/news/health
Navigation

Léthicia, le bébé miracle qui s’est battu pour vivre

Les parents ont refusé l’interruption de grossesse

Jessy Girard tient dans ses bras sa petite Léthicia, née à 28 semaines de grossesse. La maman n’oublie pas que cinq semaines plus tôt, alors qu’elle commençait à perdre ses eaux, on lui avait proposé d’interrompre sa grossesse.
Photo Charlotte Paquet Jessy Girard tient dans ses bras sa petite Léthicia, née à 28 semaines de grossesse. La maman n’oublie pas que cinq semaines plus tôt, alors qu’elle commençait à perdre ses eaux, on lui avait proposé d’interrompre sa grossesse.

Coup d'oeil sur cet article

«Si j’avais décidé de l’abandonner, si j’avais accepté d’arrêter ma grossesse, comme on me le proposait, je m’en serais voulu toute ma vie. Nous, on a refusé et on s’est dit qu’on la prendrait comme elle arriverait.»

Jessy Girard tient ces propos avec le regard attendri dirigé sur sa petite Léthicia, 11 mois, pétante de vitalité et multipliant les sourires. Ces jours-ci, des souvenirs pénibles ressurgissent cependant dans la mémoire de la nouvelle citoyenne de Ragueneau, village situé près de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. Le 4 janvier 2014, elle et son conjoint, Michel Raymond, ont dû prendre la décision de leur vie. À 23 semaines de grossesse seulement, la future maman venait de commencer à perdre ses eaux. Le plus grand des dangers guettait alors le bébé si elle devait accoucher rapidement. À l’Hôpital d’Alma, ville où ils habitaient à l’époque, on leur disait qu’il n’était pas viable.

«J’ai pleuré, j’ai crié et j’ai prié. Je n’ai jamais vraiment prié dans ma vie, mais ce jour-là, je me suis excusée pour tout le mal que j’ai pu faire, pour toutes les fautes que j’ai commises. J’ai parlé à ma fille et je lui ai promis de me battre et que je la prendrais comme elle serait», raconte la jeune maman, qui a livré un message émouvant sur sa page Facebook en ce 4 janvier 2015.

Jessy se refusait à envisager qu’on «lui enlève son bébé», elle qui a eu une enfance très difficile et voulait plus que tout redonner à son enfant l’amour qu’elle n’avait pas eu. Les futurs parents, tous deux âgés de 25 ans aujourd’hui, ont choisi de faire confiance à la vie.

«Des fois j’y pense.... Elle s’est battue pour vivre et regardez-là comment elle est aujourd’hui», laisse tomber la jeune maman pour qui, Léthicia est et restera une véritable un miracle.

Néonatalogie

Rapidement transférée par ambulance de l’Hôpital d’Alma à l’unité de néonatalogie du Centre hospitalier de l’Université Laval, Jessy a été alitée pendant cinq semaines. Oui, elle perdait du liquide amniotique sur une base régulière, mais jamais la totalité et, fait important, ce liquide se régénère naturellement. «À un certain moment, il ne restait qu’une petite bulle d’eau, mais le bébé se développait quand même», explique-t-elle.

Cependant, à 28 semaines de grossesse, la situation s’est aggravée. Le bébé commençait à souffrir. Son cœur décélérait. Il fallait faire vite. Les médecins ont alors décidé de l’accoucher par césarienne.

Léthicia est venue au monde le 10 février. Elle pesait à peine deux livres et demie. Ses principaux problèmes de santé touchaient les poumons, dont la formation n’était pas complétée. Elle a été une journée et demie à respirer par elle-même, mais dû être ensuite branchée à des appareils. «Il y a des femmes qui accouchent à 28 semaines et dont les bébés ont de gros problèmes. Parfois, les enfants ne s’en sortent pas», rappelle Jessy, visiblement reconnaissance envers la vie.

La petite miraculée est demeurée à l’unité de néonatalogie jusqu’en avril. Sa maman, qui séjournait au Manoir Ronald McDonald’s, passait toutes ses journées à ses côtés. Le papa, lui, faisait le voyage d’Alma à Québec à toutes les fins de semaine, car il devait travailler. Sur semaine, il supportait sa conjointe, mais de loin.

En avril 2014, la petite famille a été enfin réunie à Alma, mais tout un appareillage était nécessaire pour le fonctionnement des poumons du bébé. En juillet, la petite Léthicia était libérée des machines qui l’aidaient à respirer. Aujourd’hui, elle demeure encore fragile un peu, car la cicatrisation de ses poumons n’est pas terminée, mais pour le reste, elle est en pleine santé.

La maman tient d’ailleurs à rendre hommage aux infirmières et aux médecins du CHUL. «Pour tous vos merveilleux soins, tout votre appui, votre écoute et votre amour, on vous remercie», conclut-elle d’ailleurs dans son message sur Facebook.