couler n’importe quel navire.

Wahlberg, quant à lui, n’a pas l’habitude de jouer les intellectuels et encore moins les victimes. Pour cette raison, il n’a pas besoin d’être trop replié sur lui-même pour être convaincant dans la peau de son personnage solitaire. Sauf pour la scène à la Forrest Gump à la fin du long-métrage, qui vient un peu gâter la sauce.

Le flambeur, réalisé par le Britannique Rupert Wyatt (La montée de la planète des singes), est le remake du film de Karek Reisz tourné en 1974, qui mettait en vedette James Caan. Le récit, lui, était tiré de l’autobiographie de James Toback sur sa propre dépendance au jeu.

Mais le scénario de William Monahan (Agents troubles) entraîne l’histoire à un autre niveau. En surface, l’histoire reste la même, mais le dilemme de l’homme et sa conclusion sont très différents.

Autodestruction

Le hic, avec le personnage de Wahlberg, est qu’il n’est pas un joueur compulsif, bien qu’il joue compulsivement et que sa mère (Jessica Lange) et sa petite amie (Brie Larson) le croient malade.

Mais ce caractériel, parfois agressif, est en réalité engagé dans une spirale d’autodestruction. S’anéantir pour se rebâtir à neuf, se métamorphoser en quelqu’un dont il serait satisfait, pour faire changement.

C’est risqué de faire un film autour d’un personnage aussi antipathique. Mais Wyatt et Wahlberg ont relevé le défi en suscitant l’intérêt. La chute du personnage coïncide avec son parcours à travers Los Angeles. Dans les premières scènes, on voit Wahlberg dans un manoir surplombant l’océan Pacifique, puis on le suit vers l’Est, sur une pente descendante, jusqu’à ce qu’il aboutisse dans un trou souterrain, l’équivalent de l’enfer de Dante. La symbolique est claire: impossible d’aller au ciel sans passer par l’enfer.

  • Le flambeur (3.5/5)
Film de Rupert Wyatt 
Avec Mark Wahlberg, Jessica Lange, John Goodman et Brie Larson