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Retrait progressif des Casques bleus

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Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard Le major François Dufault, au volant, et le major Alain Aube, à l'extérieur du véhicule, de la base militaire de Valcartier en patrouille dans les rues de Port-au-Prince.

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PORT-AU-PRINCE – Omniprésents en 2010 sur le terrain, les Casques bleus se font de plus en plus discrets en Haïti. Leur retrait graduel est programmé dès le mois de mars. 

Le Journal n’a aperçu que de rares convois durant une semaine complète, fin novembre. Leur rôle a changé au fil des ans. Ils représentent le troisième niveau d’intervention, après la police nationale haïtienne (PNH) et la police de l’ONU. 

«On est en dernier recours», illustre le Major Alain Aubé de Valcartier, un des sept militaires canadiens déployés en Haïti.  «À tous les jours, on fait des patrouilles, de la distribution d’aide humanitaire, de la distribution d’eau. Mais on n’a pas le mandat d’arrêter quelqu’un. Si on fait une opération, il faut absolument que la police soit là.» 

La MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la stabilité en Haïti) a été créée en 2004, dans la foulée de l’exil de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide. À l’heure actuelle, un peu plus de 5 000 soldats étrangers font partie de la composante militaire en Haïti, un pays qui, faut-il le rappeler, avait démantelé son armée en 1995. 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a annoncé son intention de retirer plus de 50% de l’effectif en mars. Le secrétaire général Ban Ki-Moon réévaluera la situation d’ici là. Une autre réduction d’effectif pourrait survenir après l’élection présidentielle de 2015. 

Responsables du choléra ? 

Écorchés dans l’opinion publique, les Casques bleus sont devenus persona non grata dans la République d’Haïti. Le contingent népalais a été pointé du doigt pour l’introduction du choléra. Plus de 700 000 personnes ont été infectées selon l’Organisation mondiale de la santé. L’épidémie, une première en 100 ans sur l’île d’Hispaniola, a fait plus de 8 500 morts. 

L’ONU, qui fait face à de nombreux recours légaux d’Haïtiens qui souhaitent une indemnisation, a toujours nié sa responsabilité. Contrairement à d’autres, les Canadiens, dont l’unifolié est visible sur l’uniforme, n’ont pas été victimes de représailles de la population qui réclame le départ des soldats étrangers. 

«Le feeling de la population, règle générale, il est positif (à notre égard). Souvent, les jeunes nous saluent dans la rue. Il y a toujours des exceptions mais en général, c’est bon. C’est sûr que nous, les Canadiens, on est aimés. On croise souvent des Haïtiens qui nous disent qu’ils ont de la famille à Montréal. Le lien est plus proche», explique le Major Aubé. 

Comme l’ensemble des observateurs, ils ont aussi remarqué que le pays est sur la bonne voie, en matière de sécurité. «Quand j’étais ici en 2004, on entendait des coups de feu à tous les soirs. Maintenant, on les rapporte quand ça arrive parce que c’est devenu beaucoup plus rare», illustre le Major François Dufault.  

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