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Les défis des soins intensifs

Les familles éplorées font souvent face à des choix difficiles

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Photo Daniel Mallard «Les soins intensifs, c’est de la gestion de crise qui se fait en équipe. C’est essentiel», affirme le Dr François Leblanc, intensiviste à l’Hôtel-Dieu de Québec et à l’Enfant-Jésus, ici entouré de son équipe.

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«Docteur, dites-nous ce qu’on doit faire.» Spécialiste des soins intensifs, le Dr François Leblanc entend régulièrement cette phrase de familles éplorées qui doivent décider de la poursuite ou non des traitements pour leur proche entre la vie et la mort.

«Je peux donner une recommandation, mais la décision revient à la famille. Chaque situation est unique. Il faut prendre le temps d’écouter les gens et de répondre à leurs questionnements afin qu’ils puissent faire un choix éclairé», souligne le Dr Leblanc, intensiviste à l’Hôtel-Dieu de Québec et à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

La pratique en soins intensifs pose des défis constants. Elle est basée avant tout sur un travail d’équipe réglé au quart de tour. «À l’Hôtel-Dieu de Québec, on a les 14patients les plus malades de l’hôpital, avec des incertitudes sur leur devenir, sur ce qui s’en vient. Les soins intensifs, c’est une pratique de gestion de crise. On essaie de remettre les morceaux en place», illustre ce médecin spécialiste qui a remporté, cet automne, le prix d’excellence en enseignement des soins intensifs au Canada, décerné par l’Université de Western Ontario.

Familles dévastées

Chaque maillon de l’équipe de soins est important, insiste le Dr Leblanc. Au cours d’une journée type aux soins intensifs, il n’est pas rare d’avoir à composer au même moment avec deux, trois ou même quatre familles dévastées.

«Il faut gérer la situation médicale, tout en prenant le temps de s’asseoir avec les familles en crise», explique l’intensiviste, qui consacre aisément deux à trois heures par jour à rencontrer les proches de ses patients dont l’état est précaire.

Témoignage touchant

Le Dr Leblanc livre un témoignage touchant dans le tome 2 de l’ouvrage du Dr Philippe Furger 33histoires vraies racontées par des médecins. Alors qu’il était jeune médecin intensiviste, il a poursuivi, à la demande de la famille, les traitements chez une patiente de 89ans souffrant de détresse respiratoire liée à une pneumonie grave.

Après quelques jours, il a été décidé de la libérer du respirateur. Elle s’est éteinte peu après. «Nous avons tout simplement prolongé l’agonie, peut-être parce que ce n’était pas assez évident que la mort était devant la porte à cet instant. Lorsqu’on pratique la médecine, on espère que la somme des bons coups dépasse celle des mauvais», exprime le Dr Leblanc dans ce livre.


Mobilisation précoce

►À l’Hôtel-Dieu de Québec, des patients des soins intensifs, sous respirateur, font jusqu’à quatre kilomètres par jour de vélo stationnaire spécialement adapté.
►Le CHU de Québec a remporté, l’an dernier, un prix d’excellence de l’administration publique du Québec pour ce projet de mobilisation précoce.
►Ce projet a été implanté aux soins intensifs à l’Hôpital Saint-François-d’Assise. Il le sera par la suite à l’Enfant-Jésus.
►La mobilisation précoce, dont la marche dans le corridor, améliore la condition du patient et diminue la durée de séjour à l’hôpital.
►On évalue à environ 3000 $ les économies réalisées par patient, en plus des avantages pour les malades.