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L’héritage de l’ex-ministre Serge Marcil

Son épouse, Christiane Pelchat, a recueilli des fonds et s’est investie dans la reconstruction d’un orphelinat

L’héritage de l’ex-ministre Serge Marcil
Photo courtoisie

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Plus de 40 orphelins, qui ont survécu miraculeusement à l’effondrement de leur immeuble en 2010, ont un nouveau toit, aujourd’hui. Leur maison porte le nom de Serge Marcil, l’ex-ministre qui a perdu la vie lors du séisme à l’hôtel Montana. 

Afin de faire «vivre sa mémoire», son épouse, Christiane Pelchat, a créé une fondation au nom de son défunt mari et a contribué à celle du Père Lionel Dehoux pour reconstruire un orphelinat dans les montagnes de Miragoâne. 

Jointe à Abidjan en Côte d’Ivoire, où elle travaille pour une ONG, l’ex-déléguée du Québec à Mexico a confié au Journal qu’elle s’est investie totalement dans ce projet qui lui a permis de faire son deuil. 

«L’orphelinat, avec tout le travail qu’on a fait avec Jeanne d’Arc Léger (qui préside la Fondation du Père Lionel Dehoux), ça m’a beaucoup aidé à faire mon deuil et ça m’aide encore parce que j’ai l’impression de construire quelque chose en son nom.» 

 

Christiane Pelchat, en compagnie de plusieurs orphelins en Haïti.
Photo courtoisie
Christiane Pelchat, en compagnie de plusieurs orphelins en Haïti.

«Je suis assez sereine»

«Dans le fond, je me sens utile et je sens que ça fait vivre sa mémoire et qu’on aide des enfants à s’en sortir. C’est sûr que ça ne ramène pas mon mari mais...disons que le temps a fait son œuvre. Je ne pensais jamais m’en remettre mais aujourd’hui, je suis assez sereine.» 

L’ex-ministre libéral avait été retrouvé sans vie dans les décombres du Montana, dix jours après la catastrophe. Il venait à peine de mettre les pieds en Haïti, pour réaliser un mandat de la firme d’ingénierie SM International, quand la tragédie s’est produite. 

Les orphelins de la Maison Serge Marcil, eux, ont eu beaucoup plus de chance. «Quand il y a eu le tremblement de terre, ils n’ont pas eu beaucoup de dégâts à l’orphelinat mais le Père Dehoux a décidé de faire dormir tout le monde dehors. Durant la nuit, les trois étages se sont effondrés. Ils ont campé pendant 8 mois dans les montagnes. Il peut faire froid la nuit. Ça descend à 6 ou 7 degrés Celsius donc c’était important qu’on reconstruise rapidement.»

«C’est le fun de voir des enfants heureux. Les filles, les plus vieilles, vont à l’école du village et elles sont parmi les bonnes élèves. 

Les enfants adoptés par la communauté religieuse du Père Dehoux ont, pour la plupart, été abandonnés sur le seuil de sa porte. «Il essaie de les instruire et d’en faire de bons citoyens et on essaie de leur payer des études. Il y en a une cette année qui a eu son bac et qui est devenue enseignante», raconte avec fierté Jeanne d’Arc Léger, âgée de 85 ans. 

L’ancien orphelinat d’Étang-Rey s’était
effondré dans la nuit du 12 au 13 janvier 2010.
Photo courtoisie
L’ancien orphelinat d’Étang-Rey s’était effondré dans la nuit du 12 au 13 janvier 2010.

Des députés québécois ont contribué 

Ses enfants - la députée Nicole Léger et le sondeur Jean-Marc Léger - ont également passé le chapeau pour contribuer à la reconstruction. De nombreux députés de l’Assemblée nationale et des hommes d’affaires ont fait des dons importants. 

«Ma famille contribue beaucoup. Ils ne veulent jamais que je me rende en Haïti mais ils m’aident toujours ! Ma fille Nicole fait une collecte de fonds auprès des autres députés à tous les ans. L’an dernier, elle m’a donné pas loin de 50 000$.»

Des progrès significatifs en Haïti 

Après avoir effectué 7 missions en Haïti, depuis 2003, Mme Léger dit avoir observé des changements importants dans le pays le plus pauvre des Caraïbes. 

«Les gens me disent des fois que ça n’avance pas en Haïti. Ce n’est pas vrai ! C’est plus propre, il y a plus d’arbres qui ont repoussé, plus de gens qui travaillent. Je ne vous dis pas que ce n’est pas encore sale, il y a des endroits où c’est toujours pareil mais il y a beaucoup d’améliorations.»

Christiane Pelchat abonde dans le même sens. Haïti va finir par s’en sortir. «Moi, je pense que oui. Je suis une éternelle optimiste. C’est certain que la démocratie et les institutions de l’État sont encore très fragiles... Ce n’est pas évident de s’en sortir. Mais je pense qu’ils ont les éléments pour ce faire.»

«Il y a des choses qui se font mais tant qu’il n’y aura pas un système d’éducation solide, étatique et universel, ça mine les capacités d’un pays à s’en sortir. Mais il faut avoir de l’espoir sinon on arrête tout.»