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Les grandes chaînes hôtelières misent sur Haïti

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Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard

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PORT-AU-PRINCE - Best Western, Marriott, Hilton. Ces bannières réputées ont toutes décidé d’investir en Haïti, croyant au fort potentiel de développement touristique du pays qui partage la même île que la République Dominicaine. 

Les chiffres sont encourageants. Haïti a connu la deuxième plus grande augmentation des arrivées par avion, en 2013, parmi tous les pays des Caraïbes. 420 000 touristes au total, c’est 64% de plus qu’en 2010, année du séisme. Le nombre de croisiéristes est également en hausse : 644 000 en 2013, c’est 5,5% de plus que l’année précédente. 

Le tourisme est donc en forte progression. Mais Haïti fait encore figure de parent pauvre par rapport à sa voisine, qui accueille dix fois plus de voyageurs étrangers. 

Le gérant du Best Western Premier, qui a ouvert ses portes en avril 2013 à Pétionville - la «banlieue» riche de Port-au-Prince - reconnaît que sa clientèle est principalement composée de gens d’affaires et de travailleurs de la construction. Environ 80% provient des Etats-Unis. Les rares touristes qu’il accueille sont issus de la diaspora haïtienne. 

«C’est une destination business pour l’instant. Il y a très peu de touristes. Éventuellement, je pense qu’ils finiront par venir. Je crois que Haïti, finalement, va sortir de la misère», prédit Ronald Maidens, qui embauche une centaine d’employés. 

«Tout le monde pense que Haïti, c’est un pays du tiers-monde mais le pays est prêt, avec de la stabilité politique, à des opportunités pour le business, même pour un hôtel. Il n’y avait pas beaucoup d’hôtels à Port-au-Prince et c’est pour ça qu’on a construit le nôtre et ça va très bien jusqu’à maintenant.»

Son hôtel quatre étoiles flambant neuf de 7 étages,  qui compte 106 chambres avec une vue époustouflante (notamment sur le quartier Jalousie), offre à sa clientèle une piscine, un spa, une terrasse luxueuse et un restaurant qui ne souffre d’aucun complexe avec ses prix exorbitants. 10$ US pour une soupe dans le menu du soir. Tout un contraste dans un pays si pauvre. 

Constructions au centre-ville 

Si la plupart des hôtels de luxe voient le jour à Pétionville, d’autres osent s’installer au cœur de la capitale, dans des secteurs beaucoup plus pauvres. Dans quelques mois, le Marriott inaugurera 175 chambres dans le quartier Turgeau à Port-au-Prince. La chaîne Hilton investira 26 millions $ pour ouvrir un hôtel de 11 étages, près de l’aéroport, en 2016. 

«Alors ça va donner 400 chambres de plus, c’est beaucoup pour le territoire.   Mais je pense aussi qu’à la fin, c’est bon la compétition. Tout le monde va y gagner. La ministre du Tourisme travaille très dur pour trouver des clients et faire d’Haïti une destination touristique. Tous les hôtels en ont besoin», plaide le gérant du Best Western. 

Plusieurs hôtels haïtiens ont également été rénovés, comme le Kinam, alors que le Karibe, un hôtel réputé à Pétionville, a récemment inauguré une nouvelle annexe de 103 chambres.