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Sauvé par un voyage à Cuba

Le Québécois René Hubert, qui réside en Haïti, était absent au moment du séisme

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Photo Le Journal de Québec, Daniel Mallard René Hubert, urbaniste canadien responsable des travaux de réaménagement du Champ-de-Mars à Port-au-Prince.

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PORT-AU-PRINCE | L’urbaniste québécois René Hubert, qui travaille en Haïti, a une bonne étoile. Il a échappé à la catastrophe de janvier 2010 grâce à un voyage à Cuba.

PORT-AU-PRINCE | L’urbaniste québécois René Hubert, qui travaille en Haïti, a une bonne étoile. Il a échappé à la catastrophe de janvier 2010 grâce à un voyage à Cuba.

Il s’était envolé deux jours plus tôt au pays de Fidel pour des vacances en famille. L’immeuble où il résidait, derrière l’hôtel Karibe à Pétionville, a été emporté par un glissement de terrain causé par la secousse. Dix voisins de palier sont morts. «Si j’étais resté, on ne serait pas en train de se parler», laisse-t-il tomber autour d’un bon repas, typiquement créole.

Installé depuis belle lurette dans les Caraïbes, il connaît Haïti comme le fond de sa poche. Cinq ans après la tragédie, il déborde d’optimisme pour l’avenir du pays et encense le travail du gouvernement, avec qui il travaille de près. Haïti va finir par s’en sortir, dit-il, avec conviction.

«Il y a clairement une volonté de faire beaucoup. Il y a des chantiers partout, dans le nord comme dans le sud, dans les différents départements. Ça crée de l’emploi et ça redynamise l’économie. Ici, une job, ça fait vivre une famille de cinq personnes.»

Les travaux au Champ-de-Mars

Aujourd’hui, il supervise les travaux de réaménagement du Champ-de-Mars, cet immense espace public situé au cœur de Port-au-Prince qui jouxte le défunt Palais national, dont les ruines ont été déblayées.

La réhabilitation du «salon du peuple» est une priorité de l’État haïtien, qui veut le redonner aux citoyens. Quant au Palais, sa reconstruction est en attente. «Il y avait des tentes partout ici (en face du palais). Ça a pris trois ans et demi pour reloger les déplacés», explique l’urbaniste de la firme IBI/DAA spécialisée en aménagement et en architecture.

Une agora de 5000 places

Le Canada a contribué à hauteur de 20 millions $ pour aider 5000 familles qui s’y trouvaient à se lancer en affaires ou à trouver un nouveau logis. Le groupe de René Hubert a ensuite remporté l’appel d’offres du gouvernement haïtien pour la conception et la supervision des travaux de la phase 1 – évaluée à 5 M$ US

Son mandat comprend la construction d’un amphithéâtre extérieur de 5000 places. Un projet qui n’a rien de futile, assure-t-il, dans un pays si pauvre où d’autres enjeux pourraient sembler, à première vue, nettement plus urgents.

«On pourrait penser ça, mais c’est l’inverse. Que tu vives dans un quartier pauvre ou non, t’as besoin de te divertir et t’as besoin d’activités. Ils ont besoin d’espaces de jeux, de culture et d’animation. Beaucoup de gens ont besoin de s’exprimer. Le Champ-de-Mars, c’est leur espace.»

«Si on l’avait laissé dans un état de délabrement, ce serait comme dire que les choses ne changeront jamais.» À proximité, le Ciné-Théâtre Triomphe a également été reconstruit au coût de 7 millions $ et le Rex Théâtre est en reconstruction.

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