/misc
Navigation

« Les Européens sont plus habiles » – Kobe Bryant

SPO-BKO-BKN-WASHINGTON-WIZARDS-V-DALLAS-MAVERICKS
Photo AFP Dirk Nowitzki

Coup d'oeil sur cet article

Kobe Bryant ne mâche pas ses mots. Le joueur étoile des Lakers de Los Angeles estime que les joueurs de basket européens ont plus d’habiletés que les Nord-Américains et il dénonce le système AAU qui prévaut aux États-Unis.

Même s’il est né à Philadelphie en 1978, Bryant a appris les rudiments du basket en Italie et en France. Son père, Joe Bryant, y a joué à titre de professionnel jusqu’à sa retraite en 1991, après une carrière de huit saisons dans la NBA.

À son retour aux États-Unis, à l’âge de 13 ans, Kobe Bryant a poursuivi son développement à l’école secondaire Lower Merion, de Philadelphie. Il est donc à même de comparer les deux façons d’enseigner le basket aux jeunes et selon lui, le système européen réussit mieux que le modèle américain.

«Les joueurs européens sont plus habiles, affirme Bryant. On leur apprend très jeune à jouer au basket de la bonne façon. Je suis chanceux, j’ai appris à dribler et à lancer de ma main gauche et on a travaillé mon jeu de pied. On doit s’en inspirer et corriger notre façon de faire (aux États-Unis).»

Difficile de contredire celui qui a remporté cinq titres de la NBA avec les Lakers de Los Angeles et deux ­médailles d’or olympiques avec la ­formation américaine.

Effectivement, de plus en plus de joueurs européens tels que les frères Pau et Marc Gasol ainsi que Dirk ­Nowitzki sont des joueurs étoiles qui brillent dans le firmament de la NBA.

Sans compter l’incroyable succès ­obtenu au fil des ans par les Spurs de San Antonio, dont la formation est composée majoritairement de joueurs européens.

La faute au AAU ?

Kobe Bryant ne se gêne pas pour montrer du doigt le système AAU (Amateur Athletic Union), qui a la mainmise depuis plusieurs années sur le développement des joueurs de talent aux États-Unis.

«Le basketball AAU, c’est terrible, horrible même. C’est stupide, on n’enseigne pas les habiletés de base aux jeunes joueurs. On les utilise plutôt comme des vaches à lait pour faire de l’argent», accuse Bryant, qui fait partie d’un nombre grandissant de voix qui s’insurgent contre la AAU.

L’Amateur Athletic Union (AAU) est l’une des plus grandes organisations sportives sans but lucratif aux États-Unis. Elle a été fondée en 1888 et elle a le mandat de promouvoir le sport ­amateur.

Depuis environ 20 ans, des programmes de basketball AAU ont vu le jour à travers les États-Unis et ils attirent les meilleurs athlètes d’âge primaire et secondaire au sein de leurs équipes.

«Ça permet aux meilleurs joueurs américains de s’affronter entre eux et donc, de s’améliorer. Les tournois AAU permettent aussi aux joueurs de se faire voir par un grand nombre d’entraîneurs universitaires, ce qui augmente leur chance de décrocher une bourse d’études», d’expliquer ­Peter Yannopoulos, analyste de basket à RDS qui, à l’époque où il dirigeait l’équipe du Collège Champlain à Saint-Lambert, a participé à de nombreux tournois AAU aux États-Unis.

Et il n’y a pas que les athlètes américains qui en bénéficient. De nombreux joueurs québécois et canadiens ont pu faire le saut dans la NCAA grâce à leur participation à ces tournois.

Dans notre prochaine chronique, nous aborderons le côté plus sombre du système AAU avec Peter Yannopoulos.