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Qui veut être policier aujourd’hui ?

Bloc Police Surete SQ
Photo Archives / Agence QMI

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Petit dimanche presque tranquille en prenant le café. Faire sa revue de presse et tomber sur un autre incident où un flic est tué.

Mise à jour: Le chef de police de Flagstaff répond à notre collègue François Doré.

Ça s’est passé hier en Arizona. Il avait 24 ans et répondait à un appel de violence conjugale. Il a été abattu de plusieurs balles tirées par le conjoint violent. C’est presqu’un fait divers, après tout c’est le quatrième à être tué en service depuis 10 jours chez nos voisins du sud. Ça fait partie des risques du métier à ce qu’il parait.

Bien sûr que les statistiques nous diront que 115 policiers se sont fait tuer cette année aux États Unis d’Amérique. Et les mêmes données nous apprendront que 320 civils sont morts aux mains des forces de l’ordre en 2013 dans ce même pays. Ce sont les chiffres.

Revenons à Flagstaff hier après-midi si vous le voulez bien. Une femme fait appel à la police parce qu’elle a peur de son conjoint violent. Le policier arrive, tente de raisonner le suspect, et se fait abattre comme un chien. Tiens, j’ai déjà dis ça dimanche dernier.

Et là les commentaires fusent. « C’est un juste retour du balancier ». « Les citoyens sont écœurés ». « C’est le résultat des tensions raciales ». « La police devrait se comporter comme des agents de la paix ». Je vous demande pardon ?

J’ai même lu un commentaire où l’on faisait référence à la normalité des choses en disant qu’au Québec, c’est le même genre de climat qui règne à cause des décisions du gouvernement et des décisions du ministre Coiteux.

Ben voyons ! Il y a quelque illuminés dans la salle où quoi ? Vérifiez la date sur vos prescriptions et consultez au besoin. Quelques uns ont un sérieux besoin de reprendre contact avec la réalité autrement qu’en blâmant un flic d’avoir voulu faire son travail en répondant à un appel de violence conjugale.

Vous voulez quoi de vos policiers ? Qu’ils arrivent avec des fleurs à la main ? Que d’une voix douce ils demandent au suspect, à force de « s’il vous plait », de laisser tomber son arme ? De dire au gars qui est prêt à tuer d’être gentil avec son épouse et de s’en aller ensuite ? De se fermer les yeux quand c’est vous qui est impliqué mais d’appliquer la loi sans retenue quand c’est quelqu’un d’autre ?

En fait, la question est aussi de savoir si notre société en veut encore de ses policiers. Il y en a plus de 10 000 au Québec et abolir tous ces postes pour revenir à une justice populaire ferait économiser des millions de dollars, des milliards même. Je dis ça de même.

C’est facile de critiquer et commenter depuis le confort de son foyer et derrière l’anonymat de son clavier. Je le sais, c’est ce que je fais me direz-vous et vous aurez un peu raison. La différence est que de mon côté, j’ai porté l’uniforme pendant 33 ans. J’ai vu des cons, certains portant hélas l’uniforme, faires les pires conneries du monde. J’ai surtout été témoin du courage et de la détermination de la grande majorité de mes collègues au fil des années.

Alors qui a envie d’être flic de nos jours ? Qui aimerait être surveillé à tous les instants de sa journée de travail ? Qui a vraiment envie de poser un geste qui demande une réaction immédiate. De voir une arme pointée vers soi et prendre une fraction de seconde pour déterminer l’âge et l’intention du suspect tout en reconnaissant immédiatement l’enfance trouble de celui-ci ? Au même instant où il faut déterminer s’il s’agit d’une arme jouet où d’un vrai fusil. Et ce, tout en restant poli, gentil et en sauvant la vie de la femme qui, comme en Arizona hier après-midi, avait peur de mourir ?

Certains diront que je prends la part des policiers. Peut être, mais je ne le fais pas toujours cependant. J’ai cependant beaucoup plus de difficultés à prendre la part de ceux qui ont tués quatre hommes dont le seul crime était de porter l’uniforme à New York, en Floride et hier, à Flagstaff.