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Pourquoi Oprah Winfrey a accepté de jouer dans Selma

Selma 
Film
Photo Courtoisie

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NEW YORK | Oprah Winfrey, l’une des femmes les plus puissantes du milieu du divertissement, accepte rarement les rôles dans les films depuis qu’elle a décroché une nomination aux Oscars en 1986 pour sa prestation dans La couleur pourpre.

Mais près de 30 ans après que Steven Spielberg eut fait l’excellent choix de lui confier le rôle de Sofia dans ce long-métrage, Oprah a bien voulu se glisser dans la peau de la militante contre la ségrégation raciale Annie Lee Cooper. En peu de mots, mais avec beaucoup d’aplomb, Winfrey a pris part au tournage de Selma, une production que la femme d’affaires en elle a aussi tenu à financer.

«Pourquoi?» a-t-on demandé à Oprah. «Parce qu’Ava m’y a obligée!», a dit la reine des talk-shows en riant, jetant un regard moqueur à la réalisatrice du long-métrage, Ava DuVernay.

La véritable Annie

Annie Lee Cooper est devenue célèbre lorsqu’elle a tenu tête au shérif raciste de l’Alabama, Jim Clark, en lui décochant un coup dans la mâchoire. L’incident est survenu après que l’homme l’eut frappée à coups de matraque lors d’une manifestation en faveur du droit de vote accordé aux Afro-Américains de l’État de l’Alabama.

«Ava m’a envoyé un lien internet où l’on peut voir la véritable Annie Lee Cooper célébrer son 100e anniversaire en 2010, a raconté Oprah. À la fin de la vidéo, elle dit qu’elle écoute l’émission “Oprah” tous les jours à 16h en mangeant un sandwich au thon. Ava a dit: “ne penses-tu pas que ça représenterait beaucoup pour elle que ce soit toi – qu’elle écoute fidèlement tous les jours avec son sandwich au thon –, qui l’incarne à l’écran?” C’était fait!»

Cooper est décédée plus tard en 2010, mais elle savait que Winfrey avait été choisie pour l’interpréter. Avant Selma, Winfrey s’était dite lasse de jouer des femmes dans des films «qui finissent par frapper quelqu’un» dans l’histoire.

«Mais c’est réellement arrivé, et il y a une photographie célèbre d’elle clouée au sol à se faire maîtriser par deux shérifs adjoints. Alors j’ai dit oui pour Annie Lee Cooper et son sandwich au thon, qui écoute l’“Oprah show” tous les jours.»

«Plus important encore, j’ai accepté pour toutes les femmes et les hommes qui ont participé à cette marche pour l’obtention des droits civiques, qui sont revenus à la maison bredouilles, et qui ont renouvelé l’expérience l’année suivante, puis l’année suivante... Je voulais juste participer à cette marche pendant quelques minutes et rendre hommage à ces gens. C’est pourquoi j’ai dit oui.»

Un être humain

DuVernay, quant à elle, rend hommage à Martin Luther King Jr, mais pas au mythe ni à la légende. «Je ne voulais pas faire la biographie de King, a-t-elle dit en entrevue. Je ne voulais pas faire un film au sujet d’un homme qu’on réduirait à quatre mots: “I have a Dream” (“j’ai fait un rêve”).»

Entourée des acteurs du film, dont David Oyelowo qui pourrait bien décrocher une nomination aux Oscars pour avoir revêtu les traits de King, Duvernay a poursuivi: «personne dans l’équipe ne voulait faire un film au sujet d’une statue, d’un discours, ni d’un nom de rue ou toutes autres choses auxquelles on a réduit King de toute sorte de manières.» «Il était dynamique, charismatique et brillant. Il était aussi un homme de conviction parfois infidèle. Il était coupable. Il était déprimé. Il avait un ego. Il aimait rire. Il était un farceur. Il était un être humain!»